Définition : qu'est-ce qu'un AVC ?

Un accident vasculaire cérébra l (AVC) arrive lorsqu’une partie du cerveau est soudainement privée de sang. C'est un accident qui survient de manière brutale en lien avec un problème vasculaire des vaisseaux du cerveau, que ce soit par une rupture d'un vaisseau (hémorragie) ou par une occlusion d'un vaisseau. Il existe deux sortes d’AVC : les ischémiques et les hémorragiques. Ce genre d’accident arrive généralement chez des personnes présentant des facteurs de risque.

Dans le langage courant, on appelle cet accident une "attaque cérébrale". Il désigne une perte soudaine de la fonction du cerveau dû à un arrêt brutal de la circulation sanguine à l’intérieur même du cerveau.

Un manque d’irrigation du cerveau le prive en oxygène et en élément nutritif. Ce manquement entraîne la mort des cellules cérébrales dans la zone concernée.

Cet accident est plus ou moins grave : cela dépend grandement de l’étendue des zones touchées.

Photo : scanner cérébral montrant un AVC ischémique de l'hémisphère droit 

Définition : qu'est-ce qu'un AVC ?© Creative Commons

Crédit : Lucien Monfils- - © CC - Licence : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/

Accident ischémique transitoire (AIT) : le "mini AVC" qui peut passer inaperçu

L'accident ischémique transitoire (AIT) n'est autre qu'un accident vasculaire cérébral (AVC). Il est également dû à un caillot sanguin qui obstrue la circulation sanguine cérébrale. Or, dans le cas d’un AIT, aucune lésion cérébrale n’est visible aux examens radiologiques et les séquelles sont moins importantes. Si on a tendance à l'appeler "mini AVC", il constitue toutefois une urgence, car il peut être révélateur d'un AVC qui surviendra dans la semaine.

Si vous êtes victime d'un AIT, les symptômes seront plus légers que celui d'un AVC. "Ils durent généralement moins d'une heure et peuvent même passer inaperçu", rapporte les Hôpitaux Universitaires de Genève.

Les principaux symptômes d'alertes d'un accident ischémique transitoire sont :

  • Une vision floue ;
  • Une perte de vue sur un œil (ou les deux) ;
  • Un engourdissement d'un côté du corps, des jambes, mains ou pieds ;
  • Des difficultés àcl trouver des mots ;
  • Une perte de mémoire soudaine ;
  • Des chutes ;
  • Des maux de tête.

Rassurez-vous, ces signes ne traduisent pas nécessairement un AIT. Or, ils doivent amener à une consultation en urgence, surtout si vous en cumulez trois.

Chiffres : l'Accident Vasculaire Cérébral (AVC) est-il fréquent ?

Selon l'assurance maladie, chaque année, environ 150 000 personnes sont victimes d’un AVC. Plus de 110 000 d’entre elles sont hospitalisées et 30 000 en décèdent. Ce genre d’accident représente la troisième cause de mortalité chez l’homme et la première chez la femme.

C'est un accident à prendre au sérieux : on compte plus de 25 % de décès dans les trois mois qui suivent un AVC, affirme le docteur Alexandre Croquelois. 

Symptômes : comment reconnaître un AVC ?

Un AVC est une urgence médicale, il est donc primordial d’en reconnaître les symptômes. Ils peuvent être divers, car dépendent principalement de la localisation de la lésion, chaque partie du cerveau ayant sa spécialité propre : mouvements, langage, vision, sensibilité… Certains signes doivent cependant vous alerter :

  • Faiblesse musculaire ou paralysie d’un ou de plusieurs membres ou du visage, généralement d’un seul côté du corps (ce que l’on appelle hémiplégie) ;
  • Perte de sensibilité ou engourdissement d’un ou de plusieurs membres ou d’une partie du visage ;
  • Trouble du champ visuel, de la vue, perte de la vision d’un œil (appelée cécité unilatérale) ou de la moitié du champ visuel pour chaque œil (hémianopsie) ou vue double (diplopie) ;
  • Trouble du langage, déviation de la bouche ;
  • Difficulté à s’exprimer. Soit parce qu’il est difficile pour la personne d’articuler ou de trouver ses mots, soit en raison d’une utilisation des mots incompréhensibles ou une difficulté à comprendre ce que l’on entend ;
  • Troubles de l’équilibre ou de la coordination des membres ;
  • Trouble de la vigilance pouvant aller jusqu’au coma ;
  • Mal de tête brutal et inhabituel.

