Le tabou du cannabis thérapeutique s'effrite, selon ses partisans

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Il soulage les douleurs et pourrait même un jour combattre le cancer: le tabou qui entoure encore largement le cannabis thérapeutique est en passe d'être levé, veulent croire ses partisans, médecins et patients.
Un homme préparant un joint de marijuana
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Il soulage les douleurs et pourrait même un jour combattre le cancer: le tabou qui entoure encore largement le cannabis thérapeutique est en passe d'être levé, veulent croire ses partisans, médecins et patients.

"Actuellement, les patients qui ont recours au cannabis ne comprennent pas pourquoi c'est illégal. Ils en prennent car rien d'autre ne les soulage. Heureusement, une porte s'est ouverte, les choses bougent", résume le Dr Patrick Spiess, co-organisateur d'un colloque consacré à cette problématique cette semaine à la faculté de médecine de Strasbourg.

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La porte en question est un décret paru en juin dernier au Journal officiel, et qui lève un obstacle à l'éventuelle autorisation en France de remèdes à base de dérivés du cannabis. Le Sativex, déjà disponible dans plusieurs autres pays européens et préconisé pour soulager les souffrances de la sclérose en plaques, pourrait ainsi prochainement être délivré en France.

Un seul dérivé cannabinoïde, le Marinol (dronabinol), peut actuellement être prescrit pour des douleurs chroniques dans le cadre d'une autorisation temporaire d'utilisation (ATU), une procédure complexe réservée à des pathologies pour lesquelles il n'existe pas de traitement approprié.

Mais les médecins hésitent à le prescrire, alors qu'une polémique sur la légalisation du cannabis "récréatif" brouille en France le débat sur le cannabis médical.

Philippe B., un patient alsacien de 38 ans en chaise roulante, fume du cannabis depuis 17 ans pour soulager des spasmes musculaires très invalidants. Il avoue qu'il "préférerait prendre des comprimés" si ceux-ci étaient disponibles en pharmacie. D'autant que, lorsqu'on fume illégalement des "pétards", "on n'est jamais tranquille", souligne-t-il.

"Cinq pétards par jour, ça me soulage beaucoup", témoigne-t-il, assurant n'avoir "pas plus d'accoutumance qu'avec un médicament classique". En outre, "je mène une vie normale: on n'est pas obligé d'être défoncé pour se soigner", ironise-t-il.

Du cannabis contre le cancer

Du cannabis contre le cancer

Douleurs, anxiété, nausées, spasmes musculaires: l'efficacité du cannabis commence à être reconnue pour ces indications. Mais un domaine d'utilisation autrement plus vaste se profile, grâce à des recherches mettant en évidence le rôle potentiel des composants du cannabis dans la lutte contre le cancer.

Une étude clinique doit ainsi prochainement débuter au Royaume-Uni sur des patients atteints de tumeurs au cerveau, associant dérivés cannabinoïdes et médicaments anti-cancéreux classiques.

Aux Etats-Unis, des chercheurs ont également mis en évidence l'action du cannabidiol (CBD, l'un des composants du cannabis) pour ralentir ou empêcher la prolifération de métastases sur des souris. "Les résultats sont encore meilleurs avec des molécules de synthèse proches du CBD, mais non issues du cannabis. Et on pense qu'on n'aura pas les terribles effets secondaires des actuelles chimiothérapies", détaille le Pr Pierre-Yves Desprez, l'auteur de ces travaux menés à San Francisco.

En attendant la concrétisation de ces espoirs, plusieurs pays ont déjà légalisé le cannabis thérapeutique: Pays-Bas, Espagne, Italie, Allemagne, Royaume-Uni, Canada, Australie et depuis le mois d'avril dernier, la République tchèque.

En Suisse, plusieurs dizaines de patients atteints de sclérose latérale amyotrophique, une grave affection neurodégénérative, ont bénéficié depuis 2007 d'un traitement à base de cannabis pour soulager leurs douleurs, explique Bea Goldman, infirmière à l'hôpital de Saint-Gall.

Tolérée par les autorités, l'expérience se situe cependant dans une "zone grise" entre légalité et illégalité, souligne l'infirmière, qui a dû mettre au point elle-même une "recette" pour administrer la drogue, en faisant macérer des bourgeons de cannabis dans de l'huile de cacahuète.

Aux Pays-Bas, en revanche, les choses se déroulent en toute transparence et légalité. Les autorités ont confié à une société privée, Bedrocan, le soin de cultiver et conditionner l'herbe de cannabi

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"Nous sommes soumis à de stricts contrôles qualité, notamment concernant la teneur du produit en principe actif", explique Tjalling Erkelens, patron de Bedrocan. L'entreprise produit quelque 450 kilos d'herbe par an, dont 30% sont exportés vers les quelques pays où elle est légale.
pays où elle est légale.

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