De quoi s’agit-il ?
La schizophrénie est un état psychologique qui se traduit par un certain nombre de troubles psychiques, principalement une dissociation de la pensée et des idées.
« Schizophrénie » est d’ailleurs un vieux terme médical composé de deux mots : schizo (du verbe grec schizein = diviser) et phrénie (phren = pensée). Etymologiquement la schizophrénie est donc un trouble du déroulement de la pensée ou « pensée divisée ».
Environ une personne sur 100 dans la population est atteinte de cette maladie.
Quelle en est la cause ?
Comme pour les autres maladies psychiatriques, il existe différentes causes qui favorisent la schizophrénie.
Un facteur génétique est probable. Même si la maladie se révèle plus tard dans la vie, il existe certainement dès la naissance une fragilité.
Certaines infections ou prise de toxiques pourraient être en cause dans cette maladie et en sont parfois le facteur déclenchant.
Certains pensent qu’un environnement psychologique particulier, comme une séparation précoce dans la petite enfance, peut favoriser l’apparition de la schizophrénie.
Enfin, il existe aujourd’hui un consensus pour affirmer que certaines anomalies biologiques au niveau du cerveau comme la circulation de dopamine peut favoriser la schizophrénie.
Comment se manifeste-t-elle ?
La schizophrénie commence souvent brutalement, entre l’âge de 15 et 35 ans, à la suite d’un événement de vie particulier comme un accident, un concours, un stress important, une consommation de drogue.
Parfois la maladie apparaît plus insidieusement : la personne a des attitudes particulières, une tendance à s’isoler, « décroche » au niveau scolaire, a une difficulté à utiliser ses capacités intellectuelles, se désintéresse pour la vie sociale, s’isole...
Trois principaux troubles isolés ou associés se constituent :
- une pensée « troublée » : le cours de la pensée perd sa fluidité habituelle. Elle se ralentit, voire même « s’arrête », « les idées se mélangent ». - des hallucinations : au cours d’une hallucination, la personne perçoit des informations qui n’appartiennent pas à la réalité de son monde environnant, contrairement à la conviction qu’elle en a (elle entend des voix, assiste à des scènes effrayantes, sent des odeurs désagréables, perçoit des sensations corporelles bizarres etc.)- un délire : le contenu des idées se modifie. Par exemple, une pensée s’impose à soi (« Je suis Jésus-Christ ») ou bien l’interprétation de l’information est fausse (« Il me regarde donc il m’en veut »).
Tout cela entraîne une sensation de danger et une angoisse importante. L’expression des émotions est décalée par rapport à la réalité, la communication avec les autres devient difficile, la gestion du quotidien est parfois insurmontable.
Comment la reconnaître ?
Selon les situations et l’environnement, c’est tantôt la personne elle-même (rarement), plus souvent son entourage (famille, école, travail) qui s’inquiète de l’état de santé de celle-ci.
La personne n’a en effet aucune conscience de ses troubles pendant une période psychotique. Une ou plusieurs consultations médicales avec son médecin traitant et/ou et avec un psychiatre permettent de confirmer le diagnostic.
Quels examens peuvent être nécessaires ?
Il n’est pas nécessaire de faire d’autres examens particuliers, ni d’imagerie, ni de biologie.
Il n’existe aucun « marqueur » spécifique de cette maladie. Un (ou plusieurs) entretien(s) et une évaluation psychologique permettent de faire le diagnostic de la maladie.
Quels sont les traitements ?
Les trois piliers du traitement de la schizophrénie sont les médicaments, le soutien psychologique et/ou la psychothérapie et les mesures de soutien social et éducatives, qui permettent d’obtenir une amélioration des symptômes de la maladie.
Les médicaments les plus spécifiques de la schizophrénie appartiennent à la famille des antipsychotiques.
D’autres thérapeutiques complémentaires, dites « adjuvantes » sont parfois utiles, soit pour compenser un effet secondaire, soit pour traiter un symptôme particulier.
Les antipsychotiques apaisent rapidement les principaux troubles de la schizophrénie : l’angoisse, la tension ou l’agitation, les troubles de la pensée, délire et hallucination.
La schizophrénie est aussi une maladie qui peut réduire l’autonomie et rend la vie quotidienne seul parfois très difficile.
Les hôpitaux de jour ou CMP (Centres Médico-Psychologiques) proposent un soutien dénommé « réhabilitation psychosociale », pour aider à développer certaines capacités ou « habiletés »..
Quelle peut-être l’évolution ?
La schizophrénie évolue très différemment selon chacun et les expressions de la maladie chez une même personne varient au cours du temps.
Le traitement aide à stabiliser l’évolution et à apaiser les symptômes gênants. Les épisodes psychotiques peuvent être transitoires, même en l’absence de traitement (un jour à un mois) ou prolongés (plusieurs mois).
Quand les épisodes se répètent, un traitement est nécessaire. L’arrêt des traitements provoque souvent des « décompensations » avec crise d’angoisse, délire ou hallucination, prostration etc.
Que devez-vous faire ?
Si cette maladie vous concerne, votre suivi régulier est le meilleur gage de l’efficacité de votre prise en charge. Celle-ci est généralement coordonnée par un psychiatre travaillant avec une équipe soignante pluridisciplinaire, ce qui permet de mettre en place une réelle prise en charge globale, médicale, psychologique, sociale, éducative.
Au côté de l’hôpital, il existe de multiples autres formes de structures publiques ou privées qui sont là pour apporter les soins et le soutien nécessaires.
Pour en savoir plus
Dossier de la Fondation de la Recherche Médicale sur la schizophrénie : Union Nationale des Amis et Familles de Malades Psychiques :
Août 2006