"Les symptômes apparaissent en fonction de la zone touchée, nous rappelle le neurologue Alexandre Croquelois. Certaines personnes vont présenter des troubles du langage sans forcément penser tout de suite à un AVC, car elles ne ressentent aucune faiblesse musculaire d'un côté. C'est ce qui rend le diagnostic difficile. Il y a eu des campagnes pour apprendre à reconnaître les différents symptômes." 

Quelles sont les causes de l'AVC ?

Il existe deux types d’accidents vasculaires cérébraux. Tous deux ont des causes différentes :

Les causes de l’accident vasculaire cérébral ischémiques

C’est le type d’accident le plus courant, il arrive dans plus de 80 % des cas. Dans ce cas de figure, l’arrêt de l’arrivée du sang dans le cerveau est dû à un caillot qui bouche une artère censée irriguer le cerveau. On parle d’AVC ischémique ou d’infarctus cérébral.

La cause de celui-ci : l’athérosclérose. Il s’agit d’une accumulation de lipides (corps gras, essentiellement cholestérol) formant une plaque d’athérome sur la paroi interne de l’artère. Cette paroi interne réduit drastiquement la place laissée au sang pour circuler dans l’artère. Cette plaque accumulée à l’intérieur de l’artère favorise la formation de caillots. Dans certains cas, un morceau de cette plaque peut se détacher et prendre la direction d'une des artères qui irrigue le cerveau, et la boucher.

Photo : représentation d'une artère affectée par l'athérosclérose

Les causes de l’accident vasculaire cérébral ischémiques© Creative Commons

Crédit : Manu5 — http://www.scientificanimations.com/wiki-images/ - © CC - Licence : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/

Le caillot responsable de l’accident vasculaire cérébral peut également se former à distance. Il peut, par exemple, être formé dans le cœur et remonter ensuite, avec le sang, jusqu’au cerveau. Cela peut survenir lorsque le cœur bat rapidement et de manière irrégulière. On parle alors de fibrillation auriculaire.

Les causes de l’accident vasculaires cérébral hémorragique

Pour les 20 % des cas restants, il s’agit d’un accident vasculaire cérébral hémorragique. C’est-à-dire que l'AVC survient suite à la rupture d’une artère cérébrale provoquant ainsi un saignement dans le cerveau. La raison principale de ce type d’accident : une tension artérielle trop élevée.

Quels sont les facteurs de risques d'AVC ?

Il y a des risques sur lesquels le patient peut agir, et d’autres sur lesquels il ne peut pas.

Les facteurs de risques sur lesquels il est possible d’agir :

  • Le diabète

Le diabète augmente le risque d’hypertension artérielle, de rétrécissement des artères (athérosclérose), de maladie coronarienne et d’AVC. Les personnes diabétiques présentent un risque accru de maladies du cœur et d'AVC. 

  • L'hypertension artérielle

L’hypertension artérielle est le premier facteur de risque modifiable d’AVC. Une tension trop élevée multiplie le risque d’accident vasculaire cérébral par neuf. En effet, lorsque la pression est élevée dans les vaisseaux, elle peut, soit favoriser une hémorragie par rupture du vaisseau (AVC hémorragique), soit favoriser la formation de la plaque d’athérome qui va boucher le vaisseau et provoquer un infarctus cérébral (AVC ischémique). Il est donc important de surveiller sa tension régulièrement. Si elle est trop élevée, le patient peut réduire sa consommation de sel, manger équilibré et faire de l’exercice, au moins trente minutes par jour.

Photo : tensiomètre électronique en mesure directe sur poignet

Les facteurs de risques sur lesquels il est possible d’agir :© Creative Commons

Crédit : LITTLEJAZZMAN - © CC - Licence : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/

  • La fibrillation auriculaire

Souffrir de fibrillation auriculaire augmente de cinq fois le risque de faire un AVC. La fibrillation auriculaire favorise en effet la formation de caillots dans les oreillettes du cœur qui peuvent ensuite passer dans la circulation générale. Si un caillot vient à obstruer une artère du cerveau, l'AVC peut se produire. Les accidents vasculaires cérébraux survenant chez les patients souffrant de ce trouble sont généralement graves et affichent un taux de mortalité et de récidive supérieur aux autres.

  • Le tabagisme

L’un des grands facteurs de risque. Rapidement, le tabagisme favorise le rétrécissement des artères et la formation de caillot. La fumée de tabac favorise le spasme coronaire (contraction spontanée d'une artère coronaire, de durée variable, pouvant aller jusqu'à son occlusion). Le tabagisme entraîne l’augmentation de la viscosité du sang et le renforcement de fibrinogène (protéine présente dans le plasma sanguin et fabriquée par le foie) ce qui participe à la formation de caillots dans les artères.

