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Quelle est cette force qui nous pousse à n’envisager la question que sous l’angle exclusif de l’intérêt de la mère en opposition à celui de l’enfant ou l’inverse ? Comme si la naissance instaurant le tiers symbolique poussait à transformer ce symbolique en réel, séparateur de la mère et de l’enfant. C’est la projection imaginaire que ce type de naissance provaque en chacun de nous qui nous pousse à nous substituer aux parents jugés manquants, voire défaillants. Ainsi nous sommes contraints à nous situer en position d’une parentalité potentielle de cet enfant coupé de son origine, de sa filiation, de sa lignée, gravitant en apesanteur dans le champ des fantasmes parentaux de chacun. Que nous le voulions ou non, nous sommes tous prêts à occuper la place laissée vacante par les parents de naissance, ceci parce que l’humain ne peut supporter que les lois qui organisent la société aient le pouvoir d’effacer une identité. Les réactions ainsi observées ne sont pas pour autant forcément "généreuses". Elles sont parfois même négatives et rejetantes, moralisantes la plupart du temps sous couvert de réparation d’un préjudice jugé à l’emporte pièce.

Un jour, une mère ayant accouché au secret, refusa de voir le bébé à la naissance. L’interne, de la même origine qu’elle, ne supportait pas l’idée qu’une femme de sa communauté, (communauté réprouvant l’abandon), puisse, sous couvert de l’anonymat et du secret s’autoriser à le faire, déboula en salle d’accouchement. Il mit de force le bébé dans les bras de sa mère et lui dit combien l’enfant était magnifique, qu’il lui fallait absolument le regarder et le tenir contre elle.

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Une autre fois, c’est un anesthésiste qui, jugeant une très jeune accouchée au secret trop frustre pour comprendre le déroulement d’un accouchement sous péridurale, estima ne pas devoir lui prescrire ce type d’anesthésie ! Devait-elle obligatoirement souffrir pour payer l’abandon ? C’est la sage-femme elle-même qui dut intervenir dans ce cas pour obtenir ce que n’importe quelle femme obtient dans un autre contexte que celui de l’accouchement au secret, et la péridurale fut faite.

Une autre fois encore, c’est un officier d’état-civil qui pris sur lui de refuser le prénom de Mohamed donné par une accouchée au secret à son enfant, parce qu’il jugeait ce prénom trop "typé" et que "le pauvre enfant avait déjà bien assez d’ennuis comme cela" !

Ou encore une infirmière qui appelait continuellement "mon pauvre petit" un bébé abandonné dont elle s’occupait : comment parvenir par la suite à ne plus se considérer comme pauvre ni petit !

Une pédiatre de la maternité s’est un jour confiée à moi, émue par ce qu’elle venait de vivre. Alors qu’elle accompagnait un bébé X qui venait de naître vers le service de pédiatrie, une étrange expérience suscitée par la présence de l’enfant dans ses bras lui arriva. Elle se sentit petit à petit happée par la position fantasmatique où la plaçait le bébé et se mit à lui tenir des propos qu’elle-même ne contrôlait plus. S’adressant à lui, elle lui dit : " Mon pauvre enfant, je vais t’emmener chez moi, t’élever avec les miens, tu auras une bonne famille où tu grandiras heureux, où tu trouveras l’amour dont tu as besoin..etc.." Probablement interpellée dans son identité maternelle par son origine commune avec la mère du bébé, ce médecin des plus aguerries était sortie de sa position professionnelle. Quelque chose de suffisamment fort cependant lui permit d’atteindre le service de pédiatrie, d’y confier l’enfant et de fuir l’attraction irrésistible qu’il exerçait sur elle. Dans sa confusion elle oublia même de signaler que la mère du bébé était diabétique, ce qui nécessitait une surveillance particulière de son fils dans les jours suivants la naissance. Revenue à la maternité et se remettant de ses émotions elle prit conscience de la situation et rectifia à temps l’omission.

Quelle force peut troubler à ce point les professionnels ?

Celle générée par une loi qui place l’être humain en dehors de la structure sociale langagière dans laquelle il évolue. Celle où la mère retrouve l’accès aux transgressions identificatoires d’une louve, animal prêt à allaiter Romulus et Rémus sans autre forme de procès. Mais l’homme est avant tout un animal parlant et ne peut pas y déroger, ni déroger aux lois qui fondent sa société.

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