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Docteur Daniel SETELLEN Psychanalyste Juillet 2005
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1- L’ADOLESCENCE :

Constitue avec l’enfance et la période de latence, une des étapes vers la maturité.

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C’est une période de bouleversements complexes profonds, physiques et psychiques.

- Physiques hormonaux avec l’acquisition et l’apparition des caractères sexuels secondaires

- Psychiques puisque c’est pendant cette période que s’organise ou se réorganise pour aboutir à une structure, l’identité (le Moi). Structure qui restera désormais définitive :

Psychotique, névrotique ou Etat Limite (Adolf STERN en 1983 puis Jean BERGERET - Otto KERNBERG-SPITZER-STONE).

Deux tâches essentielles parmi de nombreuses autres incombent à ce jeune pour organiser un Moi :

- Quitter les parents idéalisés, modèles de son enfance. Ce qui implique une désacralisation et un deuil de ces images idéalisées pour les rendre plus humaines, donc mortelles, donc susceptibles d’erreurs.

- Faire un choix objectal d’un partenaire sexuel de sexe opposé donc un choix d’objet hétérosexuel. Les exigences du principe de plaisir devant rester soumises au contrôle du principe de réalité.

- Enfin je voudrais préciser que l’adolescence n’est pas une crise en soi, mais une étape vers la maturité. Mais il peut exister des adolescents en crise comme il existe des adultes en crise.

Cette étape revêt cependant une importance toute particulière puisque c’est pendant cette période que (comme je viens de le dire) s’organise ou peut se réorganiser la personnalité.

« Tout se joue précocement et profondément au cours de de l’enfance et tout se renfort et se structure à l’adolescence » (E. KESTEMBERG).

Il y a instauration d’équilibres nouveaux, de relations nouvelles entre Soi et les Autres, entre le sujet et son corps, le monde de son narcissisme primaire et les relations objectales.

C’est pendant cette période que vont émerger, en particulier les conflits en lien avec la problématique de la dépendance (qui se prolonge de plus en plus dans la société actuelle), et les conflits internes en lien avec les remaniements physiques et psychiques.

Ce que nous pouvons constater, c’est de l’importance de l’expression comportementale face à ces conflits et l’importance des contenus imaginaires violents.

C’est la période des passions excessives et des idéalisations projectives.

2 - L’ADOLESCENCE DU COTE DES PARENTS :

Pendant que l’adolescent dans un mouvement oscillatoire entre son monde pulsionnel (ça) et son monde éthique (idéal du Moi et Surmoi) organise sa personnalité, les parents, en miroir, sollicités et voient se réactiver les difficultés de leur propre adolescence.

Ils ont aussi un certain nombre de deuils à faire :

Celui de cet enfant merveilleux dont ils rêvaient en réparation de celui qu’ils n’ont pas été ou rêvé d’être.
« L ‘adulte conserve en lui la vérité enfouie et morcelée de l’enfant qu’il a été et la nostalgie de l’enfant qu’il n’a pas pu être. » (J. BERGERET).

Leur identité de père ou de mère est mise à mal. Le choix d’objet hétérosexuel de l’adolescent va réveiller les sentiments oedipiens plus ou moins résolus des parents.

Il y a aussi de part et d’autre un remodelage des identifications qui se déroulera d’autant mieux que les bases affectives et les assises narcissiques auront été solides.

Dans ce jeu croisé des mécanismes projectifs entre parents et enfants, l’adolescent aura besoin d’un Moi parental solide sur lequel il pourra étayer son propre Moi.

Chacun des parents ayant son rôle spécifique et différencié, et n’étant pas la duplication de l’autre.

Dans sa recherche de lui-même, l’adolescent questionne parfois douloureusement ses parents.

L’adulte face à cet enfant, qui lui échappe doit accepter de ne plus être le modèle idéalisé de référence.

C’est la fin des habitudes prises pendant la période de latence, le rythme de vie change, se sent menacé et revit les processus plus ou moins refoulés de sa propre adolescence.

C’est le début des malentendus, la nécessité du changement et du recadrage.

L’adolescent apparaît, à ce moment, comme une sorte de révélateur du couple parental qui va :

- Soit se rapprocher par nécessité de communication imposée,

- Soit s’éloigner ou éclater parce que déjà défaillant depuis longtemps.

VIOLENCES - VIOLENCE :

Le plus souvent le discours médiatique sur la violence attache plus d’importance aux conséquences des violences, aux actes, aux faits ou aux comportements, qu’il leur est aisé de repérer et de décrire, qu’à l’aspect dynamique de la violence universelle commune aux humains et aux être vivants.

