Jouets sous haute surveillance

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La France, qui est le quatrième pays fabricant de jouets, est également leader sur le plan de la sécurité. Comme tout objet de consommation, le jouet est soumis à des normes. Peut-être avez-vous remarqué que beaucoup de jouets portent la mention « Ne convient pas à un enfant de moins de 36 mois », sur leur emballage. Que cachent ces quelques lignes ? Non, elles ne disent pas que votre enfant n’est pas assez « intelligent » pour jouer avec telle poupée ou telle petite voiture, elles signifient que ce jouet ne correspond pas aux normes de sécurité qu’impose la loi pour cette tranche d’âge.

La fonction d’un jouet est de distraire, d’éveiller et surtout de ne jamais blesser, c’est pourquoi les fabricants et les importateurs de jouets sont obligés d’appliquer des règles très précises dans la conception et le choix des matériaux des objets qu’ils vendent. Toutes ces normes sont contrôlées par les techniciens du Laboratoire national d’essai. Les nouveaux jouets, eux, sont soumis à une déclaration de conformité aux normes, celle-ci doit être indiquée sur le produit ou sur son emballage. Voici les règles de base d’un jouet sûr.

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Les jouets de tissu

Le premier danger des tissus est qu’ils prennent feu au contact d’une flamme. Aussi la norme de sécurité impose l’ininflammabilité de ces matériaux ou, tout au moins, une combustion très lente et sans flamme. Ainsi l’enfant a le temps de jeter l’objet devenu dangereux, ou d’en sortir avant tout dommage, si c’est un vêtement ou une tente. De même, les colorants utilisés pour les textiles sont impérativement non toxiques et ne doivent pas déteindre à la salive. Par contre, les peluches à poils longs, bien qu’autorisées, sont à proscrire. L’enfant a une force de préhension suffisante pour arracher quelques éléments de leur toison. S’il les avale, il risque parfois l’étouffement et plus sûrement de sérieux haut-le-coeur suivis de « crachouillis ». Attention encore, certaines fibres sont allergisantes.

Les jouets rembourrés

Les normes qui s’appliquent à ces jouets portent d’abord sur leur garniture intérieure, elle doit être neuve ou désinfectée et ne contenir aucun déchet. Si le volume est donné grâce à des billes de polyester dont le diamètre est inférieur à 3 mm, l’enveloppe de tissu qui les contient doit être double et les coutures prévues pour résister à un étirement de 7 kg. Quant aux yeux, nez ou tout élément propre à donner de l’expression au visage, ils doivent être brodés ou imprimés et, s’ils sont en relief, être solidement attachés pour tenir à une traction de 9 kg. Ils doivent se laver impérativement en machine et sécher rapidement.

Les jouets de bois ou de plastique

Leurs formes doivent être légèrement arrondies, ne présenter aucun côté coupant et les surfaces de bois être bien lisses. Si, pour des raisons d’esthétique ou de conception, ils ont besoin de l’apport de vernis et de peinture, ceux-ci sont impérativement non toxiques, tout comme les colles d’assemblage. Les plastiques utilisés sont extrêmement résistants. Ainsi les hochets sont soumis à des tests de chutes et de chocs : ils sont lancés 5 fois de 90 cm de haut sur un sol dur et percutés par un marteau de 1 kg projeté à 10 cm de haut. S’il s’agit de jeux de construction, les pièces ont impérativement un diamètre supérieur à 3,7 cm afin de ne pouvoir être avalées par un bébé inexpérimenté. Les dînettes, marchandes et accessoires de poupée sont soumis au même traitement. Certains fabricants utilisent même pour leurs dînettes des plastiques alimentaires afin que les enfants puissent réellement y manger.

Vis, ficelles et cordons

Si ces jouets sont le résultat d’un montage, sachez que les pointes et les vis doivent être inaccessibles aux enfants et parfaitement protégées afin de ne présenter aucun risque de blessures. Toutes les ficelles et cordons des « jouets de parc » sont soumis à une longueur maximum : moins de 30 cm. Ainsi l’enfant ne court aucun danger de strangulation. Quant aux jouets à traîner, leurs liens doivent avoir une épaisseur supérieure à 15 mm.

Premiers véhicules

La sécurité du petit conducteur tient essentiellement dans la stabilité de son engin. Celui- ci est mis à l’épreuve du « plan incliné », il ne doit pas basculer même placé sur un plan incliné à 10°. De plus, les porteurs sont soumis à des tests d’endurance : 50 km à une vitesse de 4,5 km/h et 71 000 chocs successifs. Ce traitement correspond à trois ans d’utilisation.

De la norme à l’usage

Mais les normes ne suffisent pas à protéger les petits enfants, il faut savoir encore qu’un jouet sûr est un jouet adapté à l’âge de l’enfant. De même, il est souhaitable de ne pas laisser un enfant jouer sans surveillance. Même un jouet, bardé de normes, entre des mains habiles et sous l’influence d’un esprit particulièrement inventif peut devenir un objet dangereux. Dès qu’un jouet est cassé ou abîmé, jetez-le purement et simplement, c’est plus prudent !

De même, bébé n’est pas autorisé à emprunter les jouets de ses aînés. Une perle ou un élément minuscule d’un jeu de construction est si vite avalé.

Depuis quelques années, je propose aux médecins hospitaliers de jouer à soigner les objets familiers de l’enfant, notamment les peluches, avant de procéder aux soins. Cette pratique facilite beaucoup toutes les interventions.

Elle peut se faire aussi de manière préventive pour traiter sans cris ni larmes les petits bobos quotidiens. Cette méthode n’est pas sans risque. Je me souviens d’un petit garçon qui venait pour la deuxième fois à l’hôpital et qui m’a mis en garde : « Toi, je te connais ! Ne touche pas à mon ours, il n’est pas malade. »

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