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Chez la femme...

Chez la femme ménopausée, les signes résiduels des turbulences physiologiques passées sont très variables. Si la trophicité des organes génitaux est a priori la plus exposée (tendance à l’atrophie vulvaire, sécheresse vaginale, etc.), la généralisation des traitements hormonaux de substitution est de nature à maintenir un confort fonctionnel tout à fait compatible avec la poursuite des pratiques érogènes. De même, la régression du volume des seins (s’il y a lieu) n’expose nullement à la réduction de leur sensibilité. Dans les cas moins favorables néanmoins, le praticien ne sera pas systématiquement informé de la "démission" coïtale d’une patiente âgée parce que ce type de plainte demeure encore taboue. Faisant le pendant des clichés populaires qui affectent les stéréotypes sexuels masculins, la libido féminine est exagérément cantonnée à l’exercice idéalisé des pénétrations vaginales. Or, atténué par la fatigue des troubles mictionnels, des déficits neurosensoriels, des séquelles post chirurgicales ou des affections neuromusculaires et rhumatismales, par exemple, le coït n’est plus la panacée. L’aspect "gymnique" du dialogue érogène se heurte à de trop nombreux handicaps, petits et grands, pour que ses promesses d’évasion délicieuse soient tenues...

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À l’inverse, il est bien connu que les apprentissages, qui aboutissaient à l’orgasme dans le passé, ne sont pas perdus. Le clitoris, notamment, maintient son pouvoir érogène d’un bout à l’autre de l’existence des femmes qui ont eu la chance de le découvrir. Tenant compte de l’inconfort plus ou moins pénible que déclenche le coït, comme je viens de le rappeler, on comprend mieux pourquoi des femmes âgées ne retiennent de leurs habitudes passées que la masturbation pour aboutir à une satisfaction physique apaisante. On s’en doute, on les devine bien fondées, mais combien ces issues autoérotiques du besoin de jouir restent censurées.

En vieillissant, l’érotisme féminin élit d’autres pratiques que celles qui ont labellisé sa "maturité sexuelle". L’exploration des marges, des à-côtés du coït, des scénarios attendrissants... devient vitale pour de nombreuses compagnes encore motivées. Pour les couples les plus favorisés, jouir est donc un acte anticonformiste, la mise hors-jeu des normes qui ont si longtemps limité leur créativité. En d’autres termes la caresse, le "prélude", retrouvent une seconde jeunesse, et le "flirt" est prescrit en première intention, en amont des prises en charge pharmacologiques ! L’idéologie de performance va donc à rebrousse-poil des réels besoins de plaisir et d’amour des femmes âgées. Dépister l’involution du désir féminin transite donc par un entretien, aussi précis que respectueux de la pudeur de chacun, mettant à jour ce niveau d’adaptation et d’autodéfense face aux injonctions sociales.

Au total, de deux choses l’une : d’un côté, les pratiques coïtales demeurent "l’étalon or" de la sexualité féminine tout au long de l’existence ; de l’autre, la liberté d’expression des besoins et de l’imaginaire sexuels échappe à toute nomenclature "clinique". Dans le premier cas, le verbiage médical y trouve sa raison d’être autour des symptômes de dyspareunie, de dysorgasmie, de raréfaction des "rapports", de frigidité... offrant un condensé de l’assujettissement des femmes au consumérisme médical jusqu’aux marches de leur lit conjugal. C’est dans le second que les praticiens peuvent magnifier les ressources érotiques féminines en leur donnant droit de cité, en les inscrivant dans un projet de survie relationnelle, agrémentée si besoin est de satisfactions orgastiques.

Dr Jacques Waynberg

Le bonheur médicalement assisté ?

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