« Violence » vient du latin violencia et du grec bia (via) et correspond à la force vitale, la force physique et l’emploi de cette force. Dans violence il y a contenu la consonnance « vie ».

Les psychanalystes ont commencé avec Freud lui-même puis avec ses successeurs STERN - BERGERET - KERNBERG, à montrer qu’il existait un instinct primitif violent commun à l’homme et aux animaux différents de l’agressivité, correspondant à un instinct de conservation, que l’on appelle désormais la « violence fondamentale ».

Cette violence instinctuelle est présente et mise en action dès la naissance et destinée à assurer la survie et à préserver l’identité. Elle constitue l’énergie fondamentale mise en action en premier en diachronie avec l’étape objectale libidinale, de survenue plus tardive et secondaire, avec laquelle elle s’articule très tôt et au service de laquelle elle met son énergie.

C’est un pur instinct de conservation, de survie et de vie sans aucune connotation haineuse ou sadique.

FREUD dans son incessante recherche d’un antagoniste à opposer à la libido pour expliciter les conflits affectifs que l’on rencontre en clinique, est toujours demeuré insatisfait des ses hypothèses successives.
Sans doute parce qu’il orientait ses recherches selon un mode synchronique par rapport à la libido.

Or l’observation clinique nous amène à envisager, cet antagonisme sur un registre diachronique et non synchronique. Il s’agit dont d’articuler deux dynamismes innés, l’un violent, l’autre libidinal, qui entrent en fonction successivement et liés aux inductions environnementales, à la maturation affective.

Nous sommes là proche des conceptions des éthologistes qui considèrent que le nouveau-né apporte dans son équation génétique (d’ordre phylogénétique) des éléments pré symboliques, des capacités, inactifs mais rendus efficients par les inductions environnementales et les liens inter communicationnels entre l’enfant et sons entourage et donnant naissance aux formations fantasmatiques imaginaires.

A sont tour l’enfant renvoi à son entourage des stimulations qui induisent des fonctionnements imaginaires dont les effets seront renvoyés sur l’enfant et ainsi de suite.

Ces mouvements d’allers-retours ont été appelés « épigenèse interactionnelle » (Jacques COSMIER) et évoqués par Mélanie KLEIN a propos de l’identification projective.

C’est ainsi, et la clinique le confirme, que les premiers échanges imaginaires ne sont pas d’ordre libidinal mais bien d’ordre imaginaire violent.

Ce n’est que secondairement que les échanges imaginaires libidinaux interviennent en s’appuyant, et en l’utilisant à leur profit, sur l’énergie violente fondamentale.

Il y a donc mise en relation et en articulation deux niveaux distincts et successifs de pulsions :
- Les pulsions purement violentes, archaïques (l’instinct de survie, l’énergie violente fondamentale) et les pulsions amoureuses plus élaborées (le courant libidinal).

Naturellement ces deux étapes (l’étape narcissique violente et l’étape objectale libidinale ) ne se succèdent de manière étanche et séparée mais s’articulent très tôt entre elles, la première venant se mettre au service de la seconde et lui apporter son énergie vitale.

C’est le passage du « Soi » au « Moi », du narcissique à l’objectal, de la relation duelle à la relation triangulaire oedipienne organisatrice du génital et du surmoi, aboutissement souhaitable et heureux de toute élaboration affective.

Quelques exemples justifiant ces hypothèses :

- Les psychoses puerpérales qui ne sont pas des psychoses, et sont bien connues des accoucheurs et des pédiatres.

Il s’agit de jeunes mères qui peu après leur accouchement ont peur d’avoir envie de tuer leur enfant et demandent qu’on ferme les fenêtres et leur ôte tout objet coupant ou contondant.

Peu à peu tout rentre dans l’ordre souvent sans intervention de psychiatre dès que l’amour a intégré la violence innée universelle réveillée en cette occasion.

- La fameuse Loi sur les I.V.G. et le ton passionnel pris encore de nos jours par les défenseurs autant que par les constatataires, montre à cette occasion le réveil de tendances ou de défenses se référent à l’instinct violent fondamental.

- Le dilemme ancien lors des accouchements difficiles où se posait la question :

Sauver la mère ou sauver l’enfant ? Redoutable question pour le malheureux père que se trouvait plongé dans son propre dilemme violent. Heureusement les progrès de l’obstétrique ont simplifié les choses !
- L e conflit des générations apparaît comme une conséquence de la partie mal intégrée de cette violence primitive.

