Nikos Aliagas : “la photo ne juge personne”

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Nikos Aliagas : “la photo ne juge personne”

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Figure incontournable de la télévision francophone, Nikos Aliagas a plusieurs visages. Né à Paris de parents grecs, le journaliste, animateur et chanteur est aussi un photographe passionné, qui a gardé les pied sur terre.

Euronews a découvert ses photos personnelles à l'occasion d'une exposition à Lyon. Des gens ordinaires que la célébrité a croisés pendant ses voyages. L'exposition s'appelle L'épreuve du temps, 'parce qu'on est tous logés a la même enseigne, parce que personne ne se peut se battre contre le temps. Mais il y a un temps beaucoup plus secret, beaucoup plus spirituel et un peu philosophique : c'est le kairos. C'est ce temps personnel de chacun je voulais photographier. Je cherche leur dignité, leur singularité, leur force' témoigne Nikos Aliagas.

#Etoliko #StathisMagdalinos stathismagdalinos dans mon objectif Son humilité et sa patience étaient stupéfiantes, il parlait à l'animal avec justesse et sincérité. J'imaginais toutes ces journées passées à le nourrir, le nettoyer, le panser et l'accompagner dans les oliveraies d'Etolie au petit matin. J'ai photographié Stathis, un visage sans artifices, un regard sans mensonge. Stathis est un cavalier chevronné, ses mains, ils les mêle au fumier depuis sa tendre enfance, mais ces mains là je les respecte plus que tout. 'Le critère du bon cavalier: c'est celui qu'on oublie de regarder pour regarder le cheval'Nuno Oliveira A photo posted by nikos aliagas (nikosaliagas) on Aug 20, 2016 at 11:50pm PDT

'Prendre une photographie c est une signature, c'est une responsabilité. Sortir l'appareil c est déjà un acte violent, quand tu sors un appareil devant quelqu'un, d'abord il faut demander une autorisation, c'est la moindre des choses, il ne faut pas le prendre de loin avec un zoom. Je travaille avec des focales courtes , 50mm, donc je suis dans un dialogue avec l'autre, je discute, j'essaie de comprendre sa vie et si je sens quelque chose qui me touche - parce que c'est que de l'instinct - je demande: est-ce-que je peux prendre une photo? Ce qui m'intéresse, c'est ce qu'il ne peut pas me dire avec des mots, essayer de le retranscrire de courbe et de lumière' révèle le photographe.

Plusieurs mains sont mises en vedette au fil de l'exposition. Parmi ces dernières vous reconnaîtrez peut-être celles de Gerard Depardieu et Joey Starr. 'J'adore photographier les mains. Tu peux changer ton visage , faire la chirurgie esthétique, mettre du maquillage comme je le fais à la télé, tu peux aspirer à être plus jeune, mais tes mains tu ne peux pas les changer. Les mains sont les mêmes et les mains portent le temps, elles portes souvent ce que tu ne dis pas' affirme la célébrité du petit écran qui a consacré cette semaine à Paris une exposition à ses clichés de mains .

'Je ne fais pas beaucoup de photos. Je m'approche d'eux et si la connexion se passe, je m'autorise à prendre une photo et la photo elle ne juge pas. L'homme juge, l'être humain jauge. La photo peut nous survivre mais elle ne juge personne, elle renvoie à notre conscience'.

'L'épreuve du temps', une exposition de Nikos Aliagas à retrouver à la Photo Docks Art Fair dans le quartier Confluence de Lyon, jusqu'au 9 octobre.

Lyon #WolfangSpindler est journaliste, mais au fond il est artiste. Le monsieur culture de #Euronews : un peu bohème, un peu râleur, un peu rêveur et surtout très attachant. Je l'ai connu il y a 23 ans quand j'ai commencé à travailler sur la chaîne d'information européenne, Wolfy avait déjà son bagage de journaliste qui avait baroudé aux quatre coins du monde, culture germanique de l'image, précise, subversive et incisive. Il était journaliste idéaliste et pacifiste convaincu ; j'étais pour ma part un peu bleu mais je n'avais pas peur de l'arène, j'aimais aller au contact, surpasser mes doutes et mes peurs. On riait, on se nourrissait d'info et de culture, de jazz, de rock et de musiques du monde, on avait soif de vie et d'eau de vie. A volonté. Retrouver mon ami Wolfang chez Confluence au #docksartfair pour mon expo de photo m'a beaucoup ému. Comme si je retrouvais quelqu'un de ma famille, du temps où nous étions encore insouciants et un peu fous. J'ai retrouvé son humour, son air faussement blasé face aux médiocres, sa profonde générosité aussi. Sans parler des vannes du petit matin, il me sortait trois insultes en grec (toujours les mêmes) et me vannait sur ma coupe de cheveux (long derrière) et mes chemises en soie bon marché " un vrai vendeur de bagnoles d'occasion " me disait-il. Je pense à mes amis de l'époque, ceux qui ne comptaient pas les heures de boulot dans la rédaction, François, Azim, AnnaLisa, Sébastien, Sophie, Luis, Sylvie, Pedro, Nouredine, Catarina, Andreas, Rachid, Mickael, Marc, Christophe, Jezabel, Alessandra, Guido, Catherine, Valérie, Elisabeth, Daniel, Aurora, Sara, Claudio... On n'avait pas grand-chose, on ne dormait quasiment pas, mais on était heureux. Français, Italiens, Espagnols, Allemand, Egyptiens, Anglais, Irlandais... ensemble dans un monde à construire, une Europe dans laquelle nous croyions et nous croyons. Heureux de commencer quelque chose de nouveau, de baragouiner dans toutes les langues, de provoquer l'inconnu, de vivre. Sans garantie d'un lendemain meilleur nous avions foi en l'être humain et en ses rêves. Ses hommes et ses femmes de bonne volonté restent à jamais gravés dans mon coeur. Comme Wolfgang Spindler #InstaNikos A photo posted by nikos aliagas (@nikosaliagas) on Sep 16, 2016 at 3:38pm PDT

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Publié le 23/09/2016
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