La prime sur objectifs des médecins s'est étoffée en 2014

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Photo d'une carte de France avec un stéthoscope de médecin, faite à Lille le 29 décembre 2014
Photo d'une carte de France avec un stéthoscope de médecin, faite à Lille le 29 décembre 2014
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Bonus pour inciter les médecins à mieux prescrire, la prime sur objectifs 2014 vient d'être versée. De l'ordre de 6.200 euros pour les généralistes, elle est en hausse, signe d'une amélioration des pratiques, en matière, notamment, de suivi des diabètes.

Pour sa troisième année d’existence, la rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP) octroyée en complément du traditionnel paiement à l'acte s'étoffe, tant par son montant que par le nombre de bénéficiaires, indique lundi l'Assurance maladie dans un bilan du dispositif en vigueur depuis 2012.

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Ce dispositif permet de diversifier la rémunération des médecins libéraux en leur versant une prime, en fonction d'un ensemble d'indicateurs de santé publique à remplir: prévention, prescription, vaccination, suivi des pathologies chroniques, ou encore organisation du cabinet.

S'il est équipé pour la télétransmission par exemple, ou si ses patients diabétiques réalisent le nombre de dosages sanguins annuels recommandé par les autorités sanitaires, le médecin, volontaire, engrangera des points correspondant à une rémunération forfaitaire (indexée sur le nombre de patients).

Quelque 89.000 médecins (toutes spécialités confondues) viennent ainsi de toucher 4.215 euros en moyenne au titre de l'année 2014. La somme est plus rondelette pour les généralistes, les plus concernés (51.526), qui ont perçu 6.264 euros en moyenne (contre 5.774 euros en 2013).

Au total, l'Assurance maladie a déboursé 376 millions d’euros pour 2014, une dépense en hausse par rapport à 2012 et 2013 (respectivement de 294,4 millions et 351,9 millions), qui traduit une "évolution positive des indicateurs de santé publique, d’efficience et de modernisation du cabinet".

Le taux général d’atteinte des objectifs s’améliore, avec des progrès pour 14 des 19 indicateurs cliniques. Chez les généralistes par exemple, ce taux a évolué de 53% en 2012 à 65,3% en 2014.

- Amélioration pour le diabète, régression pour la prévention -

Le suivi est meilleur pour les patients atteints du diabète, avec notamment la progression de 7,5 points sur la part des patients ayant réalisé un certain nombre de dosages sanguins (HbA1c).

Autre amélioration: le nombre de prescriptions d’antibiotiques aux patients adultes, en baisse, de même que celui de benzodiazépines (somnifères ou médicaments contre l'anxiété) pour les plus de 65 ans.

Les résultats sont nettement moins bons pour le dépistage et la vaccination. Les indicateurs sont en régression pour la part des patients de plus de 65 ans vaccinés contre la grippe (-5,7 points) et pour celle des patientes ayant pratiqué un frottis au cours des trois dernières années (-2,2).

Ces résultats "s'avèrent insatisfaisants au regard des enjeux de santé publique, notamment pour réduire la mortalité et la morbidité liées aux cancers féminins et aux maladies infectieuses", note l'Assurance maladie.

"C'est de plus en plus difficile d'inciter les patients" à se vacciner contre la grippe ou à faire des dépistages pour le cancer du col de l'utérus, commente le Dr Claude Leicher. Si "certains critères sont à discuter", d'autres à "rajouter, sur le tabac", le président de MG-France (1er syndicat de généralistes) salue toutefois dans la ROSP "un dispositif intéressant" qui a le mérite d'"améliorer le système de santé publique" tout en permettant aux médecins de "gagner de l'argent".

Pour rendre le dispositif plus efficace, la Cour des comptes préconisait à l'été 2014 de le rendre obligatoire et d'"introduire une solidarité entre les indicateurs pour que les résultats insuffisants viennent réduire la rémunération finale".

Pas question pour les médecins de toucher à cette "rémunération complémentaire légitime et méritée", encore moins au moment où ils mènent la fronde pour obtenir des revalorisations tarifaires.

La ROSP n'est "en aucun cas un 13e mois", "c'est la reconnaissance d'un travail fourni, en plus du motif pour lequel le patient vient consulter", défend M. Leicher, balayant un argument souvent utilisé ces derniers mois par la ministre de l

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Aux médecins qui réclament une hausse de la consultation, bloquée à 23 euros depuis 2011, Mme Touraine a effet répliqué à plusieurs reprises que la ROSP, additionnée aux différents forfaits, permettait de gonfler substantiellement le montant de la consultation à "31,40 euros".
nsultation à "31,40 euros".

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