Dépression vraie

Dépression vraie : Définition

La dépression est un trouble de l’humeur qui s’accompagne d’une détresse morale parfois très intense. La maladie peut survenir une seule fois, ou bien se répéter au cours de la vie voire devenir chronique. Les sentiments éprouvés durant ces périodes sont certes communs (tristesse, abattement, découragement, pessimisme...), chacun d’entre nous les éprouve sa vie durant. Mais dans le cas du déprimé, ils sont particulièrement intenses, quotidiens et surtout durables. Selon sa gravité, la dépression bouleverse plus ou moins profondément le comportement du malade dans ses activités quotidiennes, ses relations avec autrui.
Un cas à part la dépression saisonnière
La dépression saisonnière apparaît à l’automne et disparaît au début du printemps. Cette forme particulière de la maladie serait due aux changements de certains rythmes physiologiques (appelés circadiens). Ceux-ci sont régulés par la lumière et notamment la longueur des jours. Pour cette dépression très particulière le traitement est non moins particulier : la photothérapie ou luminothérapie.
Chez l’enfant et l’adolescent
Si la tranche d’âge la plus touchée par la maladie est celle des 40-65 ans, les moins de 16 ans n’y échappent pas. Plus le patient est jeune, plus la maladie est difficile à déceler. L’entourage confond souvent la dépression avec la crise d’adolescence et retarde la prise en charge. Cette dernière relève beaucoup de la psychothérapie car chez les plus jeunes l’usage des antidépresseurs est plus limité. Les conséquences de la maladie ne varient pas avec l’âge. Chez l’enfant et l’adolescent, la dépression pourrait être évitée car les symptômes peuvent éveiller les soupçons. Par son discours le jeune déprimé exprime le mal qui l’habite. C’est la répétition de phrases telles que : j’m’en fous , j’y arrive pas, c’est trop dur , personne ne m’aime . L’adolescent, à tendance à montrer un caractère anormalement irritable. Chez les plus jeunes la dépression est plutôt caractérisée par l’inertie et la faiblesse des contacts sociaux. Les troubles de l’alimentation et du sommeil, comme chez l’adulte peuvent être des symptômes de la dépression. La chute brutale des résultats scolaires ou bien la consommation d’alcool et de drogues doivent attirer l’attention de l’entourage.
Chez la personne âgée
De même à l'autre extrémité de la vie la dépression peut s'exprimer de manière très différente de l'adulte, par exemple au travers de plaintes corporelles, un laisser-aller, une agressivité...

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Dépression vraie : Causes

Il n’y a pas de cause unique et avérée de la dépression. Différents facteurs contribuent à la provoquer ou augmentent le risque de la voir apparaître.
Les facteurs physiques sont de plus en plus considérés. La découverte, par hasard, des médicaments antidépresseurs puis la compréhension de leur mécanisme, à permis d’établir le rôle des neurotransmetteurs dans la dépression mais reste très mal compris. Les facteurs génétiques de la maladie sont de plus en plus évoqués. C’est particulièrement le cas de la dépression bipolaire ou maniacodépression. Des études montrent une augmentation du risque de cette forme de dépression dans les familles dont l’un des membres est atteint.
La consommation de drogues et d’alcool est un facteur éventuellement déclenchant de la dépression.Le recours aux drogues (alcool et héroïne notamment) n’est pas un comportement rare chez les déprimés. L’alcool permet au malade de se désinhiber. Mais il n’y a aucune certitude sur le sens du lien causal : est-ce la dépression qui favorise la toxicomanie ou l’inverse ? Les études constatent seulement une forte prévalence des troubles de l’humeur chez les héroïnomanes.
Les différents visages de la dépression
On distingue les différentes dépressions selon leur cause première. Si la dépression fait suite à un événement la dépression est dite réactionnelle. Cette forme de la maladie est la plus courante. Lorsque la cause est interne au malade, la dépression est dite endogène. Il s’agit là des formes les plus rares mais aussi les plus graves de la dépression.
Les dépressions réactionnelles
- Une situation de stress, un deuil, un divorce, et d’une manière générale tous les événements émotionnels traumatisants perturbent l’humeur et selon les personnes, peuvent entraîner une dépression.
- Certaines femmes peuvent présenter, après l’accouchement, un syndrome dépressif. Cette dépression est qualifiée de post-partum ou de baby blues. Le plus souvent la jeune mère aura une réaction dépressive légère et passagère.
Plus rarement une psychose ou une dépression mélancolique peut se manifester. Cette dépression s’expliquerait par la chute hormonale consécutive à l’accouchement mais aussi comme une réaction à un événement fort sur le plan émotionnel.
La santé mentale de la mère n’est pas sans influence sur le nourrisson. Déprimée, la mère se montre moins disponible, elle prend moins soin de son bébé. Face à ce comportement et à l’absence d’affection, le nourrisson ou le jeune enfant adopte un comportement identique à celui de la mère : évitement du contact avec la mère, indifférence.
L’enfant montre aussi une difficulté à s’adapter à un nouvel environnement comme la crèche. La dépression tant de l’enfant en bas âge que celle de l’adolescent présente les même traits que la dépression de l’adulte, mais elle est beaucoup moins décelable.
Les dépressions endogènes
- Différentes pathologies psychiatriques, névroses, psychoses, peuvent être transitoirement accompagnées de dépression.
- La psychose maniacodépressive : C’est dans ce cadre que l'on rencontre la mélancolie, forme de dépression la plus grave. Affecté par cette pathologie, l’humeur du malade passe d’un extrême à l’autre. Les phases de dépressions alternent avec des phases maniaques. Celles-ci sont caractérisées par une absence d’inhibitions, une exaltation de l’humeur, un accroissement de l’activité. L’envers exact et non moins pathologique de la dépression.
- Notons enfin que certaines maladies (maladie de Parkinson, maladie d’Alzheimer débutante...) ou situations physiologiques (ménopause) particulières peuvent entraîner un authentique état dépressif.

