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"Mais qu’est-ce qu’il fait chaud ici ! C’est insupportable ! Vous n’avez pas chaud, vous ?", ai-je lancé à la cantonade. Et j’ai commencé à enlever ma petite laine dans un resto très climatisé sous le regard médusé des autres convives qui se drapaient dans leurs écharpes.
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Mon voisin de droite se pencha à mon oreille pour me susurrer : "Les bouffées de chaleur, ça se soigne très bien". Je me suis souvenue qu’il était médecin au moment où, pour me venger de sa muflerie, je saisissais ma fourchette pour la lui planter sauvagement dans le poignet. Je me suis contentée de le remercier pour sa délicatesse en m’éventant avec ma serviette de table.

De toute évidence, le processus avait commencé : le retour d’âge, la ménopause. Inutile de rêver à Nicole Kidman, j’étais plus proche de Mamie Nova... L’idée de ne plus pouvoir procréer me laissait indifférente. Je n’étais pas nostalgique des "biberonnages" nocturnes et, plus tard, des négociations chez le proviseur pour obtenir un passage en classe supérieure. C’était plutôt mon look qui me tourmentait : allais-je devenir ratatinée, voûtée, poilue, difforme et desséchée de partout ? Et dépressive et acariâtre qui plus est ? Avec des os de cristal prêt à se briser à la plus petite pichenette ?


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Plus de tableau catastrophe grâce au THS m’a t’on dit alors. "Vous preniez la pilule ? Vous allez porter un patch !", propose le médecin. Je le colle où ? Sur le front, comme une étiquette ? Ah ! Sur la fesse ? Les câlins avec la rustine, merci bien. De quoi décourager l’amoureux le plus torride ! Alors, autre chose en rayon ? Le gel, très bien ! On se barbouille les cuisses et on s’habille. Il faut attendre une bonne demi-heure pour que ça sèche, mais au moins ça ne se voit pas. Au bout de huit jours, le tube était vide. Je menais l’enquête : étourdi, mon fils l’avait utilisé comme gel capillaire...

Trois semaines plus tard

Trois semaines plus tard, le médecin m’annonçait que les traitements hormonaux étaient suspendus. Alors ? Retour à la case départ. On s’arrange avec les moyens du bord. On se procure la panoplie de la ménopause heureuse. Au petit déjeuner, le pilulier avec des compléments alimentaires en tous genres, l’anti-âge, l’anti-eau, les antioxydants. Le séjour dans la salle de bains est de plus en plus long et tient de l’entreprise de ravalement. Maniement de la pince à épiler pour traquer les poils indélicats qui poussent au menton, massage du plus petit centimètre de peau avec une crème "anti-âge substitutif" pour éviter le plissé soleil, et masque quotidien pour "repulper" le visage dont les traits vont certainement s’affaisser. Ce sont les lois de la physique qui veulent ça.

À table, yaourts pour le calcium, oui mais 0 % pour la prise de poids. Parce qu’on grossit aussi. Enfin, on change de formes ou plutôt les formes changent de place. Si les fesses sont moins rondes, le ventre le devient davantage. Autre bonheur : on perd de l’os. C’est fatal, à tel point qu’on se demande chaque matin si on ne va pas bientôt marcher sur des spontex.


J’entends le murmure des curieuses : côté libido, ça va comment ? Pas mal merci et vous ? Si je ne suis plus du genre à flasher sur des pectoraux bien galbés, je suis de plus en plus sensible à l’intelligence, à la tendresse et à la générosité. Pas mal non plus.

Et ce n’est pas parce qu’on a plus de cinquante ans qu’on va se passer de siestes friponnes. Au contraire. Pas question de renoncer à séduire. Il y a des hommes qui sont sensibles à un sourire épanoui, même s’il est entouré de quelques rides (disons ridules...), à la bonne humeur et à l’humour. Et qui complexent moins d’avoir une bedaine et le cheveu rare.

Alors la ménopause épanouie, ça existe ? Oh que oui ! On a maintenant une bonne raison de s’occuper de soi, de dorloter sa petite personne, de bien choisir ses vêtements. C’est même une question de santé publique.

Quand on est consciente d’avoir parcouru plus de la moitié de sa vie, on se dit que du côté des petits plaisirs, il est temps de mettre les bouchées doubles. D’avoir des envies, même folles, de ne plus accepter de se laisser empoisonner par des riens, et de ne voir que l’essentiel : l’amour, l’amitié, le rire, les belles choses de la vie, en quelque sorte.

Florence Le Bras

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