  • Le cholestérol élevé

Un taux élevé de "mauvais" cholestérol constitue un facteur de risque important d’infarctus du cœur et du cerveau. Il va entraîner l’accumulation de plaques de graisse le long des parois des artères qui entraînera leur obstruction. En cas de "mauvais" cholestérol, le médecin prônera une alimentation diététique et une activité sportive régulière (à raison de quelques heures par semaine). Il est conseillé de consommer des légumes (cinq portions par jour) et de favoriser ceux riches en antioxydants.

  • L'obésité et le surpoids

L’excès de poids augmente la tension artérielle, favorise un excès de cholestérol et du diabète.

Il a déja été démontré que les aliments et boissons transformés et sucrés augmentaient le risque d'infarctus et d'AVC jusqu’à 20%. Or, les boissons light seraient toutes aussi nocives pour le système cardiovasculaire, selon une nouvelle étude française menée par des chercheurs de la Sorbonne.

L’équipe de chercheurs s’est penchée sur la consommation de boissons contenant des sucres artificiels chez plus de 100 000 personnes. Il s'agit des boissons avec des édulcorants sans calories et de boissons contenant au minimum 5% de "vrai" sucre. L’analyse de leurs données a montré que les consommateurs de boissons sucrées, qu’il s’agisse d’édulcorants ou de vrai sucre, avaient des risques plus importants de rencontrer des problèmes cardiaques ou des AVC.

Une autre étude a également démontré le rôle des aliments frits dans la survenue d'AVC. Les aliments frits, même consommés avec modération, seraient néfastes pour le coeur. Les résultats de la méta-analyse (dans laquelle 19 études ont été incluses) de chercheurs de l'École de médecine de l' Université de Shenzhen, en Chine viennent d'être publiés dans la revue Heart du British medical journal.

Et pour cause, les aliments frits comme les nuggets ou encore les frites contiennent de grandes quantités de graisses alimentaires et entraînent un apport énergétique excessif, ce qui peut augmenter le risque de maladies cardiovasculaires. En outre, un apport plus élevé d'acides gras trans générés à partir des huiles végétales hydrogénées utilisées pour la friture est également est également néfaste pour le coeur. 

La friture peut augmenter les niveaux de produits d'oxydation du cholestérol impliqués dans la réponse inflammatoire et le stress oxydatif. Les chercheurs soulignent aussi que les aliments frits consommés dans les fast-food sont généralement riches en sodium ajouté, et un apport élevé en sel augmente le risque de maladies cardiovasculaires. 

  • Le manque d’activité physique

La sédentarité n’est pas bonne pour le cœur ! Elle augmente le risque de maladie coronarienne et de diabète. L’absence d’activité physique diminue également le taux de bon cholestérol présent dans le sang. Au contraire, pratiquer un sport régulièrement maintient le cœur et la circulation sanguine en bonne forme.

Une étude publiée en août 2021 par l'American Heart Association, démontre que les adultes de moins de 60 ans dont les journées sont remplies de loisirs sédentaires et donc de temps passé assis sans activité physique ont un risque d'AVC beaucoup plus élevé que les autres. En effet, les participants ayant déclaré huit heures ou plus de loisirs sédentaires par jour présenteraient un risque d'AVC 4,2 fois plus élevé que ceux y passant moins de quatre heures quotidiennement.

  • L'alcool

Boire de l’alcool de manière excessive favorise le risque d’AVC hémorragique. L’alcool fragilise les petits vaisseaux qui deviennent rigides et poreux. Ils coagulent alors moins bien, ce qui favorise les hémorragies cérébrales.

Les facteurs de risques sur lesquels il n’est pas possible d’agir

  • L’âge

Le risque de faire un accident vasculaire cérébral augmente après 50 ans chez l’homme, après 60 ans chez la femme.

  • Les antécédents familiaux ou maladies cardiovasculaires

Le risque augmente si quelqu’un de votre entourage proche (père, mère, frère, sœur) a présenté un AVC de manière prématurée (avant 45 ans), si votre père ou votre frère a eu une maladie cardiovasculaire avant ses 55 ans ou si votre mère ou votre sœur a présenté une maladie cardiovasculaire avant ses 65 ans.

La ménopause précoce, source de risque d'AVC 

Une étude récente menée par The American Heart Association Journal suggère que les femmes ménopausées avant l'âge de 40 ans ont plus de risque de faire un accident vasculaire cérébral. 

Les scientifiques ont analysé les informations de 16 244 femmes ménopausées et âgées de 26 à 70 ans. Après avoir suivi ces dernières pendant près de 15 ans, ils ont découvert que les participantes ménopausées avant l'âge de 40 ans, avaient 1,5 fois plus de risque de subir un AVC ischémique (blocage d’un vaisseau sanguin) que celles dont l’arrêt des règles est apparu entre 50 et 54 ans.  

