Recherche medicale

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Quand la mer devient fontaine de jouvence

Et si le secret de l'éternelle jeunesse se trouvait dans la mer ? La biodiversité marine est une source inépuisable de découvertes pour la médecine et la cosmétologie. Au bord de la Méditerranée, des scientifiques espagnols comptent bien en profiter. Ils participent tout comme des chercheurs français entre autres, au projet européen Tascmar qui vise à développer des technologies innovantes pour la culture d'invertébrés marins et de leurs micro-organismes associés. Ce jour-là, à Almuñecar en Espagne, la météo est idéale pour une sortie en mer et pour la mission que se sont donné des biologistes marins : une collecte d'échantillons menée dans le cadre d'un projet de recherche européen baptisé Tascmar. Ils se concentrent sur la zone mésophotique (partie inférieure de la zone photique, c'est-à-dire la zone où pénètre la lumière) qui se situe à plus de trente mètres de profondeur et qui est encore méconnue. Le potentiel anti-âge des biomolécules associées aux invertébrés 'Nous cherchons des invertébrés marins, nous explique Rafael Belda Poveda, technicien de recherche en biologie au sein de iMare Natural avant de préciser, alors que nous nous apprêtons à plonger : Nous sommes sur un élevage de moules et nous allons plonger pour prélever les espèces dont nous avons besoin. Les invertébrés, précise-t-il, présentent des biomolécules qui peuvent être utilisées dans les domaines de la cosmétique, la pharmacologie et la nutrition.' Pour se défendre de prédateurs, les polypes, les éponges et d'autres invertébrés produisent des toxines. Des composés qui pour certains, pourraient être utilisés chez l'homme d'après ces scientifiques pour retarder les effets du vieillissement, éliminer des cellules cancéreuses ou guérir d'autres maladies. 'On commence par prendre des échantillons d'invertébrés de petite taille qui font entre 50 et 100 grammes pour les emmener en laboratoire, indique Ana Esther Ortiz Maldonado, océanographe et chef de production à iMare Natural. Si cet invertébré produit des substances intéressantes, poursuit-elle, on pourra en faire la culture et le reproduire artificiellemen et de cette manière, on ne sera pas obligé de porter atteinte aux populations qui se trouvent dans la nature.' TASCMAR non-destructive diving collections in action with iMareNatural: https://t.co/lyfi4HPXwK#euronews #coralreef- TASCMAR (TASCMAR) 28 avril 2016 13 partenaires dans 8 pays Dans leurs installations dédiées, les chercheurs testent des techniques efficaces pour cultiver ces invertébrés en dehors du milieu marin qui soient aussi respectueuses de l'environnement. L'identification des espèces les plus prometteuses se fait en lien avec d'autres partenaires en Europe. 'Les échantillons collectés sont ensuite 'envoyer dans de bonnes conditions en France où une autre phase du projet Tascmar est menée à bien, à savoir les tests d'extraction biochimique,' explique Ana Esther Ortiz Maldonado. A Gif-sur-Yvette, au sein de l'Institut de Chimie des Substances Naturelles du CNRS, nous rencontrons une équipe française qui a quant-à-elle développé des outils innovants pour extraire les composés chimiques de ces invertébrés et cultiver des micro-organismes symbiotiques qui permettront de produire des molécules anti-âge à une échelle industrielle. 'Les maladies telles qu'Alzheimer, Parkinson, la DMLA [dégénérescence maculaire liée à l'âge], les problèmes d'arthrose ou encore l'aspect esthétique de la peau -, l'anti-âge regroupe un nombre considérable de désordres et de maladies,' fait remarquer Jamal Ouazzani, coordinateur du projet TASCMAR et microbiologiste au ICSN-CNRS. Production durable Pour une démarche plus écologique, les scientifiques ont par exemple établi que les cultures microbiennes pouvaient se faire sur de minuscules granulés de polymère. Ce qui permet d'utiliser moins de solvant et de réduire les déchets chimiques. 'Nous allons insérer des résines particulières qui vont adsorber les molécules d'intérêt, précise Jamal Ouazzani. Du coup, on n'a plus besoin d'extraction liquide, on va juste désorber avec un tout petit peu de solvant, ce qui a été capté par ces résines et c'est [une option] d'abord économique, écologique et surtout efficace.' Ces scientifiques se sont donnés jusqu'en 2019 pour savoir comment exploiter de manière durable, tout le potentiel de ces micro-organismes qui s'annoncent bénéfiques pour notre santé. iMare Natural-TASCMAR aquaculture workshops to inspire future Andalusian scientists!https://t.co/8ztMQZOczW TASCMAR pic.twitter.com/WCFKVPetWs- iMare Natural S.L. (iMareNatural) 2 juin 2016