Dépression vraie : Symptomes

Les symptômes sont à la fois psychologiques et physiques. Ensemble, ils traduisent une baisse de l’énergie vitale.
Les principaux symptômes de la dépression sont :
- Perte du plaisir dans les activités habituellement agréables
- Diminution des envies, difficulté à faire des projets
- Fatigue ou perte d’énergie
- Hyperactivité ou ralentissement des activités
- Sommeil perturbé (insomnie ou hypersomnies)
- Troubles de l’alimentation, perte de poids
- Angoisse
- Sentiment de culpabilité
- Humeur triste ou vide
- Autodévalorisation
- Baisse des performances intellectuelles
- Diminution de l’activité sexuelle
- Pensées suicidaires
Le déprimé est la proie d’inhibitions psychologiques. Le malade montre un désintérêt pour les activités quotidiennes, une absence de goût pour les plaisirs et les relations affectives. Avec la culpabilité et le sentiment d’inutilité qui s’instaurent, le déprimé se dévalorise ainsi que ses actes souvent marqués par l’indécision. Les capacités intellectuelles sont diminuées et la concentration est plus difficile.
Les dépressions les plus graves sont caractérisées par des pensées suicidaires. Le suicide n’est pas forcément lié à la dépression mais il en est la complication majeure. La maladie peut entraîner une souffrance morale et un isolement tels que le patient passe à l’acte. La tentative de suicide peut être aussi un moyen d’appeler à l’aide, d’attirer l’attention. On évoque donc parfois des suicides délibérément ratés. Ces tentatives de suicides sont parfois suivies de récidives fatales.

Dépression vraie : Examens

Le diagnostic est uniquement clinique, et sera établi de préférence par un psychiatre, en général après plusieurs séances. Il existe diverses tests et échelles d'évaluation, comme Le Mini International Neuropsychiatric Interview, un outil diagnostique de la dépression par entretien, mais ils n'ont de véritable intérêt que dans les travaux de recherche. Le questionnaire permet d’obtenir une évaluation de l’état dépressif. Lorsque des examens complémentaires sont demandés, c'est uniquement à la recherche d'une cause "organique" (par ex : bilan thyroïdien) ou avant de proposer certains traitements.

Dépression vraie : Traitements

La prise en charge de la maladie dépend essentiellement d’une prise de conscience et d’une démarche volontaire de la part du malade. Le traitement de la dépression emprunte deux voies : l’approche médicamenteuse avec le recours aux antidépresseurs et les psychothérapies. Quelle que soit la forme de ces dernières (analyse, thérapie d’inspiration psychanalytique, comportementale ou de groupe), elles seules peuvent dans certains cas résoudre les troubles d’ordres psychologiques. Le choix d’un thérapeute est strictement personnel, mais il faut se souvenir que seuls les psychiatres et les médecins généralistes, peuvent prescrire des antidépresseurs contrairement aux psychologues et aux psychanalystes. La thérapie peut être suffisante, en l’absence de pensées suicidaires, à traiter la dépression. Dans les autres cas, ne pas avoir recours aux médicaments revient à se priver d’un secours précieux.

