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L’avenir du médicament passe par deux grandes voies. La première correspond aux choix de politique de santé qui seront faits ces prochaines années dans nos pays et qui définiront la politique du médicament. La seconde dépend de l’évolution de l’industrie pharmaceutique qui est depuis quelques années prise dans le tourbillon des rapprochements, fusions, acquisitions, etc., manoeuvres dont le but est de permettre aux plus grands groupes mondiaux d’atteindre la taille critique (5% de part du marché mondial) nécessaire pour s’implanter durablement sur le marché mondial.

La politique du médicament

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La régulation des dépenses de santé mise en place par l’Etat, est un facteur important pour l’avenir des médicaments. Cette politique est aujourd’hui en train d’évoluer.

Jusqu’à présent notre pays a préféré appliquer un strict contrôle des prix des médicaments sans imposer (jusqu’à récemment) une responsabilisation financière aux médecins ni sensibiliser significativement le public aux excès de la consommation de médicaments.

Cette situation a souvent incité les industriels à mettre en avant la nouveauté au détriment des produits en cours d’usage, et ce d’autant plus facilement que les utilisateurs (médecins et patients), se sentant peu « concernés », marquaient leur préférence pour les produits les plus récents.

Le contrôle des prix a aussi favorisé, par simple effet de balance arithmétique, la croissance des volumes afin de compenser la faible progression des prix et ce d’autant plus facilement que le Français est « culturellement » un fort consommateur de médicaments.

L’Etat et l’industrie pharmaceutique conscients de cette dérive ont, depuis 1994, mis en place une politique conventionnelle (accord cadre) destinée à assurer une meilleure maîtrise des dépenses médicamenteuses tout en garantissant une plus juste rémunération de l’investissement industriel, notamment à la recherche en accordant une reconnaissance financière à l’innovation.

Il ne faut en effet pas oublier que l’objectif des pouvoirs publics, notamment au travers du Comité Economique du Médicament, est de mettre à la disposition de tous les patients les meilleurs médicaments possibles.

Dans ce cadre, l’instrument de la maîtrise est le bon usage du médicament associé au respect de la tendance donnée au niveau national l’ONDAM (Objectif National des Dépenses d’Assurance-Maladie ou ici). C’est pourquoi l’évaluation du médicament nouveau arrivant sur le marché est un point essentiel afin de définir le cadre de sa future « bonne « utilisation ». La politique conventionnelle récemment mise en place à l’avantage d’inclure tous les professionnels de santé, depuis l’industriel jusqu’au médecin, assurant ainsi un bon usage du médicament et un garantissant les intérêts de tous. Cette politique s’exprime aussi en favorisant l’usage des génériques et de l’automédication tout en permettant une meilleure information des professionnels de santé.

L’innovation thérapeutique est prise en compte, puisque tout médicament reconnu particulièrement innovant par la Commission de la Transparence et qui donc a obtenu une bonne note ASMR (voir : la première vie du médicament) est exempté de contribution à l’équilibre financier au cours des deux premières années de sa commercialisation. Enfin certains médicaments, comme les produits de prévention sont également favorisés.

Le grand chambardement industriel

Parmi les différentes stratégies industrielles développées et mises en place par les groupes pharmaceutiques, c’est certainement celle des fusions qui est la plus marquante, voire la plus impressionnante.

En 1999, le marché mondial du médicament représentait 308 milliards de dollars, principalement réparti sur trois zones (USA, Europe et Japon). Il se caractérisait par une grande diversité de produits disponibles, bien supérieure au nombre réel de pathologies, ceci étant du à la stratégie mise en place par les groupes industriels qui mettent à la disposition des médecins plusieurs produits pour une même maladie.

La diversité des maladies et surtout leur différentes expressions selon la zone géographique (épidémiologie, incidence, prise en charge) contribuent à accentuer la forte dispersion du marché du médicament.

Cette fragmentation du marché aboutit à ce que les leaders mondiaux détiennent moins de 5% de parts de marché, tandis que de nombreux groupes de taille plus modeste sont largement sous la barre des 1%. On comprend donc que la croissance, principalement due à l’innovation, ne pourra être maintenue que par des groupes ayant atteint la taille suffisante (taille « critique ») pour pouvoir développer suffisamment de classes thérapeutiques dans suffisamment de pays.

Autre point en faveur des fusions, le passage des brevets dans le domaine public qui va entraîner une baisse des revenus des industriels propriétaires des molécules princeps. Si dans notre pays les génériques sont encore peu développés (3% du volume total), ce n’est pas le cas chez nos voisins (30% en Allemagne et 25% au Royaume-Uni) et encore moins aux USA (45% du volume total). C’est encore chez nos voisins d’outre atlantique que le marché de l’automédication est le plus développé, l’Europe étant dans ce cas globalement en retard.

Les produits concernés par cette concurrence, peuvent donc aujourd’hui constituer une part importante du chiffre d’affaires des groupes internationaux, atteignant parfois 40%. Ceci a des conséquences financières dramatiques puisque le prix de ces médicaments est bien inférieur à celui des spécialités d’origine : nous avons vu que le marché américain des génériques représente près de la moitié du volume (45%) mais il atteint seulement 10% de la valeur du marché total.

On imagine donc facilement qu’un groupe est toujours exposé au risque de voir le chiffre d’affaires de toute une classe thérapeutique brusquement lui échapper.

C’est pourquoi la tendance actuelle des fusions va se poursuivre même au sein des plus grands groupes pour garantir une recherche et une innovation performantes, seules armes capables de contrebalancer la perte d’une activité.

A titre d’exemple, les biotechnologies ont dans ce cadre un rôle à jouer en permettant notamment de synthétiser très rapidement des milliers de molécules dès le moment où une découverte scientifique est faite.

Les entreprises pharmaceutiques ont également intérêt à se concentrer sur des marchés attractifs, c’est-à-dire avec un fort potentiel de croissance et des prix non administrés (donc libres). Non seulement les Etats-Unis réunissent ces conditions, mais en plus le consommateur américain est demandeur d’innovation, étant beaucoup plus informé que le consommateur européen, et il dispose également de la faculté de négocier le coût de ses soins en adhérant à des organisations, financées par les assurances, qui achètent pour lui ces soins au « meilleur prix ». C’est en s’implantant sur ce type de marché et en assurant ainsi une part de leurs revenus que les entreprises pourront financer leur recherche. Le rapprochement avec une entreprise américaine représente alors une opportunité pour une entreprise européenne désireuse de s’implanter aux USA.

Les fusions permettent aussi d’étendre une gamme thérapeutique, d’augmenter la rentabilité par le biais des synergies industrielles, de se renforcer sur les secteurs les plus rentables, etc.

On peut alors se demander quel sera le paysage industriel du monde de la santé dans les années à venir. Il est vraisemblable que les leaders vont continuer leur stratégie actuelle qui consiste à être présent sur le plus grand nombre de marchés en présentant une gamme de produits la plus étendue possible. Les fusions les aideront à y parvenir, les entraînant dans une spirale probablement irréversible car leur taille augmentant, c’est leur influence qui augmente, les rendants influents vis à vis tant de la structure du marché que de celle du système de soins. Ceux qui auront choisi un développement local deviendront de plus en plus spécialisés (sur un territoire ou dans un domaine thérapeutique) et développeront des politiques d’alliances pour diversifier leurs revenus.

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