Les résultats de l’étude montrent également que la relation entre l’âge d’apparition de la ménopause et le risque d’AVC est plus importante lorsque l’arrêt des menstruations est naturel. En effet, les femmes qui subissent une ovariectomie, sont visiblement moins sujettes aux accidents vasculaires cérébraux.

Ces différences s'expliquent notamment par les fluctuations hormonales. La diminution du taux d’hormones (surtout des œstrogènes) dans l’organisme des femmes ménopausées entraîne généralement un affaiblissement du système cardiovasculaire et augmente donc la menace d’AVC. Si la ménopause survient précocement, les risques sont davantage accrus. Selon les experts, la t hérapie hormonale (prise artificielle d’hormones) peut être une solution pour limiter la survenue d’ischémie cérébrale et d’AVC. 

L'insuffisance rénale, facteur de risque d'un AVC ischémique

Dans une étude publiée en mars 2022 dans Neurology, des chercheurs du National Cerebral and Cardiovascular Center of Japan (Kinya Otsu) ont découvert que les patients présentant des indicateurs de mauvaise fonction rénale sont plus susceptibles de subir un AVC ischémique d’origine cardio-embolique, mais moins susceptibles de subir une occlusion des petits vaisseaux que les patients ayant une fonction rénale normale.

"L'utilisation d'une base de plus de 10 000 personnes de la Japan Stroke Data Bank nous a permis de montrer définitivement que de faibles taux de filtration et des niveaux élevés de protéines dans l'urine sont associés à l'AVC cardio-embolique, tandis que l'occlusion des petits vaisseaux était moins fréquente par rapport aux autres types d'AVC", précise Masatoshi Koga, deuxième auteur du papier.

L'endométriose augmente les risques d'AVC chez les femmes

Selon une recherche publiée le 21 juillet 2022 dans Stroke, la revue médicale mensuelle de l’American Heart Association, les femmes atteintes d’endométriose auraient plus de risques d’être victimes d’un AVC. Pour en arriver à ce constat, les chercheurs ont observé 112 056 femmes âgées de 25 à 42 ans au début de l’étude en 1989. 

Les scientifiques ont utilisé une laparoscopie (intervention chirurgicale permettant de voir les organes de l'abdomen) afin d’obtenir le diagnostic de l’endométriose chez les participants. Ils ont également pris en compte de nombreux facteurs tels que la consommation d’alcool, le tabagisme, l’activité physique, les contraceptifs et l’IMC (Indice de masse corporelle). Ces données étaient analysées tous les deux ans. Pendant les 28 années de l’étude, les chercheurs ont répertorié 893 cas AVC. 

Les résultats ont permis de détecter l'endométriose chez 5 244 femmes. Elles avaient un risque d’AVC supérieur de 34% à celles n’étant pas touchées par la maladie. 

"Ces résultats suggèrent que les femmes ayant des antécédents d'endométriose peuvent être plus à risque d'accident vasculaire cérébra l", a expliqué Stacey A. Missmer, auteur principal de l'étude et professeur d'obstétrique, de gynécologie et de biologie de la reproduction au Michigan State University College of Human Médecine.

AVC précoce : votre groupe sanguin peut augmenter les risques 

On le sait peu mais 10% des AVC surviennent chez des personnes de moins de 45 ans. On parle alors d'AVC précoce. Dans une récente étude publiée le 31 août dernier dans la revue Neurologyle risque de développer ou non ce type d'AVC pourrait être déterminé selon votre groupe sanguin En effet,  les chercheurs de la faculté de médecine de l’Université du Maryland (États-Unis) ont"examiné les profils génétiques des personnes et a trouvé des associations entre le groupe sanguin et le risque d'AVC précoce". Résultat, après ajustement en fonction du sexe et d'autres facteurs, les chercheurs ont découvert que les personnes de groupe sanguin A avaient un risque 16% plus élevé d'avoir un AVC précoce que celles des autres groupes. Au contraire, ceux du groupe sanguin O avaient 12% moins de risque.

"Nous ne savons toujours pas pourquoi le groupe sanguin A conférerait un risque plus élevé, mais cela a probablement quelque chose à voir avec des facteurs de coagulation du sang comme les plaquettes et les cellules qui tapissent les vaisseaux sanguins ainsi que d'autres protéines circulantes, qui jouent toutes un rôle dans le développement des caillots sanguins”, a déclaré le Dr Kittner, ayant participé à l'étude.

Quelles sont les personnes à risque d'AVC ?

Les hommes comme les femmes peuvent être touchés par un AVC. Les femmes ont un facteur de risques supplémentaire lié à la contraception orale.

