Le doudou, le chiffon, la couche

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Le doudou n’est pas seulement une boule de poil que votre enfant traîne partout. C’est aussi un élément fondamental pour sa construction psychique. Il le rassure quand les parents ne sont pas auprès de lui et il lui permet, à son rythme, peu à peu, de s’autonomiser.

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Votre enfant appartient peut-être à la grande famille des possesseurs de doudou, nan-nan, fonfon et autre nono. Et comme beaucoup d’enfants, il ne peut se séparer de sa « couche ». Ils appellent souvent ce morceau de tissu d’un nom bizarre, chaque enfant inventant un mot personnel.

Ce chiffon a un rôle et un mode d’emploi bien précis : il se tète souvent avec le pouce. Il traîne partout et disparaît toujours au moment où il ne le faudrait pas. L’enfant y tient par-dessus tout et cela peut durer des années . Tout ce qui est doux peut faire l’affaire, c’est une question de sensation sur la peau.

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Un peu de soi, beaucoup de tous

La plupart du temps, cette étoffe est en relation avec le lit. C’est la couche en tétra que l’on a glissée sur le drap de dessous, à la hauteur de la tête, pour protéger le matelas en cas de régurgitation. C’est un morceau de coton très fin qui rappelle le tissu du drap de dessus que l’enfant tripote. C’est encore un morceau de lainage, de même texture que sa brassière douillette ou que sa couverture de laine, qu’il fait boulocher entre ses doigts.

Dans certains cas, c’est une peluche toute douce et souple, celle qui berce ses premiers rêves. Mais il arrive parfois que l’objet de prédilection soit un biberon, même vide, si vous avez habitué l’enfant à s’endormir en buvant un peu de lait tiède ou un peu d’eau sucrée.

Des odeurs familières

L’utilisation du chiffon varie d’un enfant à l’autre : serré dans la main, le plus près possible du nez, sur la figure, autour du bras. Certains enfants aiment les couches propres ; c’est en fait l’odeur de la lessive utilisée pour la nettoyer qui leur plaît.

Mais une grande majorité n’apprécie qu’une couche qu’ils ont traînée derrière eux plusieurs jours. Tout son charme réside dans l’amalgame des odeurs familiales : un peu de parfum de maman, un peu de tabac de papa, et pourquoi pas un peu de l’odeur du chien. Lorsque l’enfant la respire, toutes ces senteurs le rassurent et lui donnent vraiment l’impression d’être aimé.
C’est d’ailleurs la raison de son existence. Les psychologues ont donné à ce chiffon le nom très sérieux d’objet transitionnel, le premier a en faire un élément indispensable dans la vie de l’enfant fut Donald Winnicott, célèbre pédiatre et psychanalyste anglais.

Un élément fondamental de la maturation psycho-affective

Jusqu’à l’âge de 6 mois, le bébé ne fait pas bien la différence entre lui et sa mère : il est en symbiose totale avec elle. Peu à peu, il va prendre conscience que sa mère peut être présente et tout à coup disparaître. Il n’aime pas qu’elle s’en aille, mais ne peut rien y faire. Il sera rassurant pour lui d’avoir constamment à ses côtés un objet familier, sur lequel il aura toute puissance.

Il servira à exprimer quantité de sentiments. Cet objet deviendra, petit à petit, presque aussi important que sa mère. Il la remplacera assez bien quand elle s’éloignera ou lorsqu’il y aura quelques différends entre eux. Enfin, lors d’un moment de fatigue ou de contrariété, il l’aidera à « récupérer ».

Certains enfants, passée « la crise des 8 mois » , ne se servent plus de leur doudou que le soir pour s’endormir d’autres y restent attachés de jour comme de nuit jusqu’à l’âge de 3-4 ans. C’est généralement vers 6-7 ans que les plus « accrocs » le lâchent.

Conseils pour un jour le quitter

Mais la vie de famille avec un doudou n’est pas toujours simple. En effet, ce ne sont jamais les parents qui le choisissent et ainsi vous pouvez « hériter » d’un doudou encombrant qu’il faudra prendre en compte lors de tous vos déplacements ou d’un doudou minuscule qu’il faudra chercher sans arrêt. Mais ce que supportent généralement difficilement les parents, c’est son état de saleté.

Rassurez-vous d’abord, aucun doudou n’a pu être mis en cause dans la transmission de virus ou de maladies contagieuses. La raison en est simple, même dans une communauté d’enfants très amis, c’est un objet qui ne se prête jamais . Pour laver un doudou sans drame, le plus facile est de le posséder en double exemplaire et d’échanger un sale pour un propre.

Votre enfant s’en apercevra sans doute, mais ne pourra pas réellement comprendre pourquoi son objet fétiche change de temps en temps aussi brusquement d’odeur. Si votre enfant garde cette habitude tardivement, vers 2 ans, vous pouvez lui proposer de le laver lui-même, généralement les enfants acceptent, tant jouer avec l’eau les passionne.

Les doudous sont aujourd’hui acceptés dans les crèches, mais il faut le plus souvent le quitter pour entrer à l’école maternelle. Il est indispensable de le glisser dans la valise d’un bébé qui part en voyage surtout si, à cette occasion, il quitte sa maman.

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