Un traitement expérimental ralenti les effets d’Alzheimer sur certains patients

C'est peut-être la première avancée médicale significative dans la lutte contre Alzheimer, cette dégénérescence incurable. Les laboratoires américains Eli Lilly sont parvenus avec le solanezumab à préserver la plupart des capacités cognitives de certains patients aux premiers stades d'Alzheimer. Ce médicament est capable de ralentir les effets de la maladie par rapport à des groupes ayant pris un placebo. Pour le chercheur Paul Aisen, 'cela suggère que plus la thérapie débute de manière précoce plus elle semble efficace. Les effets bénéfiques peuvent alors modifier positivement la maladie, mais si la thérapie est initiée plus tard, les effets de la maladie ne peuvent plus être corrigés'. 44 millions de personnes dans le monde sont atteintes de démence dont la forme la plus répandue est Alzheimer. Ce nombre devrait passer à 135 millions de personnes d'ici 2050. Cela se traduira par une explosion des dépenses de santé avec une évaluation à 555 milliards d'euros selon des données fournies par des organisations internationales chargées de la lutte contre Alzheimer. La plupart des experts restent prudents et attendent désormais les prochains résultats des laboratoires Eli Lilly qui seront publiés dans dix-huit mois.

Grande-Bretagne : dépister l’autisme dès six mois

Diagnostiquer dès le plus jeune âge les troubles du comportement tels que l'autisme ou l'hyperactivité avec déficit de l'attention, c'est la mission endossée par des chercheurs de l'Université de Birkbeck à Londres. Au sein du Baby Lab, comprenez le laboratoire pour bébé, ils travaillent à la mise au point d'un test de dépistage pour les bébés de six à dix mois, basé non plus sur le comportement mais sur l'activité cérébrale. Des capteurs sont placés sur le crâne du bébé alors qu'on lui montre des visages qui le regardent puis se détournent alternativement. ' Nous avons choisi les objets les plus importants dans l'environnement d'un bébé, à savoir les visages. Ils se familiarisent très rapidement avec le visage de leur mère. Le regard, le moment où quelqu'un les regarde, est aussi très important. Quand on les regarde, cela signifie qu'on veut interagir avec eux. Quand on détourne le regard, on peut vouloir attirer leur attention sur ce qu'ils peuvent apprendre de l'environnement. Un enfant qui ne développera pas d'autisme fera la différence entre quelqu'un qui les regarde ou détourne le regard, parce que cela signifie des choses différentes. Les enfants autistes ne font pas la différence,' explique Teodora Gliga, directrice du programme de recherche. Les chercheurs ont ainsi remarqué que chez les sujets qui se révèlent autistes plus tard, l'activité cérébrale à six mois est moindre en réponse aux mouvements des yeux. Si cette découverte permet de dépister l'autisme. les chercheurs ne sont pas encore certains que le test mis au point permette de diagnostiquer l'hyperactivité chez les bébés. Derrière ce test, il y a la conviction que repérer les signes précurseurs de ces troubles permet d'intervenir plus tôt et de façon plus efficace pour améliorer la qualité de vie de l'enfant comme de sa famille.