Dessins animés et violence

Dessins animés et violence
Publicité
Publicité

Haro sur les dessins animés japonais, ils ont envahi nos petits écrans. On leur reproche une médiocre qualité graphique : peu de recherche dans les décors qui se déroulent souvent en boucle, un minimum d’animation des personnages, un stéréotype des visages de tous les héros. À cela s’ajoute le manque de qualité des scénarios : histoire douceâtre ou terriblement violente, où il arrive même, parfois, que les méchants l’emportent sur les héros.

Mais ce qui apparaît comme le plus redoutable, notamment à la pédopsychiatre Marcelle Sanquer, c’est que très souvent les scènes de violence montrent le morcellement et la parcellisation du corps humain, bras ou jambes arrachés, mains menaçantes envahissant l’écran ou tâches de sang noyant de rouge le petit écran sans que l’on sache réellement s’il provient d’une blessure. Toutes ces images sont traumatisantes pour l’enfant petit, particulièrement friand des images animées nippones. Elles lui donnent l’idée que le corps humain peut être coupé facilement en morceaux, sans souffrance, et que le sang peut couler sans raison. Elle ébranle le schéma corporel que l’enfant a mis des mois à bâtir, puzzle patiemment recomposé à partir de la connaissance parcellaire de chacune des parties de son corps. L’intégration de l’image et de l’idée d’un corps uni et unique à cet âge est encore fragile et l’enfant peut être terrorisé à l’idée de perdre une partie de son corps. C’est souvent ce qu’il exprime lorsque, dans un lieu inconnu, il refuse de se déshabiller, d’enlever son bonnet ou ses moufles. C’est courir le risque de perdre sa tête ou ses mains.

Publicité

Si les dessins animés japonais violents fascinent les 3-5 ans, c’est sans doute parce qu’ils correspondent à des craintes archaïques et encore très présentes à cet âge. Les contes d’autrefois eux aussi montraient des enfants coupés en morceaux ou qui risquaient d’être dévorés mais ils se terminaient bien. Les petits enfants mis au saloir dans la légende de saint Nicolas retrouvaient toute leur entité à la fin de l’histoire. Le Petit Chaperon rouge renaît du ventre du loup et le Petit Poucet ne sera jamais mangé par l’ogre. En fait, les dessins animés japonais pèchent par défaut de fin heureuse. Comme dans la réalité, les héros ne ressuscitent jamais. Une dimension importante manque dans l’histoire, celle qui permet de dominer l’angoisse. Certains de ces dessins animés semblent même ne pas avoir de fil conducteur à leur histoire. N’ayant ni début ni fin, ils ne sont que suite de scènes plus ou moins effrayantes et angoissantes.

De plus l’histoire traditionnelle était contée par l’adulte à la présence rassurante, alors que les dessins animés sont, dans la plupart des cas, regardés en solitaire ou, au mieux, entre « amis » qui ont tous plus peur les uns que les autres.

Publicité

Publicité

Ailleurs sur le Web

En Vidéo

En Vidéo sur Medisite

Publicité
Publicité