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Nommer l’humain doit être pris ici au pied de la lettre. C’est ainsi qu’un bébé passa quelques jours en maternité sous le nom d’Ixette. Ixette ? Comment pouvait-on accepter dans une maternité de pointe du vingtième siècle qu’un nouveau-né, seul sans sa mère, soit ainsi appelé ? "X..." pour le matricule : à qui cela ne rappelle-t-il pas l’horreur ? "ette" pour le sexe, guère plus qu’un individu femelle ! De quel type serait une société qui supporterait une telle violence symbolique ?

La mère n’avait pas voulu donner de prénom à cet enfant. Comme il est d’usage en pareil cas, c’est la sage-femme qui lui en avait attribué un : Sandra. Sur ce, le bureau de l’État-civil de la mairie avait donné l’injonction de lui retirer ce prénom, prétextant que la sage-femme n’avait pas le droit de nommer cet enfant. D’où ce prénom de fortune, Ixette, en attendant la prochaine injonction municipale... Il se trouve que cette intervention "légale" était non seulement violente à son insu, mais illégitime au regard des textes de loi de l’époque. Elle fut bien vite contredite par une lettre du procureur, car elle reposait sur une confusion. Cette "erreur" avait certes sa logique, mais n’en était pas moins "folle" : la mairie s’appuyait sur le fait qu’elle avait seule le droit "d’attribuer des prénoms aux enfants dont la filiation est inconnue". Or un enfant dont la filiation est tenue secrète n’est pas un enfant dont la filiation est inconnue ! Quelques coups de téléphone ont donc suffi à rétablir les choses et rendre son prénom à Sandra.

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Trois prénoms sont, à sa naissance, attribués à l’enfant par sa mère ou par l’officier d’état civil, sa famille adoptive aura le pouvoir de les modifier par la suite. Au moment de l’adoption pleinière, un nouvel acte de naissance sera établi et le premier considéré comme nul. L’enfant devient alors sur cet acte "Né de ses parents adoptifs " ! S’agit-il d’une escroquerie légale ?

Dès le début de leur vie, mais aussi plus tard, comme en témoignent les psychanalystes qui reçoivent les orphelins de tous les âges, l’humain a besoin des mots de son passé pour vivre dans sa véritable identité. Il nous reste à comprendre en quoi la loi peut être génératrice de cette pathologie avant d’envisager un éventuel remaniement légal.

Parler d’adoption renvoie chacun aux bons sentiments, à la générosité à l’égard d’une enfance en mauvaise posture. La réalité n’est pas toujours aussi auréolée lorsqu’on se penche sur les motivations des uns et le traitement des autres.

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