L’enfant malade

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L’enfant est un gros consommateur de médicaments. Il est au deuxième rang derrière les personnes âgées. Les médicaments qui lui sont destinés sont en fait ceux de l’adulte, dosés pour son organisme et présentés sous des formes, si possible, plus faciles à absorber.

Des médicaments rien que pour eux

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La mise au point de ces médicaments est délicate ; en effet, leurs dosages doivent être suffisants pour être efficaces, mais pas trop importants pour limiter les effets secondaires dont on sait que la fréquence et la gravité sont plus grandes chez l’enfant. Pour éviter toute erreur de manipulation, 40 % environ des médicaments pour enfants sont vendus avec des instruments de mesure : ce sont les comprimés sécables, les cuillères doses, les compte-gouttes automatiques. Pour le goût, de réels progrès ont aussi été réalisés, et les préférences des enfants ont souvent été respectées. Les comprimés et les sirops aromatisés à l’orange ou à la framboise sont nombreux. Leur goût agréable n’est d’ailleurs pas sans conséquences néfastes : les enfants volent ces médicaments comme des « bonbons ».

L’heure à laquelle est administré un médicament a son importance. Lorsque la prescription indique « matin, midi et soir », c’est plus souvent pour que la prise soit faite en trois fois échelonnées dans la journée, que pour indiquer que le médicament doit être pris à telle ou telle heure. En effet, dans bien des cas, il faut veiller à une interaction médicaments aliments ; généralement, les médicaments sont mieux absorbés dans un estomac vide, c’est le cas, par exemple, des antibiotiques. En revanche, les médicaments irritants pour l’estomac ou ceux à dissolution lente sont mieux absorbés pris au cours du repas. Il semble que l’organisme métabolise différemment les médicaments selon les heures de la journée. Il est donc important de respecter les horaires des prescriptions.

Enfin, il est indispensable d’aller jusqu’au bout d’un traitement même s’il semble très long ­ un antibiotique arrêté avant la fin de sa prescription n’évitera pas une rechute. À l’inverse, un traitement prolongé sans avis médical est dangereux, tout comme l’automédication : les mêmes médicaments ne soignent pas toujours le même enfant au même moment et ne traitent pas a fortiori un autre enfant à un autre moment.

Un climat de confiance entre enfant et médecin

L’enfant malade est souvent abattu, mal dans sa peau, plus ou moins effrayé selon son état et l’anxiété qui règne autour de lui. Il se sentira soulagé à la vue du médecin qui le suit s’ils ont su tisser des liens d’affection et si entre eux il n’y a pas un contentieux de soins douloureux. Un enfant est moins inquiet s’il sait ce que va faire le médecin et pourquoi. Le Dr Brazelton, célèbre pédiatre américain, conseille de donner à l’enfant le sentiment qu’il est acteur dans les soins et que sa guérison est le fruit de ses efforts, de ceux de ses parents et du médecin. Un moyen certain pour atténuer l’anxiété lors d’une autre affection. Quand les enfants atteignent 2 ans, il demande aux parents de passer de temps en temps à son cabinet pour une petite visite amicale, un bon moyen de dédramatiser la visite médicale devenue indispensable. La plupart de ses patients réussissent à vaincre ainsi leur appréhension et viennent consulter en parfaite confiance.

Quelques conseils de prudence

- Avant 3 ans, un enfant ne peut comprendre le danger des médicaments. Il est indispensable qu’il ne puisse les atteindre seul.

- Le médicament doit être perçu comme un produit « sérieux » : il n’est pas conseillé de lui laisser les emballages pour jouer.

- Les médicaments périmés s’éliminent régulièrement. Ils doivent être détruits. Attention aux accidents de « poubelle ».

- Ne conservez pas de flacons d’antibiotiques ni de collyres oculaires d’un précédent traitement. Ils sont à utiliser sur stricte prescription médicale.

- N’utilisez pas le compte-gouttes du produit X pour le produit Y. Le sérum physiologique utilisé en compte-gouttes nécessite un parfait nettoyage entre chaque utilisation. Il est préférable que vous utilisiez des minidoses.

L’avis du spécialiste

Les petites maladies sont pour lui importantes. Qui ne se souvient d’une grippe ou d’une rougeole qui lui a valu de ne pas aller à l’école et d’être aux petits soins de sa maman ? Vous avez alors totalement oublié le désagrément provoqué par les soins. Pourtant, derrière les petites maladies, surtout si elles sont à répétition, peut se cacher la psychosomatisation. L’enfant convertit ainsi son anxiété sur le plan somatique : une jalousie entraîne chez lui un rhume, un mensonge provoque un mal de ventre, une mauvaise pensée vis-à-vis de sa grand-mère se traduit par une boîterie... L’enfant exprime par son corps une anxiété qui n’a pas pu s’exprimer sur le plan psychologique. Il est important de bien connaître les conversions somatiques de chaque enfant, car leur répétition révèle une anxiété préoccupante qui justifie une consultation. C’est le seul moyen pour lui éviter un parcours difficile car il ne peut faire l’économie d’une bonne organisation psychologique. C’est surtout vrai pour les rhumes et les maux de ventre. Il faut alors que le médecin voie seul l’enfant et vérifie s’il supporte la séparation. Plus tard, il pourra lui proposer un petit carnet où il inscrira ses secrets. Le médecin de la famille doit devenir le plus tôt possible aussi le médecin de l’enfant.

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