De l’observation à la surveillance

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Aujourd’hui, seuls les bébés « à risque » sont examinés sur le plan de l’audition dans les heures qui suivent leur naissance. Sont considérés comme tels ceux qui ont subi une atteinte virale au cours de leur vie foetale, ceux qui ont souffert d’un traumatisme à la naissance, ceux nés prématurément et ceux ayant des antécédents familiaux de surdité. Les autres enfants seront examinés de façon approximative au cours des visites médicales du 9e mois et du 24e mois. Ces tests consistent à observer les réactions de l’enfant à des stimulations sonores, afin de repérer des déficiences profondes. Cependant, le peu de fiabilité de ces examens explique que l’on rencontre, dans les services d’orthophonie des hôpitaux ou dans les consultations des spécialistes ORL, des enfants dont la surdité n’a pas été diagnostiquée dans la petite enfance et qui, tant bien que mal, ont réussi à tromper la vigilance de leurs parents et de leur entourage pendant des mois, voire parfois des années. Des situations étonnantes et souvent dommageables. En effet, il faut savoir que plus la surdité est dépistée précocement, plus l’enfant est appareillé et rééduqué tôt, mieux il dominera son handicap, mieux il apprendra à communiquer avec les autres et donc s’intégrera parfaitement dans la société.

Comment savoir si votre enfant entend bien ?

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Seule l’observation de l’enfant dans son développement et dans sa vie quotidienne conduit les parents à s’interroger sur l’intégrité de l’audition de leur enfant. En cas de doute, la consultation d’un spécialiste infirmera ou déterminera l’ampleur exacte de la surdité. Cette observation par les parents ne peut pas commencer avant l’âge de 8 mois et ne doit pas se transformer en tests, au risque de compliquer les éventuels dépistages médicaux ultérieurs. Voici ce que conseillent généralement les orthophonistes pour une bonne observation d’un nourrisson âgé de 8-9 mois.

Bien sûr, chez l’enfant très petit, les parents peuvent s’inquiéter devant son manque de réaction aux bruits forts, mais a contrario, le constat qu’il se retourne sur une porte qui claque n’apporte pas la preuve d’une bonne audition. En réalité, le premier conseil est d’écouter ce que « dit » l’enfant. À la naissance, les parents entendent le bébé gazouiller, faire des bruits de gorge et des roucoulements. Avec les mois, son répertoire s’enrichit, il passe alors au stade du babil constitué de suites de syllabes. L’enfant qui souffre de troubles auditifs n’accède pas à ce stade et le babillage peut même ne pas s’installer du tout. Un bébé de 8-9 mois qui ne joue pas avec les syllabes et qui utilise peu d’intonations a peut-être des problèmes d’audition.

À 1 an, un enfant connaît bien son prénom et sait répondre à un appel ou à un ordre simple, comme « Viens ! ». Ses parents doivent s’interroger s’il ne réagit pas de manière systématique à un appel. Parfois, il répond normalement et d’autres fois, dans les mêmes conditions, il ne le fait pas. Ils peuvent alors tester ses réactions en fonction de l’intensité de leurs appels : l’enfant « entend-il » mieux lorsqu’on lui parle d’une voix faible ou d’une voix forte ? Normalement, un enfant qui entend bien se retourne quelle qu’en soit l’intensité. Une petite phrase comme : « Veux-tu un petit morceau de chocolat ? » chuchotée dans le dos d’un enfant doit le faire réagir, même s’il est complètement absorbé par une activité essentiellement visuelle, comme un jeu ou les dessins animés à la télévision. L’enfant qui ne répond pas à l’appel de ses parents est trop souvent et trop facilement qualifié de coquin, de têtu, d’inattentif ou de trop absorbé par une activité. Et pourtant, la vigilance s’impose. Les orthophonistes constatent encore que beaucoup de surdités sont mises au compte du bilinguisme familial ou de troubles du caractère.

Certains enfants doivent être plus qu’observés, ils demandent une réelle surveillance médicale. Ils peuvent souffrir de surdités définitives de degrés variables. Ainsi doivent être signalés au médecin les enfants nés dans une famille où il existe déjà des sourds (20 à 40 % des surdités de perception sont génétiques) ou les enfants nés prématurément et dont l’appareil auditif n’a pas eu le temps de se finaliser complètement. Elles peuvent encore apparaître à la suite d’une méningite ou d’un traumatisme crânien. Mais il en existe aussi de bénignes. C’est le cas de celles passagères dues aux otites séreuses : un excès de « glu », liquide plus ou moins épais, obstrue alors la trompe d’Eustache qui relie le pharynx à la caisse du tympan et perturbe l’effet de résonance. Elles affectent les fréquences sonores graves et sont à surveiller, surtout chez les petits enfants victimes d’otites à répétition. Elles peuvent en effet perturber l’acquisition du langage.

En cas de doute, consultez

Évitez de tester votre enfant en permanence, il risque de se lasser et de ne plus répondre à vos sollicitations. Consultez un médecin ORL spécialisé dans la petite enfance. Un examen, l’« OEP », ou « oto-émissions provoquées », lui donnera un diagnostic précis et immédiat de la surdité. Cet examen ­ qui mesure les vibrations des cellules de l’oreille interne ­ sera suivi d’une évaluation plus fine de l’audition. Si l’enfant est sourd, il sera appareillé et rééduqué pour lui permettre une vie sociale future la plus normale possible. Un soutien psychologique précoce est, dans la majorité des cas, nécessaire à une bonne intégration sociale de l’enfant sourd. Rééducation et soutien se pratiquent conjointement dans les Centres d’aide médicale sociale précoce (CAMSP).

Quel que soit le degré de surdité, plus la rééducation est précoce, meilleure sera l’intégration à la société et à l’école. Et quelle que soit la méthode de rééducation choisie, elle doit s’accompagner d’un soutien psychologique à l’enfant et à sa famille.

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