- Cas vécu il y a quelques années sur le Lac d’Annecy ou était survenu une tempête brutale, violente. Je me trouvais en bateau sur ce lac, ballotté par les vagues essayant de récupérer une mère et ses deux jeunes enfants d’une dizaine d’années, en danger. Le bateau s’approchant d’eux, ils s’y accrochent. Au moment où nous allions tirer les enfants pour les faire monter, la mère s’est appuyée sur eux et les a poussés dans l’eau pour se hisser la première, risquant de faire noyer ses enfants s’ils avaient lâché la prise. Heureusement, nous avons pu laisser rapidement tout le monde quelques minutes plus tard, la mère est blottie au fond du bateau avec ses deux enfants dans les bras qu’elle embrasse tendrement en pleurant. Il s’agit bien là d’une réactivation brutale de l’instinct violent de survie (sa survie à elle) qui a pris le pas un court instant sur l’amour maternel.

- La « non violence » affirmée bruyamment ne masque-t-elle pas la tendance homologue mal intégrée ?

- Il existe dans la mythologie et dans la bible de nombreux cas où cette violence apparaît mise en action :

- Cain et Abel

- Romulus et Rémus

- L’obéissance d’Abraham à Yahvé qui lui demande de sacrifier son fils unique au prix de la rédemption.

- Il faut enfin et surtout rappeler la tragédie de Sophocle, « Œdipe-Roi dont le premier oracle d’Apollon est très explicite :

Il déclare à Laïos et à Jocaste qu’il est dangereux pour tous les parents de mettre au monde un enfant, car un dilemme redoutable va se poser dès sa naissance :

- Soit les parents devront se débarrasser préventivement de leur enfant pour survivre, soit l’enfant devra débarrasser préventivement de ses parents s’il veut survivre et avoir droit à la vie.

Le second tableau, si souvent scotomisé également, est la conséquence du premier.

Les parents d’Œdipe décident se débarrasser de leur enfant en l’abandonnant aux bêtes sauvages, pendu par les pieds à un arbre, sur le Mont Cithéron. C’est Jocaste, la mère, qui fait exécuter par un serviteur cette tentative d’infanticide.

Le troisième oracle où il est question de tuer le père pour épouser la mère, servira de base à FREUD pour l’élaboration du complexe d’Œdipe, dont l’universalité est incontestable.

Il faut enfin faire remarquer qu’Œdipe tuera certes son père, qu’il ne connaissait pas, pour un problème de rivalité narcissique (priorité de passage) entre un vieillard impétueux et un jeune homme arrogant, mais non par jalousie amoureuse, du moins ostensiblement.

EN CONCLUSION

Sur ce point rapide mais essentiel, deux idées sont à retenir :

- La violence fondamentale est un pur instinct de conservation, une pulsion conservatrice qui n’est ni bonne ni mauvaise en soi mais une attitude défensive, un instinct de survie, à l’égard de l’Autre sans aucune intention de lui faire du mal, sans haine ni sadisme.

Elle est de nature très distincte de l’agressivité dans laquelle il y a intention de faire du mal à l’Autre et satisfaction dans l’acte qui atteint l’Autre.

Dans la violence innée, le sujet ne se préoccupe que de ses intérêts et ne s’intéresse pas à l’Objet (l’Autre) même s’il peut arriver que l’Autre soit mis à mal dans l’acte violent d’autoprotection. Le sujet n’est ni coupable ni joyeux. Il n’y a pas de connotation affective. La violence fondamentale ne procure aucun plaisir. C’est une nécessité absolue, vitale pour le sujet dès les premiers instants de son existence.

- L’agressivité a déjà pris en compte la satisfaction libidinale, elle est plus élaborée et renferme une part de satisfaction voire de jouissance dans le fait de faire souffrir l’Autre.

La haine apparaît comme l’antagonisme de l’amour dans le sens où elle est la résultante de l’Amour déçu.

Leur mise en acte engendre les violences, dont on parle le plus dans les médias. Un exemple illustre particulièrement ces deux positions :

Celui de la situation de guerre où il y a deux types de combattants :

- Le soldat sur-le-champ de bataille qui rencontre un ennemi sans réfléchir, non pour tuer ou faire du mal mais pour sauver sa vie, pour se préserver. Cette réaction fait intervenir la régiste violent fondamental.

- Les stratèges dans les Etats-Majors qui sur des plans des cartes élaborent la tactique à mettre en œuvre pour gagner la bataille et en tirent du plaisir. Cette position libidineuse fait appel à l’agressivité, à la haine de celui qui est désigné comme l’ennemi et tire du plaisir à l’acte.

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