De nombreuses personnes à risque peuvent être listées :

  • Les personnes ayant déjà eu un accident ischémique transitoire ou un AVC.
  • Les personnes atteintes d’un trouble cardiaque.
  • Les personnes diabétiques.
  • Les personnes qui souffrent de migraines.
  • Les personnes atteintes d’apnée du sommeil.
  • Les personnes dont un proche a été victime d’un accident vasculaire cérébral si ce dernier a eu lieu avant l'âge de cinquante ans.

Le syndrome métabolique augmente les risques de récidive

Selon l’analyse publiée dans la revue Neurology le 28 juillet 2021, les personnes présentant un syndrome métabolique ont à la fois plus de risque de subir un deuxième accident vasculaire cérébral et d’en mourir, que les autres. Ce syndrome se caractérise par un tour de taille plus important, une pression artérielle élevée, un excès de sucre et de triglycérides dans le sang et un taux bas de bon cholestérol. On parle de syndrome métabolique lorsqu’au moins trois de ces anomalies sont présentes.

Plus précisément, l'analyse révèle que les personnes atteintes du syndrome métabolique étaient 46 % plus susceptibles d'avoir un deuxième AVC que les personnes qui n'avaient pas ce syndrome. En examinant chaque composante de ces anomalies, les chercheurs ont découvert que c’est le faible taux de bon cholestérol associé à au moins deux autres composantes du syndrome métabolique, qui augmente les risques. L'excès de graisse abdominale, l'hyperglycémie et l'hypertension artérielle pris séparément ne sont pas directement associés à un risque accru de deuxième AVC.

Concernant les décès, les chercheurs précisent que les personnes présentant un syndrome métabolique sont 27 % plus susceptibles de mourir que les personnes sans syndrome.

Durée : combien de temps dure un AVC ?

La durée de l'hospitalisation après un AVC dépend des patients. Certains peuvent repartir après une semaine, en pleine forme. D'autres auront besoin de rééducation. Généralement, la durée de l'hospitalisation oscille entre cinq et sept jours en neurologie aiguë

L'AVC est-il contagieux ?

Il n’existe aucun risque de contagion.

Qui, quand consulter en cas d'AVC ?

Dès les premiers signes d’accident vasculaire cérébral, il est primordial de contacter le SAMU (15). L’opérateur vous indiquera alors une unité neurovasculaire ou un service d’urgence qui y est rattaché. Il faut garder à l’esprit qu’il est important d’agir le plus rapidement possible afin de limiter au maximum les dommages que pourraient causer ce type d’accident.

Quelles sont les complications de l'AVC ?

En fonction de la prise en charge d’un AVC et de la zone touchée, sa sévérité peut varier. Certains AVC qui régressent en quelques minutes ne laisseront pas de séquelles. Des plus graves peuvent conduire au décès en quelques heures ou quelques jours. D’autres encore laissent des séquelles définitives plus ou moins importantes.

Fréquemment, les séquelles que l’on peut observer chez les patients sont des troubles du langage oral et écrit, affectant l'expression et la compréhension. La plupart des victimes récupèrent leur capacité à marcher et se déplacer mais certains seront marqués et se déplaceront moins facilement qu’avant l’accident. La motricité de la main ou du bras peut également être affectée. L’âge du patient influe sur les capacités à récupérer entièrement. Si aucun "handicap" ne se voit, la victime pourra se sentir plus fatiguée, moins concentrée, légèrement anxieuse ou irritable. Il est important de prendre avec sérieux sa rééducation.

Quelles sont les complications de l'AVC ?© Capture Twitter

De plus, après un AVC les patients doivent affronter des risques de santé. Il faut impérativement être attentif à la survenue d’un nouvel AVC. Certaines mesures sont à mettre en œuvre pour prévenir une éventuelle récidive.

D’autres risques sont à prévenir :

  • La dépression : elle survient chez un peu plus d’un quart des patients dans l’année qui suit l’AVC. Elle altère la capacité du patient à récupérer correctement de son accident ;
  • Le déclin cognitif : le risque de développer une démence est multiplié par cinq après un AVC. Il est souvent lié à l’âge du patient ;
  • Les troubles de la marche et de l’équilibre : ils doivent être recherchés et anticipés pour éviter les risques de chutes ;
  • L'épilepsie : ces crises sont liées à la cicatrice cérébrale de l’AVC qui impose alors un traitement spécifique.

Troubles du sommeil : 7 fois plus de risques d’en souffrir après un AVC

Selon une récente étude canadienne, les troubles du sommeil pourraient être la séquelle d’un AVC. La recherche, menée par une équipe de la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa, a été publiée le 14 mars 2023 dans la revue Canadian Medical Association Journal.

