La sexualité humaine vieillit, donc décline. L’inventaire des entraves de tous ordres qui vont s’imposer au fil des ans est un exercice imprudent tant sont multiples les spécificités individuelles, mais admettons des points de repères consensuels. Explications.
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Chez l’homme...

Les motivations sexuelles peuvent persister jusqu’à un âge très avancé. Tous les témoignages concordent en effet pour affirmer globalement que la soixantaine n’inaugure pas une phase inéluctable de déchéance de la libido... Ce sont en priorité les problèmes de santé puis les facteurs d’environnement, et enfin les aléas de la vie quotidienne, notamment d’ordre économique, qui sont les principaux pourvoyeurs des conduites d’évitement, des attitudes de résignation et l’entrée dans les divers états d’isolement affectif.

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Il n’en va pas de même du fonctionnement des organes. L’installation de la rigidité de la verge se fait avec un certain retard par rapport aux stimulations érogènes, même si elles sont proposées avec intelligence et habileté. Le stade d’érection complète est donc différé, parfois de plusieurs minutes, avec de surcroît une fragilité du maintien d’une rigidité égale tout au long de la relation. Cette instabilité inquiète beaucoup la plupart des hommes qui y voit, à tort, une menace d’impuissance. C’est en réalité un défaut négociable, pour peu que les échanges érogènes se maintiennent à un plus haut niveau d’excitation, aussi bien sensorielle qu’intellectuel. Il ne fait aucun doute que la routine ou l’indifférence, n’offrent plus le même pouvoir érotique et, comme nous le verrons, qu’une telle usure des motivations constitue le principal obstacle à la prise en charge de ces vicissitudes conjugales.

Nous pouvons proposer une métaphore "instrumentale" pour décrire à nos patients cet affadissement naturel des fonctions érectiles de la verge. Tout se passe comme si, en vieillissant, les nombreux rouages (aussi bien anatomiques, hémodynamiques que métaboliques), impliqués dans la physiologie de l’érection, offraient une force d’inertie de plus en plus grande, perdaient leur acuité réflexe, se grippaient, s’engourdissaient...

À une dizaine d’années près, pour parvenir au succès de rituels semblables, le couple va devoir puiser dans ses réserves de créativité et de complicité érogènes. En pratique, il faut, dès lors, aller jusqu’au bout du propos et en énoncer les conséquences menaçantes. Une trop longue période d’abstinence, par exemple, ou la compagnie d’une partenaire particulièrement hostile font plus de tort aux corps caverneux qu’un diabète bien contrôlé ou un dosage limite de testostérone !

L’éjaculation subit elle aussi des mutations déficitaires qui atteignent ses différentes étapes. Les sensations prémonitoires du déclenchement réflexe, qui font partie des émotions remarquables de la volupté masculine, ne sont plus perçues avec la même intensité ; il en va de même de l’appréciation subjective du volume du sperme et de sa force d’expulsion, qui deviennent plus nuancée, voire insipide. D’un point de vue purement physique, la quantité de "fluide" éjaculé étant amoindrie, la force et le nombre des jets étant tout aussi en décrue, l’appauvrissement des perceptions délectables de l’éjaculation constitue un prétexte courant de consultation.

Signe d’une jeunesse révolue, ce n’est plus l’opprobre de "l’éjaculation précoce" qui motive la demande d’assistance mais la situation inverse, qui devient emblématique de la décadence progressive des organes...

De telles privations sensorielles vont graduellement disqualifier le ressenti de l’orgasme. Avec le temps, rejoignant en cela le vécu érotique féminin, les hommes vont apprendre à ne pas jouir à chaque "rapport". Au sein d’un couple harmonieux, cette privation ne sera pas aussi débilitante qu’il est permis de le penser à l’aulne des représentations grotesques de la virilité dans les médias. La modération n’est pas synonyme de démission. Dans un contexte affectif beaucoup moins stable, les frustrations s’installent lorsque le renoncement à jouir n’est pas partagé, lorsque le besoin n’est pas apaisé, lorsque le dialogue charnel est découragé. C’est donc à ce stade que l’interpellation du praticien l’expose à s’engager dans une fausse piste : entre la restauration artificielle de simples réflexes érectiles et le bilan du potentiel érotique restant du sujet et du couple, il n’y a pas de commune mesure, c’est de la faculté de jouir et non de copuler dont il faut établir le pronostic.

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