Superstimulés, les superbébés

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Ils sont, pourrait-on dire, nés aux États-Unis et leur papa se nomme Glenn Doman. Ce spécialiste de l’enfance a même créé à Philadelphie un institut qui forme les parents chargés de transformer leurs bébés en génies. Sa théorie ? Il n’est jamais trop tôt pour apprendre et c’est à la naissance qu’il faut commencer. Plus tôt on remplit le cerveau humain, plus il est capable d’apprendre. Et c’est ainsi que, selon ce principe, le bébé sait lire à 12 mois, tout comme il comprend plusieurs langues et aborde gaillardement les mathématiques modernes. Les semaines des « bébés Doman » sont très réglementées : le premier jour est celui des mathématiques, le deuxième celui des langues, le troisième des mathématiques à nouveau, le quatrième de la musique, le cinquième de l’éducation physique. Les deux autres jours sont laissés « libres ». L’éducation des enfants se fait à partir d’un matériel de panneaux écrits et dessinés et se fonde sur l’assimilation par la répétition...

De l’affection avant tout

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Bien des spécialistes s’opposent à ce « forcing ». On trouve en effet parmi ces petits génies beaucoup d’enfants dépressifs. De plus, il semble qu’ils aient de grosses difficultés à se socialiser : élevés dans un milieu différent, capables de performances autres que les enfants de leur âge, ils ne peuvent s’adapter au monde de leurs congénères.

Glenn Doman est également à l’origine d’une méthode de soins toute particulière pour enfants handicapés profonds, fondée notamment sur une stimulation permanente. Là encore, ses pratiques sont largement contestées. Il est sans doute important pour le développement d’un enfant d’être stimulé, mais jamais au détriment des manifestations affectives qui semblent tout aussi indispensables à l’équilibre du futur adulte. En effet, toutes les recherches montrent que le développement cognitif ne peut être dissocié du développement affectif. Depuis quelque temps, on voit naître ou renaître des méthodes d’apprentissage précoce. Toutes défendent l’idée que, plus on apprend tôt à lire, à compter ou à parler une langue étrangère, meilleure sera l’insertion dans la société. En réalité, bien des pédiatres sont inquiets de ces pratiques qui peuvent conduire l’enfant à devenir réfractaire à tout apprentissage. En fait, le rôle des parents n’est pas de devenir des « professeurs ». Il leur incombe d’éveiller leur enfant sur le plan culturel, ils sont les seuls à pouvoir lui transmettre la curiosité, la joie de vivre ; c’est aussi par l’entourage, personnes et objets, que les enfants acquerront les bases indispensables à tous les apprentissages futurs. Les occasions de stimuler sont nombreuses et variées, tout est question d’imagination pour l’adulte et de disponibilité pour l’enfant.

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