La stimulation ovarienne qui consiste à administrer des médications hormonales pour multiplier la production des ovules. Elle est utilisée dans le cadre de fécondations in vitro (FIV) et des inséminations.
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Plusieurs ovules

Pour réaliser une Fécondation In Vitro (FIV), il est nécessaire de prélever un ou plusieurs ovules en ponctionnant l’ovaire de la mère . Les médecins doivent intervenir au moment de l’ovulation, lorsque la cellule germinale est sur le point de se détacher du follicule qui la relie à la glande. La surveillance échographique et les dosages hormonaux permettent de prévoir le moment idéal pour le prélèvement avec une assez grande précision.

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Rapidement, face au taux de réussite relativement faible de la FIV, les cliniciens ont cherché à collecter plusieurs ovules à la fois de sorte à en féconder quelques-uns et à implanter jusqu’à 6 embryons dans l’utérus maternel pour multiplier les chances de grossesse. Ils ont eu alors recours à la stimulation ovarienne qui consiste à administrer des médications hormonales pour multiplier la production des ovules . Au cours d’un même cycle, il devenait alors possible de ponctionner plusieurs ovocytes.

Cette technique est également utilisée pour les inséminations. Cette fois la fécondation se déroule naturellement dans l’organisme de la mère, seuls les spermatozoïdes sont déposés directement dans l’utérus. Toutefois, pour multiplier les chances de succès, une stimulation ovarienne est souvent réalisée conjointement.

Des thérapeutiques sous surveillance

Deux études publiées dans le dernier numéro de Human Fertility, un journal scientifique européen spécialisé dans les problèmes de fertilité, plaident toutefois en faveur d’une réduction de ces thérapeutiques. La première est un travail réalisé sur les souris par une équipe d’Oslo (Norvège). Les chercheurs ont constaté que les troubles du développement embryonnaire et de l’implantation de l’oeuf dans l’utérus (ou nidation), étaient plus fréquents en cas de stimulation ovarienne. «

Les expérimentations animales, précisent-ils, ne sont pas toujours transposables à l’homme. Mais les similitudes du développement embryonnaire chez tous les mammifères imposent la prudence ».

L’autre série est rapportée par des experts britanniques qui ont mené des grossesses à terme chez 52 femmes frappées d’infertilité, sans avoir recours à la stimulation ovarienne. L’équipe lance un appel à la communauté scientifique internationale en indiquant que, dans 60 à 70% des cas, la prise en charge de ces patientes ne justifie pas de stimulation ovarienne. Le coût du traitement basé sur les cycles naturels ne dépasse pas 23% de celui qui fait appel aux médicaments inducteurs de l’ovulation. D’autre part, cette technique plus naturelle évite les effets indésirables.

Des effets indésirables

« Il y a une vingtaine d’années qu’en France nous avons abandonné les ponctions d’ovaire lors de cycles naturels, sans induction d’ovulation, affirme en réponse le Dr Joëlle Belaisch-Allart, du centre d’infertilité de l’hôpital de Sèvres. Et il n’est pas possible d’y revenir car, avec un seul ovocyte, les chances de succès de la FIV sont trop restreintes. De plus, la plupart de nos patientes ont des cycles perturbés et une mauvaise ovulation ».

Toutefois, comme toute prescription médicamenteuse efficace, la stimulation ovarienne peut entraîner certains effets indésirables. Le premier d’entre eux est la grossesse multiple . Dans le cadre d’une insémination, le processus est incontrôlable. La quantité d’ovules fécondés de même que le nombre d’oeufs qui s’implantent dans l’utérus ne sont pas maîtrisés par l’équipe médicale. Celle-ci ne pourra que constater à posteriori. En revanche, dans le cas d’une FIV, ce sont les médecins qui décident du nombre d’embryons déposés dans la cavité utérine.

Ce point a fait l’objet de nombreux débats entre les spécialistes et les sages du comité d’éthique se sont même penchés sur cette question dès 1991. Les recommandations en vigueur conseillent l’implantation de deux oeufs. En pratique, « cela dépend de l’âge de la patiente, de la qualité des embryons, du nombre de tentatives antérieures, précise Joëlle Belaisch-Allart. Selon le cas, nous en implantons de 2 à 4 ».

Un désir fort de grossesse

Deuxième risque évoqué dès 1992, celui du cancer de l’ovaire . Sur ce point les avis divergent. Pour certains, le problème n’est pas encore résolu et de nouveaux travaux seraient nécessaires pour trancher la question. Pour d’autres, à l’instar de Joëlle Belaish-Allart, « on sait aujourd’hui que le risque augmenté de cancer est lié à la stérilité elle-même. C’est ce que l’on appelle parfois le cancer des bonnes soeurs. On sait d’ailleurs que la pilule protège de ce risque ».

Dernier problème évoqué, celui du syndrome d’hyperstimulation ovarienne qui entraîne un gonflement de l’ovaire avec, dans certains cas, la présence de liquide d’exsudation dans la cavité abdominale. « Ce risque existe, reconnaît la spécialiste de Sèvres, mais il peut être évité si le traitement est correctement mené ». D’une part parce que les nouvelles générations de produits sont beaucoup plus maniables et moins toxiques que les premières, d’autre part à la condition que la stimulation ovarienne soit réservée aux spécialistes.

« Ceux qui prônent une diminution de l’utilisation des inducteurs de l’ovulation, poursuit-elle, représentent une sorte de tendance écologiste de la médecine. Mais au quotidien, les femmes que nous traitons ne désirent qu’une seule chose, être enceinte ». Il reste qu’au regard du coût et des effets indésirables potentiels, la question mérite l’attention des professionnels et l’information du public.

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