Pour cette recherche, les scientifiques ont utilisé les données des personnes âgées de 18 ans et plus, ayant répondu aux modules du sommeil et des maladies chroniques du cycle 2017-2018 de l’Enquête de santé dans les collectivités canadiennes. Les participants devaient faire part de leur qualité de sommeil en répondant à des questions.

Ainsi, ils devaient signaler s'ils restaient éveillés une partie de la nuit ou non, et quantifier leur durée de sommeil(moins de 5 heures étant une courte durée et plus de 9 heures une longue). Les participants expliquaient également s'ils avaient du mal à s'endormir ou à rester endormi pendant la nuit.

Près de deux tiers ont des symptômes de troubles du sommeil

Résultat, près de deux tiers des Canadiens ayant subi un AVC présentent des troubles du sommeil. De plus, ils étaient également jusqu'à 7 fois plus susceptibles d’être victimes de troubles du sommeil après avoir subi un AVC.

Selon Matthew Jeffers, doctorant au programme d’épidémiologie de la Faculté de médecine et auteur principal de l’étude, il est nécessaire de davantage sensibiliser sur le sujet. "En ce qui concerne les praticiens de soins primaires, nous souhaitons, avant tout, accroître la vigilance de ces derniers en attirant leur attention sur le nombre élevé de patients ayant subi un AVC présentant des symptômes de troubles du sommeil" indique-t-il. "Compte tenu de la fréquence de ces symptômes, il pourrait être utile que les médecins envisagent de dépister les troubles du sommeil sous-jacents chez les patients victimes d’un AVC."

Quels sont les examens et analyses à effectuer en cas d'AVC ?

La chose la plus importante à savoir est que les médecins disposent d'un très court laps de temps lorsqu'il s'agit d'un accident vasculaire cérébrale pour donner les traitements. Chaque minute compte. Plus le temps est long avant la prise en charge, plus les risques de dommages post-AVC voire de décès sont importants. La prise en charge doit se faire dans un centre qui contient une unité neurovasculaire ou un d'urgence en liaison avec une unité neurovasculaire.

Les examens et analyses doivent se faire le plus rapidement possible. Il s’agit d’examiner le patient, d’évaluer ses fonctions vitales puis de lui faire des examens biologiques afin d’administrer le traitement. Un scanner ou une IRM sera réalisé afin de déterminer s’il s’agit d’un AVC ischémique ou hémorragique. Les décisions quant au traitement à appliquer sont prises au vu de ces résultats. Toutes ces actions doivent être effectuées dans les délais les plus brefs pour raccourcir au maximum la mise en place du traitement.

Photographie de l'IRM à 3 Tesla à NeuroSpin pour la recherche clinique

Quels sont les examens et analyses à effectuer en cas d'AVC ?© Creative Commons

Crédit : MeunierAurelia -© CC- Licence :https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/deed.fr

Traitements : comment se soigner un AVC ?

Le traitement d’un AVC ischémique

  • La thrombolyse intraveineuse

Ce traitement en urgence consiste à dissoudre le caillot qui bouche l’artère cérébrale en perfusant un médicament par voie veineuse. Sauf contre-indication, ce traitement doit être réalisé le plus rapidement possible, dans les premières heures qui suivent l’apparition des premiers symptômes (dans les 4h30 suivant l’AVC).

Pour les patients de plus de 80 ans, cet examen doit être réalisé dans les 3h qui suivent l'AVC. Le neurologue rappelle : "time is brain. Ce n'est pas parce que l'on a trois heures devant soi, qu'il faut attendre. Le mieux est d'agir rapidement." Il permet alors de rétablir correctement la circulation du sang et l’apport en oxygène du cerveau. Agir rapidement permet de limiter la lésion cérébrale et les séquelles qu’elle pourrait entraîner. Ce traitement est parfois responsable d’hémorragies intracrâniennes.

  • La thrombectomie mécanique endovasculaire

Lorsque le caillot sanguin obstrue une artère intracrânienne, le retrait de celui-ci peut se faire par un dispositif mécanique introduit par voie endovasculaire sous contrôle radioscopique. Cette technique doit être réalisée dans les six heures qui suivent la venue d’un AVC. Ce traitement peut être effectué en association à la thrombolyse, en recours si jamais celle-ci échoue ou en cas de contre-indication de cette technique.

  • Traitements médicamenteux après un AVC ischémique

Des médicaments sont prescrits après un AVC ischémique. Ils empêchent les plaquettes de sang de s’agglutiner et de former des caillots. Il peut s’agir d’aspirine par exemple. Les anticoagulants sont prescrits dans certains cas, notamment lorsque le caillot a migré dans le cerveau depuis le cœur. Ces traitements empêchent les caillots existants de grossir et préviennent la formation de nouveaux.

