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La fragilité psychique fait parfois le lit de ces situations douloureuses.
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Madame X est suivie en psychiatrie depuis plusieurs années pour une psychose maniaco-dépressive unipolaire, elle est stabilisée au prix d’un traitement .Elle vit seule, sa famille est à l’étranger. Elle consulte pour un avortement tardif qui lui est refusé étant donné le terme. Elle est très préoccupée de l’avenir de la petite fille qu’elle porte. Elle est orientée vers Pierre Verdier, (spécialiste des questions relatives à l’accouchement sous X et président d’une association d’adoptés ) pour y recevoir les informations qu’elle désire et s’entretenir avec lui. Elle décide de garder sa fille et de l’élever avec les aides que le service social de la maternité propose de lui fournir. Il sera cherché pour elle et son enfant une place en hospitalisation mère-bébé en psychiatrie (il existe seulement 38 lits en France) afin de la soutenir au cours du post-partum.

Madame X est déjà mère d’un enfant de sept ans. Elle fait état d’antécédents dépressifs avec de nombreuses hospitalisations en psychiatrie à la suite de tentatives de suicide et de fugues. Elle vit actuellement chez sa mère qui élève son premier enfant. Le père du bébé n’est pas celui de l’ainé, il ne veut pas de cet enfant en raison de son instabilité professionnelle. Elle ne souhaite pas donner à nouveau un enfant à sa mère. Elle accouchera en laissant son identité pour l’enfant. Ce dernier présentera des troubles de l’alimentation durant son séjour chez l’assistante maternelle. Il rentreront dans l’ordre après deux consultations psychanalytiques.

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Les rétractations sont rares mais possibles ; L’ambivalence s’exprime ainsi, parfois au détriment d’enfants placés , qui ne seront pas récupérés par leur mère ni déclarés adoptables faute d’être abandonnés.

Madame X a 20 ans, hébergée par une association dans un appartement pour femmes enceintes désirant accoucher sous X, elle consulte en maternité, très déstabilisée par sa situation. Sa famille est loin, elle est seule à Paris où elle est venue étudier. Elle ne veut pas parler du père.. Après l’accouchement elle revient sur sa décision et choisit de garder l’enfant. Dès lors l’association qui l’hébergeait et l’oeuvre à laquelle elle avait prévu de confier son bébé ne veulent plus rien savoir d’elle. Elle se retrouve en maternité avec son bébé, 20 francs en poche, et aucun lieu où aller. Un foyer mère-enfant l’accueillera après un long séjour hospitalier au prix de journée exorbitant pour deux personnes en bonne santé !

Madame X répète avec sa grossesse l’histoire de sa mère qui a été contrainte par sa famille à se séparer de son fils aîné à sa naissance et à le confier à un parent. Elle ne l’a jamais revu. Madame X préfère abandonner son enfant que de devoir l’élever en foyer où elle est elle-même hébergée actuellement à la suite de conflits avec ses parents séparés. Elle veut cependant garder son bébé auprès d’elle durant les trois jours autorisés par la loi. Elle le nomme puis, revient sur sa décision et choisit d’aller tout de même en foyer mère-enfant, elle a repris contact avec le père. La famille de son propre père propose d’élever l’enfant mais à condition qu’elle le leur confie sans jamais aller le voir car elle est mal considérée par eux Elle abandonne tout de même son bébé, mais dans un deuxième temps, 1 mois plus tard.

Les pressions souvent au rendez-vous de la décision ne sont pas toujours repérables et rarement contournables en raison de la vulnérabilité de ces femmes, en particulier au cours du post-partum. Pour les accompagner, ainsi que leurs bébés , certaines expériences pilotes ont porté leurs fruits. En 96, la loi a abaissé de trois à deux mois le délai de rétractation accordé aux mères pour récupérer leur enfant. C’est un énorme progrès, mais c’est tout de même encore pour ces bébés, une longue attente. On peut en aggraver la souffrance en multipliant les ruptures renvoyant symboliquement à celle de leur naissance : de leur mère à l’hôpital, parfois au sein de celui-ci d’un service à l’autre, de l’hôpital à une pouponnière ou une famille d’accueil, puis enfin à la famille adoptive. Ces bébés ne cessent d’être séparés, le plus souvent sans paroles, sans préparation, comme des paquets trop embarrassants. Certaines institutions, comme la pouponnières d’Antony, la maternité Antoine Béclère, ou celle de Nantes, réalisent un travail intéressant pour limiter les effets pathogènes de ces situations. En plus de l’accompagnement psychologique et social des mères au cours de leur grossesse, et de leurs enfants après la naissance, il est confectionné par le personnel des services où il transite un petit livre contenant commentaires et photos du séjour du bébé dans l’institution. A l’image de ces albums de naissance que les mères tiennent avec tant de soin ils seront, dans le cas des bébés abandonnés, le seul témoin des premiers moments de leur vie. En plus de ces livres, le personnel des oeuvres tutélaires tiennent les bébés régulièrement informés des décisions les concernant et, s’ils paraissent en souffrance, ils sont adressés à des psychanalystes qui les reçoivent. Ainsi est pratiquée une forme de traitement et peut-être de prévention précoce des pathologies ultérieures liées à cette période. On ne peut que souhaiter que ce type de travail se généralise afin de garantir au minimum à ces enfants la possibilité qu’il ne manque pas trop de pages au texte de leur vie.

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