L’électroconvulsivothérapie, ou ECT
Anciennement appelé électrochoc, l’ECT est utilisée en France depuis les années 40 et à été grandement améliorée. Elle est utilisée pour le traitement des dépressions aiguës et des maniacodépressions, toujours en dernier recours quand les antidépresseurs ont échoué ou en cas d’intolérance médicamenteuse. Plus rapide que les médicaments dans ses effets antidépresseurs, l’ECT est aussi le moyen de prévenir le risque de suicide à court terme.
Efficace chez près de 80% des patients, le traitement par ECT nécessite entre 4 et 20 séances d’une dizaines de minutes chacune. Réalisée sous anesthésie générale, l’ECT requiert un dispositif médical complexe, qui permet une sécurité maximale. Le principal effet secondaire de l’ECT est une légère amnésie (le malade ne se souvient pas de la séance) accompagnée de nausées et de maux de tête rarement présents plus de 24 heures.

Les différents antidépresseurs
L’arrivé du Prozac® en France à la fin des années 80 et son rapide succès commercial, a fait de cet antidépresseur un véritable phénomène de société.
Quoiqu’il en soit tous les antidépresseurs actuellement utilisés ont pour effet d’augmenter la quantité de ces substances libérées dans les connections entre les neurones, autrement dit les synapses, soit à empêcher leur dégradation. Paradoxalement l’un des premiers effets des antidépresseurs est d’augmenter le risque de suicide. En effet, avant d’améliorer l’humeur des dépressifs, ces médicaments lèvent les inhibitions comportementales. Au début du traitement, le malade reste déprimé, mais retrouve la force de mettre fin à ses jours.
Ils existent trois grandes catégories d’antidépresseurs :
Les antidépresseurs tricyclique s : Elavil® (amitriptyline), Topranil® (imipramine), Anafranil® (clomipramine), Pertofran® (désipramine), Prothiaden® (dosulépine), Ludiomil® (maprotiline), Kinuprinil® (quinupramine), Surmontil® (trimipramine).
Ils doivent leurs noms à leur structure chimique. Ils sont jugés très efficaces, en particulier dans les dépressions dites endogènes. Leurs effets secondaires sont nombreux mais ils restent le plus souvent bénins. Ils peuvent entraîner des réactions anxieuses, l’humeur du malade peut s’inverser et le conduire vers un état maniaque. Sur l’organisme, les effets secondaires possibles sont les suivants : sécheresse buccale, baisse de la tension artérielle et certains troubles du rythme cardiaque. Enfin, le surdosage de ces médicaments est particulièrement dangereux, notamment chez des malades au risque suicidaire élevé comme nous venons de le voir.
Les inhibiteurs de monoamine-oxydase ou IMAO : Humoryl® (toloxatone), Moclamine® (moclobemide), Marsilid® (iproniazide)).
La monoamine-oxydase est une enzyme dont le rôle est de dégrader les substances (les amines) qui transmettent l’influx nerveux. Les premiers IMAO ne sont plus utilisés du fait de leur toxicité. Ils entraînent de nombreux effets secondaires, en particulier quand la prise du médicament est associée à la consommation d’alcool. Les IMAO favorisent l’hypertension et interdisent la consommation de certains aliments. Aujourd’hui sont utilisé les IMAO dits sélectifs, qui ne provoquent pas de problèmes cardiaques ni d’interactions alimentaires ou médicamenteuses.
Les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine ou IRSS : Prozac® (fluoxétine), Zoloft® (sertraline), Deroxat® (paroxétine), Seropram® (citalopram), Floxyfral® (fluoxamine)).
Apparus en 1988, ces antidépresseurs sont aussi qualifiés de sérotoninergiques car ils augmentent la concentration de sérotonine qui circule d’un neurone à l’autre. Leur mode d’actions permet à cette molécule d’être échangée plus librement sans être recaptée par le neurone émetteur. Les IRSS remplacent avantageusement les IMAO car ils s’appliquent à toutes les formes de dépressions tout en ayant peu d’effets secondaires et aucune toxicité cardiaque. Ce sont les médicaments les plus prescrits en médecine de ville. Le plus célèbre étant le Prozac® (fluoxétine).Parmi les effets indésirables on note des troubles digestifs (nausées, constipations, anorexie, vomissements) et des problèmes de sevrage. L’arrêt des prises se fait donc graduellement.

Les autres antidépresseurs
Les antidépresseurs de dernières générations agissent sur plusieurs amines (dopamine et sérotonine) dans le même temps et par la même seraient plus efficaces, mais leur véritable balance bénéfice / risque reste encore mal définie. Moins connus du public mais très utilisés, les sels de lithium permettent d’augmenter la quantité de sérotonine transmise. Ils sont surtout utilisés dans le traitement de la maniacodépression. Pour cette maladie, le recours aux antidépresseurs permet seulement de réduire les symptômes dépressifs. Le lithium, permet quant à lui, de contrôler également l’état maniaque.

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