La méningite A+C

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Les infections à méningocoques sont causées par une bactérie appelée Neisseria meningitidis (le méningocoque) dont on dénombre plusieurs souches (sérogroupes). Les plus fréquents sont les méningocoques appartenant aux sérogroupes A, B et C, selon la région du monde dans laquelle on se trouve (1).

Pourquoi se faire vacciner ?

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Les méningocoques sont localisés au niveau du nez et de la gorge et existent chez de nombreux individus, sans pour autant provoquer de maladies (on appelle ces personnes "porteurs sains") ; cependant, il arrive qu’ils gagnent d’autres régions de l’organisme et qu’ils soient responsables d’une maladie. Les maladies les plus fréquentes entraînées par les méningocoques sont la méningite (inflammation de l’enveloppe externe du cerveau) et la septicémie (invasion bactérienne dans la circulation sanguine) (2).

Les infections à méningocoques se manifestent par une fièvre à début brutal, des maux de tête intenses, des nausées et souvent des vomissements, une photophobie (douleur provoquée par la lumière), une raideur du cou, des douleurs articulaires et une éruption cutanée caractéristique (purpura) si le germe diffuse dans le sang (septicémie). La maladie peut évoluer très rapidement vers le coma et la mort.

Le méningocoque se transmet à partir de gouttelettes de salive et des sécrétions rhinopharyngées provenant d’un porteur sain ou d’un malade (Environ 10% de la population sont porteurs du germe, et ce taux varie en fonction de l’âge) (3).

Il est important de diagnostiquer et de traiter rapidement les infections à méningocoques ainsi que de prévenir l’éclosion d’une épidémie.

En France, la conduite à tenir devant une infection à méningocoques est parfaitement codifiée par les recommandations de la circulaire DGS/PGE/1C du 05 /02/90 : Lorsqu’on suspecte une infection à méningocoques, la mise en place d’une antibiothérapie appropriée est nécessaire, ainsi que le transfert immédiat du malade à l’hôpital. La pénicilline demeure l’antibiotique de choix dans le traitement des infections à méningocoques.

Dès qu’un cas est identifié, des mesures préventives doivent être prises pour empêcher la propagation de cette maladie très contagieuse : les personnes qui ont été au contact du malade ou qui appartiennent à la même collectivité sont systématiquement recherchées afin de bénéficier, suivant leur degré de promiscuité avec le malade, d’un traitement antibiotique préventif eventuellement relayé par une vaccination si le méningocoque est du sérogroupe A ou C.

Les infections à méningocoques concernent les 5 continents. l’OMS estime à 300 000 le nombre de méningites à méningocoques survenant chaque année dans le monde et à 30 000 le nombre de personnes qui en meurent. Dans les pays en développement, l’infection méningococcique est endémique avec des poussées épidémiques qui peuvent être explosives. Plus la promiscuité inter-humaine est importante, plus le risque est important (4). La méningite à méningocoque revient de façon saisonnière dans certaines régions du monde. Dans la partie subsaharienne du continent africain, des épidémies surviennent le plus souvent de décembre à juin c’est à dire pendant la saison sèche. Des éclosions localisées ont été signalées dans certaines parties du Brésil, du Népal et la zone environnante avec Delhi, le Bhoutan et le Pakistan. Dans d’autres parties du monde, l’infection se déclare de façon plus sporadique. En Europe, on rencontre principalement des souches des groupes B et C.

Les infections à méningocoques sont des maladies très graves qui peuvent décimer des villages entiers, notamment dans la partie subsaharienne du continent africain.

Même si la maladie est diagnostiquée rapidement et le traitement antibiotique institué rapidement, la maladie reste mortelle dans près de 10% des cas (5). Le méningocoque est un des rares germes qui dans les pays industrialisés peut tuer un enfant ou un adulte jeune en quelques heures. La vaccination représente donc un atout majeur dans la lutte contre les infections à méningocoques. Il existe un vaccin méningococcique contre les souches des groupes A et C. Ce vaccin n’est efficace qu’auprès des adultes et des enfants de plus de 18 mois.

Qui doit se faire vacciner ?

Les voyageurs (adultes et enfants de plus de 18 mois) devant séjourner ou effectuer des randonnées dans les pays où la méningite sévit régulièrement de manière épidémique (l’Afrique tropicale sahélienne par exemple). La vaccination est d’autant plus recommandée que : - le sujet est plus jeune, - les conditions de séjours s’accompagneront de contacts avec la population locale, - le séjour se fera en saison sèche (froide), - la destination est considérée comme à risque épidémique. - Les pèlerins se rendant à la Mecque (dix jours avant le départ), comme l’exige l’Arabie Saoudite.

Qui ne doit pas se faire vacciner ?

En dehors des contre-indications habituelles de la vaccination : hypersensibilité à l’un des composants du vaccin, maladies infectieuses aiguës et maladies évolutives en cours (aiguës ou chroniques), il n’existe pas de contre-indication à la vaccination méningococcique A+C, y compris durant la grossesse (6).

La vaccination méningococcique n’est recommandée qu’à partir de l’âge de 18 mois car la nature du vaccin nécessite une certaine maturité de certains globules blancs). Cependant, en période épidémique, elle peut se faire dès l’âge de 6 mois voire 3 mois en cas d’infection méningococcique du sérogroupe A, et dès l’âge de 1 an en cas d’infection méningococcique du sérogroupe C (6).

Comment se faire vacciner

La vaccination s’effectue en une seule injection par voie sous-cutanée ou intramusculaire. La dose est la même chez l’adulte et chez l’enfant.

Une revaccination est nécessaire tous les 3 ans si l’exposition au risque persiste.

A partir de quand suis-je protégé ?

La protection apparaît dès le dixième jour.

La durée de protection est d’au moins 3 ans lorsque le vaccin est administré après l’âge de 2 ans (7) mais est plus courte chez les enfants vaccinés avant l’âge de 18 mois (6).

Références

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  1. Expertise collective INSERM. Données épidémiologiques dans : Méningites bactériennes, Stratégies de traitement et de prévention. Paris : Les éditions INSERM, 1996:37-51.
  2. APPIT. 65 Infections à méningocoque. dans : APPIT, ed Pilly E. Montmorency : 2M2, 1996 : 316-8.
  3. Girard JF. Prophylaxie des infections à méningocoque. Circulaire DGS/PGE/1 C du 5 février 1990. BEH 1990 ;7:25-7.
  4. OMS-UNICEF. Les principaux vaccins en cours de mise au point. La méningite à méningocoques. dans Vaccins et vaccination : la situation mondiale. OMS, Genève 1996:119-124.
  5. Hubert B, Goulet V, Riou JY .Surveillance des infections à méningocoque en France, 1990-1997. BEH 1997 ;42.
  6. D.G.S. Comité technique des vaccinations. 24.Méningocoque. dans : Guide des vaccinations. ed 1995 : 123-6.
  7. Expertise collective INSERM. Neisseria meningitidis : stratégie vaccinale dans : Méningites bactériennes, Stratégies de traitement et de prévention. Paris : Les éditions INSERM, 1996 : 93-8.
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