Le traitement d’un AVC hémorragique

Lors de ce type d’hémorragie, il est essentiel de contrôler en urgence la tension artérielle. Une hypertension artérielle (HTA) augmente le risque de nouveau saignement intra-cerébral.

Si l’hémorragie est survenue chez un patient prenant un traitement anticoagulant, un traiement spécifique sera mis en place pour corriger ces anomalies.

Parfois, un traitement chirurgical est possible, il consiste à évacuer un hématome.

La rééducation post AVC

La rééducation est à commencer le plus rapidement, dès que l’état de santé du patient le permet. Elle peut commencer à l’hôpital et se finir à domicile. Elle va dépendre de la localisation de la lésion cérébrale et de l’importance des dommages.

Marche, usage des mains, langage… La rééducation a différents objectifs. Le but principal est de permettre au patient de récupérer un maximum d’autonomie.

Prévention : comment éviter l'AVC ?

AVC et tension : quel rapport ?

Réponse du médecin neurologue Alexandre Croquelois :

"Il faut avoir une hygiène de vie la plus correcte possible. Ne pas fumer, avoir une activité physique régulière, manger cinq fruits et légumes par jour... Et surtout, surveiller sa tension. En France, la tension artérielle est très mal suivie alors que l'on sait que, avec le tabac, c'est l'un des principaux facteurs de risque vasculaire, aussi bien pour le coeur que pour le cerveau. On néglige un peu la prise de tension. À partir de 40 ans, tout le monde devrait prendre sa tension une ou deux fois par an. On éviterait bien des accidents." 

Pour éloigner le risque d’AVC, quelques actions simples peuvent être mises en place. Il faut tout d’abord commencer par changer ses habitudes de vie pour permettre de réduire ce risque. Progressivement, étape par étape. Un succès en appelant un autre, chaque point de prévention pourra être mis en place dans la vie du patient.

AVC : principes d'un régime alimentaire sain

La plupart des maladies du cœur peuvent se prévenir par une bonne alimentation.

  • Des fruits et légumes

Ils sont primordiaux dans une alimentation saine et équilibrée. Optez en priorité pour les fruits et légumes riches en vitamine C et en bêta-carotène. Ils agissent comme des antioxydants dans votre organisme et aident à ralentir certains troubles comme l’athérosclérose, en réduisant l’accumulation de plaques formées de cholestérol et d’autres substances présentes dans les artères. Vous pouvez alors ajouter à votre alimentation : brocoli, poivron rouge, fraise, orange, carotte, tomate, courges, patate douce, pamplemousse rose …

Les fruits et légumes sont également une bonne source de fibres.

  • Des fibres alimentaires

Présentes dans les fruits et légumes, vous pouvez également les retrouver dans les grains entiers, comme le riz sauvage par exemple. Une alimentation saine pour le cœur requiert un apport en fibres. Les aliments protéinés comme les lentilles sont également une source de fibres intéressante. C’est une part de notre alimentation que nous avons tendance à négliger. Un adulte en bonne santé a besoin de 25 à 38 g de fibres par jour. Pour augmenter sa consommation, nul besoin de transformer radicalement sa façon de consommer. Il suffit de procéder à quelques ajustements : remplacer les céréales raffinées par des céréales de son, le pain blanc par du pain de blé entier, le riz blanc par du riz brun etc. …

  • Des protéines

Que l’on trouve dans la viande, le poisson ou certaines légumineuses sont importantes au bon fonctionnement de notre corps. Les protéines nous procurent les acides aminés qui composent nos neurotransmetteurs, responsables du transfert des signaux entre cellules cérébrales.

Évitez au maximum les aliments transformés qui contiennent en trop grande quantité du sel, du sucre et des matières grasses.

  • Du potassium

Le sel augmente la pression sanguine. Or, 1g de sel contient 400 mg de sodium et 600 mg de chlore. Ici, c’est le sodium qui est en cause : il retient l’eau dans les tissus et crée de la rétention d’eau. D’où une pression supplémentaire sur les parois des vaisseaux sanguins. Comment réduire son apport en sodium ? On doit bien sûr éviter certains aliments, mais on peut également ajouter un autre minéral à son alimentation pour atténuer les effets du sodium : le potassium. En effet, celui-ci aide le corps à se débarrasser du sodium et aide à détendre les parois des vaisseaux sanguins.

