Iode : 5 signes de carence qui favorisent l'hypothyroïdie !

Certifié par nos experts médicaux MedisiteUne carence modérée en iode se traduit par des signes d’hypothyroïdie. Le point sur les signes d’une carence en iode, avec le Dr Alain Scheimann, endocrinologue, nutritionniste, diabétologue à Paris.
Sommaire

Qu'est-ce que l'iode et à quoi sert-il ?

L’iode est un oligo-élément. Chez l’homme, l’iode est essentiellement apporté par l’alimentation sous forme d‘iodure, les sources principales étant les produits de la mer, les œufs, la viande, le lait et les céréales.

L’iode est indispensable à notre organisme, notamment pour la thyroïde. « Les hormones thyroïdiennes (T3,T4) sont fabriquées à partir de l’iode », explique le Dr Alain Scheimann, endocrinologue, nutritionniste, diabétologue à Paris.

Photo : l'iode est très présent dans les produits de la mer

Photo : l'iode est très présent dans les produits de la mer© Istock

Quels sont les besoins en iode ?

Les besoins en iode sont variables selon l’âge, le sexe et l’état physiologique.

  • Les références nutritionnelles pour la population (RNP) en iode selon l'ANSESpour les adultes est de 150 µg/j.
  • La grossesse s'accompagne d'un besoin supplémentaire en iode qui perdure lorsque l'allaitement maternel est pratiqué (passant de 150 à 200µg/j).
  • La référence nutritionnelle chez les enfants de 1-3 ans est de 80 µg/j,
  • chez les enfants de 4-6 ans de 90 µg/j,
  • chez les enfants de 7-9 ans de 120 µg/j
  • et de 150 µg/j à partir de 10 ans.

Quelles sont les conséquences d'une carence en iode ?

« Une carence en iode a pour conséquence une hypothyroïdie », indique le Dr Scheimann. « Cette carence en iode survient chez des personnes ayant un terrain prédisposant : celles qui ne mangent pas de poisson et de fruits de mer (riches en iode), les personnes âgées dénutries qui ne consomment pas souvent de produits de la mer, celles qui fument car le tabac diminue l’absorption de l’iode et les femmes enceintes, surtout celles qui sont en surpoids ou obèses et faisant partie de catégories socio-professionnelles défavorisées », informe l’endocrinologue.

« De façon exceptionnelle, la carence en iode peut se voir chez des personnes consommant beaucoup de légumes crucifères (brocoli, choux, navet...), ces légumes contenant des isothiocyanates qui entraînent une augmentation de l’élimination urinaire de l’iode », précise-t-il.

Quels sont les signes d’une carence grave en iode ?

On parle de carence iodée sévère lorsque les apports quotidiens d’iode sont inférieurs à 25 μg, modérée entre 25 et 50 μg, faible entre 50 et 150 μg.

Une bosse qui grossit sur le cou ou un gonflement pas toujours visible

Une carence grave et prolongée en iode dans l'alimentation provoque une perturbation dans la production des hormones de la glande thyroïde. « Quand il y a un manque d’hormones thyroïdiennes dans le sang, le cerveau compense en augmentant la production de TSH », explique le Dr Alain Scheimann, médecin spécialiste. La stimulation chronique de la thyroïde par la TSH entraîne une augmentation de la masse thyroïdienne plus ou moins grosse selon le degré de carence en iode et sa durée : c’est le goitre.

Depuis l’introduction de sel iodé dans l’alimentation, le goitre est devenu rare en France.

Une bosse qui grossit sur le cou ou un gonflement pas toujours visible© Adobe Stock

Quels sont les signes et symptômes d'une carence en iode modérée ?

Une carence en iode modérée se traduit par des symptômes d’hypothyroïdie (manque d’hormones thyroïdiennes) :

  • Peau sèche.
  • Frilosité.
  • Fatigue.
  • Déprime.
  • Douleurs musculaires.
  • Prise de poids.

Des enquêtes européennes ont montré une insuffisance d’apport d’iode dans une grande partie de la population âgée de 10 ans et plus. Selon l’étude INCA 2, 43% des femmes en âge de procréer ont un apport en iode insuffisant. Or, même une carence légère en iode avant la grossesse (iodurie < 100 µg/L) peut avoir des effets délétères sur le développement de la thyroïde du fœtus et affecter de façon irréversible son développement neurologique.

Il est recommandé aux femmes enceintes de consommer des aliments naturellement riches en iode : crustacés, poissons marins, œufs, produits laitiers, sel iodé. Dans certains cas, une supplémentation en iode peut être prescrite par le médecin.

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Source(s):

Remerciements au Dr Alain Scheimann, endocrinologue, nutritionniste, diabétologue, auteur de Et si c’était la thyroïde, Tout comprendre en 100 questions, Editions In Press, 2017

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