Nathalie Ducongé, secrétaire générale de "Le Cancer du sein : parlons-en !" : "A un stade précoce, 9 cancers du sein sur 10 peuvent être guéris"

Nathalie Ducongé, secrétaire générale de "Le Cancer du sein : parlons-en !" : "A un stade précoce, 9 cancers du sein sur 10 peuvent être guéris"©DR

De plus en plus nombreuses et de plus en plus jeunes, les femmes atteintes du cancer du sein ont toutes intérêt à être prises en charge dès le début de la maladie pour éviter les rechutes. Dans cet optique, l'association "Le Cancer du Sein : parlons-en !" lance chaque année en octobre une campagne de sensibilisation pour inciter les femmes au suivi annuel et au dépistage. 

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Medisite : Quels sont les objectifs de l'association "Le cancer du sein : parlons-en !" ?

ND : Aujourd’hui, une femme sur huit risque d’être atteinte d’un cancer du sein, et 50% des cas n’ont pas de cause vraiment identifiée. On compte 11 600 décès en France par an liés à cette maladie.
Seulement, pris en charge au stade précoce, lorsque la tumeur ne s’est pas encore développée, ce cancer peut être guéri dans neuf cas sur dix. Auparavant, beaucoup de cancers n’étaient pas détectés à temps à cause d’un manque de suivi. Nous avons donc une double mission : soutenir la recherche en récoltant des dons, mais aussi mettre en place chaque année une campagne de sensibilisation pour inciter les femmes au dépistage et à se faire suivre dès le plus jeune âge.

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"Sensibilliser autrement que par les campagnes d'affichage"

Octobre Rose, c’est quoi ?

ND : Pendant tout le mois octobre, de nombreuses associations et hôpitaux se mobilisent pour sensibiliser les gens face à cette maladie. De notre côté, nous menons la campagne "Ma vie en Rose, il faut que ça continue", remettons le prix ruban rose à la recherche (300 000 euros pour une équipe de chercheurs), et avons pour tradition d’illuminer des monuments emblématiques en rose. Cette année la Tout Eiffel s’est ornée de rose le 26 septembre.
A cette même date, une exposition tirée d’un grand concours photo a été ouverte sur les grilles de la Tout Saint Jacques à Châtelet. Elle se déplacera ensuite en province : Toulouse, Bordeaux, Lille, Strasbourg, Le Mans..."S’aimer", son thème, illustre la vie qui continue malgré la maladie. Un message plein d’espoir pour les femmes malades. Depuis 5 ans lorsque nous avons lancé le projet, professionnels et amateurs, parmi lesquels certaines malades devenues photographes, exposent chaque année leurs photos avec un message qui les contextualisent. Une manière de sensibiliser le grand public autrement que par les campagnes d’affichage et de toucher les femmes malades.

Etre suivie par un gynécologue tous les ans dès 25 ans

Pourquoi avoir choisi Audrey Fleurot comme marraine ?

ND : Elle dégage une certaine élégance extérieure, ce qui correspond à notre image car nous comptons Estée Lauder parmi les membres fondateurs de l’association, mais aussi intérieure, car elle comprend et supporte à 100% notre cause et nos actions.

Quelles sont vos actions le reste de l’année ?

ND : Notre action est particulièrement concentrée sur le mois d’octobre, mais le reste de l’année, nous travaillons ponctuellement avec des partenaires afin de récupérer des dons pour soutenir la recherche. L’année dernière, nous avons lancé notre plateforme de dons avec la Caisse d’Epargne lors de la journée de la femme au mois de mars.

A partir de quel âge doit-ont être suivie ou dépistée ?

ND : La plupart des cancers du sein se déclarent après 50 ans mais depuis quelques années, des femmes de plus en plus jeunes - 30 à 40 ans - en sont atteintes. Et plus le cancer survient jeune, plus il a de risques d’évoluer rapidement.
Nous préconisons donc un suivi - frottis, palpation des seins, palpation de tous les ganglions dans l’aile - par un gynécologue tous les ans dès le plus jeune âge, soit environ 25 ans.
En ce qui concerne le dépistage - mammographie et sa lecture chez un radiologue - il faut y penser à partir de 50 ans, et même plus tôt pour les familles à risque.

"Le mode de vie des femmes à changé"

Le cancer du sein est-il plus répandu aujourd’hui qu’avant ?

ND : Il existe, ou tout du moins nous recensons, de plus en plus de cas de cancer du sein de nos jours. D’une part, parce qu’on détecte mieux ces cancers, grâce à des méthodes de dépistage plus évoluées. D’autre part parce que le mode de vie des femmes a changé. Elles boivent et fument un peu plus, prennent la pilule, ont moins le temps d’avoir une activité physique ou de consommer des produits frais, s’orientant vers de l’industriel... Tous ces facteurs augmentent le risque de la maladie.
Une femme précédemment victime d’un cancer du sein qui se met à faire attention à son alimentation et à faire du sport a 30% de risques en moins de récidive.

Les femmes se sentent-elle concernées par ce problème de santé aujourd’hui ?

ND : Quand on a mis en place le dépistage organisé en France (gratuit, dans des centre de radiologie agrées), de nombreuses femmes y ont eu recours. Aujourd’hui leur pourcentage à tendance à baisser. Certaines, d’une part, ne sont pas comptabilisées dans les statistiques parce qu’elles vont voir leurs propres radiologues (dépistage individuel), d’autres encore, n’ayant jamais été confrontées directement à la maladie, sont dans une sorte de déni. C’est aussi un mécanisme de défense : la maladie fait peur, et si tout va bien, elles n’ont pas envie d’en entendre parler. Mais c’est justement quand tout va bien qu’il faut se faire suivre, pour que ça continue à aller bien."

Merci à Nathalie Ducongé, secrétaire générale à l'association "Le Cancer du sein : parlons-en !".

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