Les livres, agitateurs d’imaginaire

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Peuplés d’ours, de lapins, de souris ou de bébés, les livres racontent des histoires simples qui cachent bien des subtilités. Sur les genoux de l’enfant, le livre lui ouvre l’horizon d’un monde qui n’existe qu’en images. On ne manipule pas les objets, on recrée mentalement leur fonction. Le livre révèle une histoire qui semble souvent banale à l’adulte et pourtant, pour l’enfant, quelle découverte ! Le petit lecteur s’identifie complètement au héros, qu’il soit petit lapin ou bébé. Le livre a alors fonction de miroir, aidant à prendre conscience de soi et de ce que l’on vit tous les jours. Et lorsque l’histoire devient triste, en abordant par exemple des thèmes comme la maladie, la peur des monstres ou l’arrivée d’un petit frère, le livre dédramatise les divers soucis quotidiens avec une facilité presque déconcertante. Le récit imaginaire permet une prise de distance avec la situation vécue comme angoissante grâce à l’attente des rebondissements et au dénouement heureux. Les images colorées remplacent les images tristes qui occupaient ses pensées.

Stimuler l’échange

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La lecture est encore l’occasion d’une communication enfant-adulte intense. Face aux images, l’adulte stimule l’attention, explique et le petit se concentre à la recherche du moindre détail, prompt aux commentaires et aux questions. Le lecteur a pour mission d’entrer dans le livre en tenant l’enfant par la main. L’histoire se pose telle une pièce de théâtre, avec des arrêts sur image pour prendre le temps de regarder et de parler. L’enfant est sensible aux couleurs, aux contours et même à la typographie. Il sait quand les personnages crient, il sent par la différence de grosseur des lettres qu’il se passe quelque chose dans le récit. Certains livres lui proposent même d’agir sur l’image, avec des volets qui cachent des personnages, des languettes qui leur permettent de bouger ou tout simplement des trous où l’on peut passer les doigts.

Le livre cultive l’imaginaire des enfants et il n’est pas rare qu’ils se servent des mots, des expressions des livres pour animer leurs jeux. Pour le psychiatre René Diatkine, l’enfant ne peut apprendre à connaître qu’après avoir eu le plaisir d’imaginer. Au fil des pages, pour les petits comme pour les grands, le livre est connaissance des choses, des gens, des animaux et des situations. Grâce à lui, l’enfant apprend à réfléchir, à accéder à une pensée logique.

Enfin, le livre regardé et lu en compagnie d’un adulte permet l’élaboration d’une relation à la fois proche et distante : les pensées du petit lecteur lui sont personnelles, tout comme ses émotions. Le livre aide l’enfant à acquérir la capacité psychique à être seul.

Le plaisir de la lecture passe aussi par l’identification. C’est en voyant leurs parents lire que les enfants aiment lire.

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