Une méta-analyse parue dans le BMJ  en 2013 confirme par ailleurs qu’un régime riche en potassium permet de faire baisser la pression artérielle. “Un apport plus élevé en potassium était associé à un risque réduit de 24% de faire un AVC”, indiquent les chercheurs, qui ont analysé 22 études sur le sujet, regroupant plus de 1 600 participants.

L’American Heart Association, un organisme à but non lucratif ayant pour objectif de réduire les invalidités et les décès causés par les maladies cardiovasculaires et les AVC, a mis en ligne des recommandations alimentaires. L’un des aliments qu’elle conseille est un haricot peu connu, mais très riche en potassium : le haricot de Lima, aussi appelé pois du Cap. 100 grammes de cette légumineuse contiennent en effet 508 milligrammes de potassium, soit plus que dans 100 grammes de bananes (358 milligrammes de potassium), le fruit le plus communément cité en termes d’apports de potassium.

  • Faire de l’exercice physique

C’est un fait. L’activité physique  réduit drastiquement le risque d’accident vasculaire cérébral. Une activité physique régulière chassera quelques facteurs de risques d’AVC comme le diabète, l’obésité, une hypertension. Pour savoir quel sport est le mieux adapté à votre état de santé, n’hésitez pas à en discuter avec votre médecin, il saura vous orienter.

Réduire son stress

Le stress, bien qu’il soit avant tout émit par le mental, peut avoir d’importantes répercussions sur le corps et peut nuire à la santé du cœur. Un stress répété sur une longue période peut accroître le risque de coronaropathie.

Garder un poids "santé"

On parle de surpoids si l'indice de masse corporelle (IMC) est supérieur à 25, et d'obésité s'il est supérieur à 30. La répartition des graisses est également importante. Si l’excès de graisses se situe au niveau du ventre, le risque cardiovasculaire est plus élevé. Chez une femme, on parle d’obésité abdominale lorsque le tour de taille dépasse 88 cm. Chez l’homme, lorsque le tour de taille dépasse 102 cm.

Des gestes à éviter

Souvent prescrit pour prévenir certaines maladies cardiovasculaires, l'aspirine permet en effet d'empêcher l'agrégation des plaquettes sanguines et lutte contre la formation de caillots sanguins car il fluidifie le sang. Pourtant, selon les experts de l’US Preventive Service Task Force (société savante américaine), chez les personnes en bonne santé et n'ayant pas d'antécédents de maladies cardiovasculaires, le fait de prendre une aspirine par jour ne serait pas sans conséquence puisqu'il existerait un risque d'hémorragie. Selon les scientifiques, la prescription du médicament ne devrait pas se faire systématiquement et relever des cas par cas pour prévenir les maladies cardiovasculaires.

  • La décision d'initier l'utilisation d'aspirine à faible dose pour la prévention primaire des maladies cardiovasculaires (MCV) chez les adultes âgés de 40 à 59 ans présentant un risque de MCV sur 10 ans de 10 % ou plus doit être individuelle. Les preuves indiquent que le bénéfice net de l'utilisation de l'aspirine dans ce groupe est faible. Les personnes qui ne présentent pas un risque accru de saignement et qui sont disposées à prendre quotidiennement de l'aspirine à faible dose sont plus susceptibles d'en bénéficier ;
  • L'USPSTF recommande de ne pas commencer l'utilisation d'aspirine à faible dose pour la prévention primaire des maladies cardiovasculaires chez les adultes de 60 ans ou plus.

Néanmoins, l’aspirine reste tout de même efficace en cas d'infection virale légère pour soulager la douleur et la fièvre.

Sites et associations

Hôpitaux Universitaire Paris Sud (APHP)

Ministère des Solidarités et de la Santé

Sources

Fédération Française de Cardiologie (consulté le 11 janvier 2020) 

Inserm https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/accident-vasculaire-cerebral-avc (consulté le 11 janvier 2020)

Fédération française de neurologie https://www.ffn-neurologie.fr/grand-public/maladies/avc (consulté le 11 janvier 2020)

Syndrome métabolique : https://medicalxpress.com/news/2021-07-metabolic-syndrome-linked-death.html 

https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/STROKEAHA.121.034985

https://www.uspreventiveservicestaskforce.org/uspstf/recommendation/aspirin-to-prevent-cardiovascular-disease-preventive-medication

https://www.hug.ch/accident-vasculaire-cerebral/qu-est-qu-avc-ait

https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/avc/avc-symptomes-evolution

"Effect of increased potassium intake on cardiovascular risk factors and disease: systematic review and meta-analyses" une étude parue dans le BMJ en 2013.

https://www.bmj.com/content/346/bmj.f1378

https://www.cmaj.ca/content/195/10/E354

https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/insomnie-adulte/definition-facteurs-favorisants

Voir plus