La chirurgie à la naissance

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Un certain nombre de malformations doivent être opérées dans les tout premiers jours qui suivent la naissance. Ces interventions chirurgicales sont souvent délicates chez des enfants aussi jeunes et sont donc réservées à la réparation de « fonctions » qui sont essentielles pour le bon fonctionnement, voire la survie de l’enfant. Ce sont alors des gestes chirurgicaux d’urgence. D’autres handicaps ne nécessitent pas d’intervention immédiate et seront opérés au cours de la première année de la vie. Malheureusement, malgré les progrès considérables de la microchirurgie, tout n’est pas réparable.

Anomalies du coeur

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Six mille bébés environ naissent chaque année avec des malformations cardiaques, mais la moitié seulement sont graves. Citons les cardiopathies liées à des anomalies faisant communiquer les deux circulations, aortique et pulmonaire, qui normalement sont en série. Un débit sanguin exagéré passe alors dans les poumons. L’opération est réalisée dans les premières semaines qui suivent la naissance. Il existe aussi des cardiopathies avec cyanose : l’inversion des artères qui sortent du coeur en est un exemple. L’opération est faite à coeur ouvert dans les premiers jours de la vie et consiste à remettre correctement en place les gros vaisseaux.

Anomalies des voies digestives

L’examen de l’oesophage est fait systématiquement à la naissance en passant une petite sonde jusqu’à l’estomac de l’enfant. S’il y a une obstruction dite « atrésie de l’oesophage », l’enfant est opéré. Les progrès de la chirurgie néonatale ont rendu cette intervention relativement bénigne.

De même, les anomalies ano-rectales sont diagnostiquées à la naissance et nécessitent une intervention en urgence après une recherche d’anomalies associées au niveau de la colonne vertébrale et des voies urinaires.

Anomalies du poumon

Il peut arriver qu’un fragment de poumon soit mal formé et n’arrive plus à vider l’air. L’opération est immédiate et consiste à enlever la partie non fonctionnelle du poumon. Heureusement, la régénération pulmonaire est telle que ces bébés, même opérés, ne deviendront que rarement des insuffisants respiratoires.

Malformations des voies urinaires

Elles concernent plus de 10 % des nouveau-nés et sont dues à des anomalies des conduits qui transportent l’urine depuis le rein jusqu’à l’orifice d’évacuation. Après un bilan radiologique précis qui permet de situer l’obstacle, l’opération réparera le conduit après un traitement médical visant à éviter les infections urinaires pouvant endommager tout le tractus.

Fente labiale

C’est une anomalie qui est détectée dans la majorité des cas à l’échographie. Un enfant sur mille naît avec ce handicap, les petites filles sont deux fois plus touchées que les garçons. La fente labiale est due à un défaut de collage des bourgeons de la face au début du deuxième mois de grossesse. Cette fente de la lèvre supérieure (car c’est quasiment toujours d’elle qu’il s’agit) peut siéger d’un seul ou des deux côtés. Elle peut être également isolée, et ne toucher que la lèvre, ou totale ou en continuité avec une fente de la gencive et du palais. La chirurgie réparatrice se fait en une opération dans les cas les plus simples et en deux temps s’il s’agit d’une fente bilatérale ou palatine. À la naissance, l’utilisation de tétines spéciales, voire l’instauration d’un régime anti-reflux( épaississement) pour permettre au bébé de téter normalement permettra d’attendre le moment propice à l’intervention, selon les équipes entre 3 et 6 mois pour le premier geste et entre 12 et 18 mois pour le second. Accueillir un enfant au visage déformé par un « bec de lièvre » est une épreuve qu’un soutien psychologique aide à surmonter. Elle commence parfois avant même la naissance et se poursuit ensuite. Aujourd’hui, ces malformations sont parfaitement réparées, elles nécessitent souvent une rééducation orthophonique précoce et parfois une intervention esthétique à l’adolescence.

Malformations génitales

Malformations de la verge, de la vulve, voire du vagin, toutes les situations peuvent se présenter et ne pas permettre de déterminer si le bébé est une fille ou un garçon. La confirmation du sexe de l’enfant doit être obtenue avant la déclaration à l’état civil. Il est donc urgent d’en faire le diagnostic afin de restaurer l’intégrité de l’appareil génital. Les études génétiques, physiologiques et endocriniennes aident à déterminer le sexe réel de l’enfant, mais la volonté des parents est aussi essentielle. Ces interventions demandent aussi un accompagnement psychologique des parents. Le sexe attribué à l’enfant doit être totalement accepté de tous et ne doit jamais être remis en cause au cours de l’enfance.

Une intervention chirurgicale différente

Elle nécessite technicité, personnel (pas moins de six personnes) et précautions. Dans la mesure du possible, l’opération est réalisée de préférence en hôpital de jour. Le matériel utilisé est à la taille de l’enfant : table chirurgicale adaptée, matériel miniaturisé jusqu’au fil chirurgical. Dans la majorité des cas, le bébé est anesthésié localement ou complètement, les médecins étant de plus en plus attentifs à la souffrance.

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