Soins funéraires : que font vraiment les thanatopracteurs ?

Après un décès, il est fréquent pour les proches d’avoir recours à un thanatopracteur. Ce professionnel procède à des soins de conservation du corps. Pascal La Van Manh, thanatopracteur depuis plus de 36 ans, en dit plus sur les contours de son métier.

Publicité
Publicité

De quoi on parle ?

© Adobe StockSoigner les morts pour apaiser les vivants. La mission que s’est donnée Pascal La Van Manh, Thanatopracteur, S.T.M. (Service de Thanatopraxie Méditerranéen), depuis plus de trente six ans n’est pas simple. La thanatopraxie-soins (termes similaires: soins d’hygiène et de présentations, embaumement, soins de conservation, soins IFT) est l’ensemble des techniques mises en œuvre pour la conservation et la présentation du corps en utilisant des soins somatiques.

Le décret sur le sujet indique que "les soins de conservation (thanatopraxie) sont des actes invasifs post mortem ayant pour objet de ralentir le processus de décomposition du corps (thanatomorphose). Ils sont pratiqués par des thanatopracteurs diplômés, dans les chambres funéraires, les chambres mortuaires ou au domicile des personnes défuntes". Les soins de conservation sont facultatifs, ils sont proposés aux familles par les pompes funèbres. En général, leur prix se situe entre 350 et 500 euros. Ce procédé inventé en France par M. Jean-Louis Gannal en 1837, s’est développé par le Docteur Holmes de New York.

Publicité

En France, la technique s’est développée depuis une soixantaine d’années. Si celle-ci était à l’origine d'une obligation légale pour les transports des corps à l’étranger, elle s’est démocratisée jusqu’à devenir une technique couramment utilisée pour des raisons d’hygiène et de présentation. Aujourd’hui, cela représente environ 65% des décès traités, pour 98% aux Etats-Unis.

Injecter un produit de conservation….

La technique consiste en l’injection d’un produit de conservation par une artère (point d’injection), de vérifier que la personne n’a pas fait d’hémorragie. Ensuite, il est vérifié que le corps ne présente pas de liquide au niveau des poumons (liquide pleural) ou au niveau du bas-ventre (liquide, ascite, urine ou des gaz issus du processus de décomposition). Le cas échéant, la technique consiste à ponctionner les liquides ou ces gaz, si il y a lieu, afin d’éviter tous rejet et que la personne ne se salisse.

Le processus de décomposition du corps commence par le bas-ventre, provoque des gaz véhiculés par le système artériel et veineux. Le corps peut gonfler, dégager de mauvaises odeurs, pouvant provoquer des traumatismes pour les familles. Le produit permet de stopper l’évolution de la putréfaction, ou de la ralentir en fonction des causes du décès dans les cas extrêmes. Différents types de soins sont pratiqués : soins d’hygiène et de présentation sont les cas les plus courant mais aussi sur des corps autopsiés, dons d’organes, personnes accidentées, atteintes de maladie comme par exemple un cancer de la face, pouvant aller jusqu’à la reconstruction facial.

… Et soulager les vivants

Donner l’impression que le défunt est apaisé participe au travail de deuil des proches. "Pour la famille, voir un corps restauré aide au travail de décès et à l’acceptation de la disparition" souligne le thanatopracteur. C’est indispensable pour les proches de savoir que, même longtemps après, le corps conserve une image digne dans le caveau. "Le thanatopracteur travaille dans le souci de respecter le défunt et de soulager la peine du vivant". Ces soins permettent de donner au visage un aspect naturel et apaisé, rendre au corps sa dignité et faire oublier les causes du décès (la maladie ou l’accident). Il permet avant tout pour les familles d’éviter des traumatismes et de les aider dans le travail du deuil.

Les bienfaits des soins de conservation

À court terme, les bienfaits de ces soins de conservation présentent deux aspects.

"Un aspect technique, l’hygiène, puisque ces soins permettent de stopper la putréfaction et permettent à la famille de voir le corps dans de meilleures conditions pouvant éviter des traumatismes" énonce le spécialiste. Avant de poursuivre : "Un aspect psychologique, artistique, puisque la technique consiste à donner vie à la mort, au mieux en fonction des causes du décès, et peut aider dans le travail du deuil de la famille en voyant un corps apaisé".

Enfin, si le but de la thanatopraxie est de retarder le processus de décomposition, il est également de favoriser l’hygiène, de supprimer les odeurs, et de donner au visage un aspect naturel et apaisé. Ainsi, il permet aussi aux professionnels (pompes funèbres) de pouvoir travailler dans de meilleures conditions d’hygiène entre le moment où la personne est décédée et traitée, et le moment où elle est incinérée ou inhumée.

Publicité

Publicité

Contenus sponsorisés

En Vidéo

En Vidéo sur Medisite

Publicité