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Analyse du transfert et contre-transfert dans la cure analytique

En se référant à la notion de violence fondamentale, Jean BERGERET propose d’ analyser préalablement , dans toute cure, les conflits ou les carences d’ordre narcissique qui ont perturbé l’imaginaire oedipien de nos patients mais aussi celui du psychanalyste. Cela afin d’éviter l’enfermement analyste - analysant dans une relation narcissique duelle répétitive favorisant les résistances au travail analytique et pouvant conduire aux analyses interminables.
Jean BERGERET suggère l’analyse du lien transféro-contretransférentiel narcissique, inévitable dans toute cure sous forme d’un « triangle élaboratif » en trois temps :

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- Temps 2 = celui de l’apport en séance par l’analysant d’une pensée, d’un événement, d’un comportement actuel. A partir ce temps, ce n’est pas le contre-transfert narcissique sur l’analyste qu’il faut interpréter. Il faut faire un détour par le passé.

- Temps 1 = Ce détour par le passé se fait sous la forme d’un questionnement de l’analyste : « A quoi cela vois fait-il penser de votre enfance ? »

- Temps 3 = Sera celui de l’interprétation du transfert analytique, ramenant le patient à un souvenir ancien significatif. L’interprétation étant à formuler non d’une manière affirmative mais sous forme interrogative : « Voulez-vous dire que ceci voudrait dire cela ?... » afin d’en maintenir la possession à l’analysant.

C’est la succession des temps 2 - 1 - 3 sous la forme d’une « spirale » ou d’un « tire-bouchon » qui permettra ainsi l’analyse progressive du transfert narcissique.

Prévention des aléas de l’intégration de la violence fondamentale

Jean BERGERET nous rappelle que c’est en fin d’adolescence que s’organise et se structure définitivement, sans possibilité de changement, la personnalité.
L’orientation structurelle de l’identité dépend de la richesse libidinale de l’environnement, des inductions imaginaires de cet environnement, de la qualité et de l’efficacité des pare-excitations, des réponses aux mouvements identificatoires, de la différenciation et de la solidité des pôles parentaux et de la qualité des imaginaires parentaux .
La violence innée telle que nous venons de l’expliciter n’est ni bonne, ni mauvaise. Elle est fondamentale au sens où elle constitue l’instinct de survie et le quantum énergétique sur lequel s’étaye la libido.

La violence fondamentale n’est ni à traiter, ni à prévenir . Mais il y a des cas où elle utilise, à son profit, des éléments affectifs libidinaux et engendre des difficultés individuelles et relationnelles qui se traduisent le plus souvent par des pathologies comportementales et conduisent à des addictions : alcool, drogue, tabac, addiction au travail, aux jeux d’argent, aux jeux vidéos, au sport, au sexe, à internet, au portable, au portable, à la télévision, conduites suicidaires, troubles des comportements alimentaires, psychopathie, etc... Dans tous ces cas, une authentique prévention ne peut être que primaire, c’est-à-dire s’adresser à des sujets non encore dépendants du trouble, donc aux enfants et aux adolescents dont il conviendra de repérer la fragilité. Il conviendra de leur proposer des modèles imaginaires, des buts de vie créatifs.

Il faut enfin remarquer que toute violence fondamentale libérée qui s’inscrit dans la durée (comme c’est le cas dans les situations de guerre, des conflits sociaux, etc...) se pervercise, prend à son profit des éléments de libido et se transforme en haine et agressivité source de violences . Au bout d’un certain temps de conduites violentes on commence inéluctablement à y prendre plaisir et on entre dans l’agressivité et la haine. C’est à partir d’une relation positive avec l’adulte capable d’intégrer sa violence innée au sein du courant libidinal que l’enfant peut assumer sa violence, donc défendre son droit de vivre, son idéal de vie et son plaisir de vivre.

Conclusion

FREUD nous a montré que la problématique imaginaire oedipienne constitue le fondement de tout le processus élaboratif du fonctionnement mental humain. L’organisation de l’imaginaire humain se ferait sous le primat de l’œdipe et du génital dans les cas les plus heureux.
FREUD, dans son œuvre considérable, nous a montré souvent qu’il percevait l’instinct de survie, vital sans jamais l’avoir élaboré davantage. Jean BERGERET montre tout en restant fidèle à FREUD que l’imaginaire oedipien n’est pas le point de départ de la psychogenèse humaine et que ce point de départ est d’ordre violent.
FREUD, bien qu’ayant perçu et distingué l’instinct violent primitif commun aux hommes et aux animaux de l’agressivité correspondant à l’érotisation de la violence, est demeuré insatisfait dans sa recherche d’un antagonisme à la libido pour expliquer les conflits affectifs qu’il rencontrait en clinique.
Jean BERGERET nous propose deux niveaux successifs distincts de pulsions :
- L’un primitif inné apparaissant dès le début de la vie et destiné à préserver constituant les pulsions violentes archaïques. Il l’a appelée violence fondamentale .
- L’autre secondaire, plus élaboré, constituant le courant libidinal, les pulsions amoureuses .
Ces deux niveaux interviennent et s’interpénètrent progressivement en diachronie.
Le premier niveau se mettant au service du second pour lui apporter son énergie vitale.
Les applications d’un tel apport sont multiples et quotidiennes pour les psychanalystes dans leur pratique clinique et analytique.

BIBLIOGRAPHIE

1. Bergeret J. La violence fondamentale. L’inépuisable Œdipe. Paris : Dunod, 1984

2. Bergeret J. La violence et la vie. La face cachée de l’ Œdipe. Paris : Payot, 1994

3. Bergeret J. Freud, La violence et la dépression. Paris : Presses Universitaires de France, 1995

4. Bergeret J. Charazac P, Geblesco N, Lamothe C, Sali A, Settelen D et a. La Pathologie narcissique, Paris : Dunod, 1996

5. Seulin C. La violence fondamentale et les Pathologies narcissiques. Lyon : Colloque Groupe Lyonnais de Psychanalyse « Au fil de l’œuvre de Jean Bergeret », 2003

6. Bergeret J. La personnalité normale et Pathologique. Paris : Dunod, 1985

7. Cosnier J. L’éthologie, l’enfant et la Communication. Psychiatrie de l’enfant 1980, 23 : 309-318

8. Klein M. Sur le développement du fonctionnement psychique. Psychanalyse à l’université 1981 ; 7 (25) : 5-19

9. Settelen D. Approche psychodynamique des violences à l’adolescence. In : Rey C, Ed. Les adolescents face à la violence. 1996 p25-36

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