Diabète : la maladie qui entraîne 9000 amputations par an

Diabète : la maladie qui entraîne 9000 amputations par an© iStock

L'amputation d'un membre inférieur est un risque important pour les personnes diabétiques et pas assez anticipée, selon la Fédération française des diabétiques. 

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A l'occasion de la Journée nationale de la Santé du Pied le 8 juin dernier, la Fédération Française des diabétiques (FFD) a rappelé qu'une personne diabétique a 7 fois plus de risque d’être amputée par rapport à une population en bonne santé. L’Assurance Maladie avance, elle, le chiffre de 9000 amputations du pied enregistrées chaque année en France parmi les diabétiques.

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Des plaies qui cicatrisent moins bien chez les diabétiques

La FFD souhaite alerter sur le fait qu’un diabète déséquilibré peut être dommageable pour les nerfs et les artères du pied , entraînant de graves complications pouvant aller jusqu’à l’ amputation . "Les artères des jambes se bouchent, diminuant l'apport en oxygène aux pieds. Résultat, les plaies s'étendent et ne cicatrisent pas, l'amputation est alors le dernier recours" explique-t-elle sur son site. Aujourd'hui, la prévention et l'information de ce risque d'amputation doivent être renforcées auprès des patients et des professionnels. "A l'origine d'une plaie infectée ou d'une gangrène, il y a le plus souvent : une petite blessure qui aurait pu être évitée et provoquée par : une chaussure (ampoule due au frottement d’une chaussure neuve), un ongle mal taillé ou un durillon" ajoute l'association. Elle demande une consultation de prévention par an pour toutes les personnes diabétiques chez les personnes conventionnées ainsi que le remboursement de cette prévention pour tous les diabétiques.

Le staphylocoque doré pour réduire le nombre d’amputations

En 2016, l’Inserm a mené des recherches sur le staphylocoque doré , publiées dans The Journal Of Infection Disease. Cette bactérie peut être aussi inoffensive que pathogène . Les scientifiques se sont intéressés aux ulcères de pieds diabétiques et ont découvert la présence d’un prophage : ROSA-like . Il s'agit, selon l’Inserm, d'une particule d’ADN capable d’ infecter certaines bactéries et qui confère au staphylocoque doré la possibilité de ne pas surinfecter les plaies . Le prophage maintient le micro-organisme dans un état inoffensif .
Jean-Philippe Rasigade, auteur principal de l’étude, explique dans un communiqué : ‘’ "Il y a toutes les raisons de croire que ce mécanisme est identique quelle que soit la nature et la localisation de la plaie . S'il est confirmé que ce prophage est absent de toutes les souches de S. aureus* invasives, il constituerait à la fois un marqueur prédictif du risque d'infection et une cible potentielle pour développer de nouveaux traitements antibiotiques ". De son côté, le p rofesseur Jean-Philippe Lavigne a confirmé : "La prise en charge des ulcères du pied diabétique peut être difficile et la question de traiter ou non la plaie avec un antibiotique , afin de prévenir les complications , se pose souvent. Si nous confirmons ces résultats à travers des études complémentaires, il serait ensuite possible d 'imaginer la mise au point d'un test prédictif très simple à réaliser à partir d'un prélèvement local de bactérie ". Il permettrait d'identifier les personnes ayant un risque de complications et de leur prescrire un antibiotique approprié .

* staphylocoque doré

Vidéo. Le staphylocoque doré : un ennemi à 2 visages

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