Un écolier pas plus haut que trois pommes

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Selon les textes, l’école maternelle peut accueillir les enfants dès 2 ans. Selon les institutrices, selon les écoles, la propreté acquise est plus ou moins prise en compte. Pour les parents, faire entrer, dès cet âge, leur enfant dans le système éducatif, surtout s’il est laïc, représente certainement une économie importante. Plus de crèche ni de nourrice à payer. C’est sans doute pour ces raisons que le nombre d’enfants de 2 ans admis en maternelle a triplé depuis dix ans. Et pourtant, même si l’enfant a été à la crèche, l’entrée à l’école n’est pas forcément évidente. Jusqu’alors, il avait, pour s’occuper de lui, une auxiliaire puéricultrice très disponible puisqu’elle n’avait la charge que de trois ou quatre enfants. Du jour au lendemain, le petit écolier se retrouve au milieu de trente à trente-cinq enfants de son âge, avec une institutrice pour tous et, dans le meilleur des cas, une « dame de service ». L’école maternelle telle qu’elle est organisée, n’est pas faite pour les « tout-petits » manquant d’autonomie. Certains enfants s’en débrouillent, mais d’autres sont cruellement déçus de leur nouvelle aventure.

Adapter l’école

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Le développement psychique de l’enfant de 2 ans ne lui permet pas une bonne scolarisation. En effet, qui dit scolarisation dit aussi socialisation, mais, à cet âge, on ne joue pas encore vraiment « avec » les autres, on joue « à côté » des autres. L’enfant peut être encore en pleine phase d’opposition, il a du mal à dépasser le stade du « moi je » et du « moi d’abord » surtout s’il a vécu jusqu’à présent en enfant unique à la maison. On sait, en outre, que toute acquisition à cet âge passe par une relation individuelle avec un adulte, que ce soit pour le langage ou l’autonomie corporelle.

Et puis, surtout, l’école n’a pas les horaires de la crèche. Avant le début et après la classe, certaines municipalités organisent des garderies. Elles sont pratiques pour les mères qui travaillent, mais accentuent le désarroi de l’enfant au cours d’une même journée : une première épreuve, celle de la garderie le matin, puis « la maîtresse » de 8 h 30 jusqu’à 11 h 30, la dame de la cantine, puis, à nouveau, l’institutrice, et enfin une deuxième animatrice pour la garderie de la soirée. Cela fait généralement beaucoup trop de visages pour un enfant qui a encore besoin d’une grande stabilité affective.

La solution n’est sans doute pas d’exclure ces enfants de l’école, elle est plutôt d’adapter l’école à ces enfants en les accueillant quand ils sont prêts et dans des conditions différentes de l’école habituelle. 40 % des écoles maternelles accueillent les « petits » en cours d’année, parfois même ils font leur rentrée au dernier trimestre.

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