Pourquoi notre mémoire doit-elle se reposer ?

Pourquoi notre mémoire doit-elle se reposer ?
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Pendant les vacances,  notre corps et nos neurones ralentissent leur activité après une longue période de stimulations cérébrales en tous genres. Au retour, nous ressentons les bienfaits de cette pause salutaire et sommes prêts à recommencer un cycle d’intense activité. Que se passe-t-il dans notre cerveau lorsque nous nous mettons au repos? En quoi ce lâcher prise est-il bénéfique pour notre mémoire ? Explications.

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La mémoire doit pouvoir se reposer pour bien fonctionner Au repos, notre cerveau active le Réseau du Mode par Défaut (MPD)

Au début des années 2000, des chercheurs Américains ont découvert grâce à l’imagerie médicale que lorsque nous mettions notre cerveau au repos, c’est-à-dire en cessant de porter notre attention sur un objet ou une idée précise, lorsque nous laissons notre pensée vagabonder, le cerveau, loin de se mettre lui-aussi en veilleuse, activait au contraire un mode de fonctionnement tout à fait particulier appelé le « réseau du mode par défaut » ou MPD situé dans la région médiane du cerveau, entre les deux hémisphères.
Le mode par défaut apparaît par exemple lorsque nous conduisons facilement sur une autoroute peu encombrée, lorsque nous nous adonnons à la randonnée ou à la course, lorsque nous rêvons lors d’un voyage en train en regardant distraitement par la fenêtre, ou lorsque nous faisons la sieste…

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Le Pr Francis Eustache, Neuropsychologue, Président du Conseil scientifique de l’Observatoire B2V des Mémoires : « Par exemple, en conduisant sur une autoroute calme, sans danger, les mains en position « 10h10 » sur le volant, un système d’attention se met en place et surveille l’environnement de façon diffuse, c’est le mode par défaut. Dès que survient un feu rouge par exemple, on change de mode, on se remet en situation d’activation, d’action, orientée vers un but. »

Pourquoi est-ce bon pour notre santé mentale de mettre notre mémoire au repos ?

Cette fonction cérébrale est indispensable au bon fonctionnement de notre système cognitif et pour notre mémoire. Lors de nos moments de repos, le MPD permet à notre cerveau d’accomplir des tâches précises :
• Il fait office de « sentinelle ». Il permet au sujet de surveiller l’environnement de façon diffuse, sans effort d’attention, par économie : il serait épuisant de surveiller constamment de façon active son environnement.
• Il permet une activité cognitive interne, tournée vers nous-même, telle que la mémoire autobiographique, la projection vers l’avenir, l’imagination.
• Il optimise le bon fonctionnement de notre mémoire. L’activation du mode de réseau par défaut est un processus très important pour l’équilibre psychique, pour la planification des tâches, et pour la consolidation de la mémoire : il va conduire à faire la synthèse, la restructuration, la réorganisation des souvenirs.
La période des vacances est, logiquement, particulièrement propice à ce « lâcher prise » salutaire.

On fait l’hypothèse désormais que le réseau du mode par défaut est déstructuré dans nombre de pathologies neuropsychiatriques telles que la maladie d'Alzheimer (destruction du réseau du mode par défaut), schizophrénie (réseau suractivé), autisme (non-diminution de l'activité du MPD lors de réalisations de tâches).
Chez les enfants, le mode par défaut arrive à maturité vers 7 ou 8 ans.
Les plus jeunes sont de plus en plus fragilisés par l’hyperactivité cérébrale provoquée par la constance des écrans dans leurs phases quotidiennes de repos. Ils doivent se procurer des moments pour synthétiser et mémoriser ce qu’ils ont appris et cela passe par l’activation du RPD, donc une suspension récurrente de stimulations intellectuelles intenses et cognitives hors de l’école, et bien sûr par une quantité suffisante de sommeil. Le danger d’un manque de repos mental, c’est le burn-out, une menace qui affecte également les enfants. Pour en savoir plus : http://www.e-sante.fr/burn-out-enfants-aussi-sont-bout/actualite/1467

Les animaux aussi !

Le saviez-vous ? Le réseau du mode par défaut existe également chez les animaux, les chercheurs lèvent le voile chaque jour davantage sur leurs capacités cognitives insoupçonnées.
Si l’on effectue une analyse de l’activité cérébrale sur un animal, on constate que le réseau du mode par défaut s’active lorsque l’animal n’est pas dans un environnement stimulant, qu’il est tranquille. En mesurant cette activité cérébrale, on voit que le cerveau de l’animal au repos effectue des simulations basées sur le passé et des simulations basées sur le futur possible… C’est de la mémoire prospective, même chez l’animal ! Cela concerne la gestion de ses ressources et la gestion du danger, l’animal sait se mettre mentalement en situation.

Le Pr Roland Jaffard, Neurobiologiste, Professeur émérite à l’Université de Bordeaux :
« Par exemple pour comprendre un itinéraire, l’animal refait mentalement le parcours : on observe que les cellules se réactivent par anticipation comme si le trajet était en train de se faire… Et lorsque l’animal se déplace dans un lieu qu’il ne connaît pas, il le visualise comme si c’était un circuit connu, donc il l’imagine ! »

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