Infarctus : arrêter un traitement anti-cholestérol serait risqué

Publié le 01 Août 2019 à 16h35 par Agathe Boussard, journaliste santé | Mis à jour le 01 Août 2019 à 19h35 par Agathe Boussard, journaliste santé
Selon une nouvelle étude, arrêter son traitement anti-cholestérol, passé 75 ans, serait lié à une augmentation des risques de maladies cardiaques.

Connaissez-vous les statines ? Ces médicaments, prescrits à des millions de personnes à travers le monde, ont pour effet de baisser le LDL-cholestérol. Cette lipoprotéine surnommée "mauvais cholestérol" transporte le cholestérol du foie vers toutes les cellules de l'organisme. Mais il arrive que certaines de ces lipoprotéines déposent le cholestérol sur les parois des artères, ce qui a pour effet de les boucher. Des plaques graisseuses, les plaques d’athérome, peuvent alors se former et perturber la circulation sanguine. Le risque de problèmes cardiovasculaires (infarctus, AVC…) s’accroît.

Intenses débats autour des statines

Ces médicaments anti-cholestérol ont toujours fait l’objet d’intenses débats. Cette fois-ci, c’est une étude menée par des scientifiques de l'Hôpital Universitaire Pitié-Salpêtrière à Paris qui relance la question des effets secondaires des statines.

Selon eux, passé l’âge de 75 ans, l’arrêt d’un traitement anti-cholestérol serait lié à une augmentation des risques de maladies cardiaques.

Les chercheurs ont étudié les résultats de santé de 120 000 personnes en France âgées de 75 ans entre 2012 et 2014. Ils ont découvert que les personnes qui arrêtaient les statines étaient plus susceptibles d’être victimes d’une crise cardiaque ou d’un arrêt cardiaque mais également plus susceptibles d’être victimes d’un accident vasculaire cérébral (AVC).

Ces résultats sont particulièrement préoccupants ; d'autant plus lorsque l’on sait qu’au Royaume-Uni, les statines font partie des médicaments les plus prescrits par le National Health Service, le système de santé publique anglais. Environ 170 000 personnes meurent, dans ce pays, chaque année des suites de problèmes cardiaques.

La nouvelle étude des scientifiques de l'Hôpital Universitaire Pitié-Salpêtrière ne prouve pas que l'arrêt des traitements anti-cholestérol conduit à une mauvaise santé cardiovasculaire. Elle souligne simplement un lien entre l'arrêt des statines et un risque accru de problèmes cardiaques.

Leur enquête vient s'ajouter aux nombreux travaux antérieurs étrangers démontrant que le risque de décès des patients en mauvaise santé était beaucoup plus élevé lorsque ces derniers arrêtaient leur traitement anti-cholestérol.

Les effets secondaires des traitements anti-cholestérol

Certains patients décident d'arrêter leur traitement en raison des nombreux effets secondaires liés à la prise de statines. Depuis de nombreuses années, les effets des médicaments anti-cholestérol sont, en effet, surveillés de près. Parmi les plus courants, on trouve les troubles musculaires, les maux de tête, les allergies cutanées, les œdèmes, les troubles digestifs, les vertiges, les insomnies ou encore les problèmes de mémoire. Et la liste ne s'arrête pas là.

Certains médecins recommandent donc de prescrire les statines avec la plus grande attention. Selon eux, pour les personnes sans antécédent particulier, leur prescription n'est pas justifiée quand le risque cardio-vasculaire est faible. En 2013, deux études avaient contesté l'utilité d'étendre la prescription de ces médicaments, aux personnes à faible risque cardiovasculaire . Elles avaient été publiées dans le British Medical Journal (BMJ).

En revanche, pour celles et ceux atteints de diabète ou ayant des antécédents d'accident vasculaire cérébral, l'utilité des statines n'est pas remise en cause. Ces dernières ont prouvé leur efficacité pour diminuer les infarctus du myocarde notamment.

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