Les sirops pour dormir

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À 3 mois, sept nourrissons sur cent ont déjà reçu des tranquillisants ou des somnifères. Au 9e mois, 16 % des enfants ont déjà consommé plus ou moins régulièrement des calmants. Et, selon les médecins qui ont fait cette enquête, ces données sous-estiment certainement la réalité française. Nous sommes malheureusement en tête, en Europe, dans la prescription de tranquillisants, voire de neuroleptiques chez les bébés. Avant de demander à votre médecin la prescription de tels médicaments, essayez d’autres solutions et dans tous les cas interdisez-vous toute automédication.

Les antitussifs aux propriétés somnifères et calmantes sont les plus prescrits et les plus donnés par automédication aux enfants : le sirop de Théralène, par exemple, qui est un neuroleptique faiblement dosé agissant sur le système nerveux central de l’enfant. Ce geste du sirop du soir devient parfois si habituel que l’on ne fait pas vraiment de différence entre une cuillerée de ce médicament et un bonbon, n’oublions pas que cette classe de médicament semble très fortement impliquée dans la mort subite du nourrisson.

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Les sirops calmants ne sont pas utilisés aujourd’hui avec précaution. Pour le Pr Jean Duché, qui a tout particulièrement étudié ce phénomène, la consommation de produits calmants atteint le niveau d’un phénomène de société. Tout comme les adultes qui font une consommation courante de somnifères, les plus petits absorbent presque sans raison ces médicaments. Pourtant, leur emploi doit être strictement limité. Il ne peut être anodin d’utiliser des modificateurs puissants du système nerveux central à une phase fondamentale du développement de l’intelligence et de la personnalité. Le médicament ne doit intervenir que dans les rares cas où l’on ne peut agir différemment pour rompre le cercle vicieux de l’insomnie. De plus, les sirops calmants le plongent dans un sommeil profond et lourd, où les rêves n’existent pas. Or, le rêve est nécessaire pour grandir. Il permet de faire la différence entre l’imaginaire et le réel. Les peurs de la nuit aident mieux à supporter celles du jour. On peut donc se poser la question de savoir si l’abus de ces produits n’a pas d’effets néfastes sur la construction psychique future.

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