Il y a tant de choses qui l’effraient

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Les peurs voire les terreurs nocturnes font partie du développement normal du jeune enfant. Mais il faut rester vigilant pour ne pas les alimenter par des paroles ou des comportements inadaptés. Ecouter, rassurer, mettre des mots et des images apaisantes sur ces peurs pourront l’aider à les surmonter.
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Un instinct de survie

Tout le monde se souvient de ses peurs d’enfant, elles appartiennent toujours aux souvenirs les plus désagréables. Quoi que l’on fasse, ces sentiments sont inévitables et fantastiques. Ils ont peut-être aussi leur utilité : pour l’homme, comme pour l’animal, la peur est une manifestation de l’instinct de survie, elle permet de déceler les dangers et d’y faire face. Adulte et enfant ont les mêmes réactions physiologiques : les battements du coeur s’accélèrent, la pression sanguine augmente, tout comme les sécrétions d’adrénaline. Tout l’organisme est en alerte.

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Peur de la séparation

Bien sûr, les angoisses des petits et des grands ne sont pas les mêmes et elles évoluent curieusement au cours du développement de l’enfant. À l’heure de l’autonomie, des premiers pas, des premières escalades, les peurs de l’enfant sont liées à ses nouvelles expériences physiques. Il compte entièrement sur l’adulte pour assurer sa sécurité et tout naturellement craint d’en être séparé.

La peur de la séparation est une des craintes les plus intenses et tenaces de l’enfance. Tous les visages nouveaux peuvent alors déclencher de véritables frayeurs, même si ce sont ceux d’amis ou de parents. L’enfant se blottira alors dans les jambes de ceux qu’il aime et rien ne le convaincra d’en sortit, ne serait-ce que pour dire bonjour, par exemple. Il faudra parfois quelques heures pour que ça s’estompe. Un peu plus tard, naîtra la peur de se perdre ou celle d’être abandonné, loin de l’affection de ceux qu’il aime et dont il se sait aimé.

À l’heure de l’acquisition de la propreté, l’enfant connaît une autre crainte : celle de disparaître. Il est toujours très inquiet de voir disparaître ses excréments, qu’il considère comme une partie de lui-même. Les toilettes sont souvent interprétées comme un trou sans fond où la moindre maladresse peut vous faire tomber dans le bruit fracassant de la chasse d’eau. De la même manière, certains enfants craignent de disparaître par la bonde de la baignoire, emportés avec l’eau de leur bain, d’autres sont effrayés par les vide-ordures... voire même par les aspirateurs.

Dans la nuit

À tout cela s’ajoute la peur du noir ; elle est classique et tenace. À la frayeur de l’obscurité s’ajoutent tous les dangers que l’on imagine. C’est dans les ténèbres que naissent les brigands, les sorcières, les animaux dévoreurs. La nuit, c’est encore la peur de la solitude, celle qui pousse les enfants à retarder par tous les moyens l’heure du coucher. Ces angoisses nocturnes sont à l’origine des cauchemars, prolongements déformés de la vie diurne. L’enfant est alors d’autant plus effrayé qu’il est encore bien incapable de faire la différence entre ce qui est du domaine du « vrai » et de l’imaginaire.

Le rassurer

Quelques précautions peuvent aider votre enfant à dominer sa peur du noir. Vous pouvez, par exemple, lui laisser une veilleuse, ou ouvrir tout simplement la porte sur le palier allumé. N’ayez aucune crainte qu’une mauvaise habitude ne s’installe, car ce besoin passe tout naturellement avec l’âge. Montrez-lui que les plus grands dorment aussi dans l’obscurité. Alors pourquoi pas lui, dont le rêve est d’être « un grand » ?

Il est indispensable aussi qu’il fasse connaissance avec son environnement nocturne, car dans l’obscurité l’enfant se trouve dans un monde inconnu. Pourquoi ne pas lui proposer une promenade dans la maison endormie et lui demander, sous forme de jeu, de reconnaître les objets de sa chambre, en les touchant ? Passez de pièce en pièce, en lui signalant les choses et les êtres familiers. Montrez-lui aussi par la fenêtre les autres maisons endormies, sans lumière. Attention, cela sera bénéfique si l’enfant n’est pas anxieux. Proposez simplement, s’il refuse, ne le forcez pas. Vous renouvellerez votre demande plus tard.

Savoir écouter

Les enfants cherchent toujours à exprimer leurs craintes, mais leurs capacités d’expression ne leur permettent pas toujours d’être compréhensibles. L’important est qu’ils arrivent à le faire et qu’ils trouvent une oreille attentive pour les écouter. Bien des frayeurs peuvent aussi céder aux explications simples : le chien noir qui fait si peur, par exemple, n’est après tout qu’un petit chien fantasque qui a grandi.

Se sentir aimé est encore le plus sûr moyen de ne plus avoir peur. L’enfant doit être certain du soutien de l’adulte et c’est en sa compagnie qu’il prendra du courage, visitera les lieux qui l’inquiètent, tendra la main vers l’animal ou l’objet qui le perturbent. Les félicitations qui couronnent ses succès l’aideront à se dominer et à vaincre d’autres peurs, différentes ou plus tenaces.

L’avis du spécialiste

Les peurs font partie du développement normal d’un enfant, et j’ajouterai qu’il doit passer par toute une gamme de peurs : peur de l’orage, peur du noir, peur d’être abandonné, peur d’être séparé des siens, peur d’être dévoré, peur des gros animaux et plus tard des petits, etc. C’est le moment de jouer avec la peur et de la raconter. Lisez-lui avec complaisance les contes de fées les plus horribles et répétez-les indéfiniment.

Observez votre enfant lorsqu’il les écoute, il jubile et il demandera de frissonner encore plus. C’est ainsi qu’il maîtrise ses peurs. Les contes de fées le protègent des phobies, ces peurs irraisonnées et difficilement maîtrisables en raison des thèmes terribles qu’ils développent. Il aura sans doute un conte favori, celui qui le suivra toute son enfance et que, plus tard, il racontera à son tour à ses propres enfants.

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