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La question du père se pose dans la mesure où on l’aborde sous une forme de "fonction sociale langagière déclarative" comme le dit le psychanalyste Lucien Kokh. La mère, elle, conçoit l’enfant lorsqu’elle décide d’en accoucher, mais le père déclare l’enfant. Ainsi il lui accorde une existence sociale qui lui permet de passer de l’intimiste maternel à du langage humain plus largement communiquant, ouverture à la société, à une forme de symbolique.

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Nous, psychanalystes partons du principe que tout discours formulable renferme des énoncés manquants. Cependant pour représenter ce manque dont est peuplé l’inconscient, la société prétend pouvoir choisir. Ce choix concernerait les énoncés les pires, ceux à ne pas dire, par exemple lorsque l’enfant est né d’un viol ou d’un inceste. De cette façon se forme un lien idéalisé dont la vocation serait de n’être pas contestable sous couvert de moralité ou de fonction pédagogique. Cette société qui se conçoit comme un tout n’en est pas un et surtout n’est pas tout. Il est important de constituer de l’antidrame social en court-circuitant la comédie du lien collectif institutionnel et postuler, en sortant du totalitarisme, que les institutions ne doivent pas être mortes. Tous ces enfants sont le symbole d’une société qui voudrait ignorer que la société elle-même peut mourir. Il est primordial d’ éviter de confondre secret de famille et secret d’état car la parentalité s’inscrit dans l’ordre du vivant. On ne reçoit pas la vie des morts mais seulement en leur nom. Ce serait se fourvoyer que de réduire le vivant au biologique Voilà pourquoi les fameux éléments non identifiants devraient également designer ceux de l’histoire de l’individu. Un bébé a le droit de grandir dans son histoire, celle qui a présidé à sa conception et a façonné son développement foetal sans disjonction d’avec celle d’après sa naissance. L’exploitation de l’amnésie infantile consistant à nier l’existence de souvenirs oubliés du début de la vie d’un sujet est une négation de ce dernier. La psychanalyse nous a montré qu’on négocie mieux une vérité sur soi, même cruelle, qu’un mensonge. Demander à un enfant de se structurer sur du non-dit c’est lui demander de nier une partie de lui-même. Car, lui il le sait bien ce qu’il a vécu, et si sa conscience ne le lui rappelle pas explicitement, son inconscient viendra, par des symptômes inexplicables, en témoigner tout au long de son existence. Or, ce qui est grave c’est lorsque la société cautionne le trou de l’origine dès la naissance. Il doit être alors bien difficile au cerveau du nourrisson de symboliser les données nécessaires au développement harmonieux de son activité cognitive. Comment donner sens à une souffrance présente immédiatement dès la naissance si les mots manquent. On voit ainsi de très jeunes bébés se laisser dépérir ou tomber malades parfois gravement et comme l’a montré Françoise Dolto, renoncer à leurs symptômes dès que quelqu’un leur dit leur histoire, les raisons de l’abandon et également le projet d’avenir conçu pour eux.

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