Rompre le silence

Rompre le silence

Le pourcentage de consultations en sexologie de sujets de plus de soixante ans est toujours stable, variant autour de 5 % pour les femmes et 10 à 15 % pour les hommes. Autant dire que ces chiffres sont loin de traduire la réalité des besoins. Ces questions déclenchent une certaine culpabilité.

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Le vieillissement de la sexualité est en effet un thème tabou qui n’offre le choix qu’entre des anecdotes impudiques ou, à l’extrême, un renoncement définitif qui clôt la discussion. Préjugés et idées reçues font bon ménage pour dénaturer, au sens propre du terme, les besoins d’émotions et d’orgasmes qui s’affichent désormais dans un cadre joyeusement stérile. Cette sexualité, qui n’est plus fécondante, a-t-elle changé à ce point de nature pour paraître aussi obscène, aussi illégitime ?

L’affectivité est pourtant au centre des mécanismes de résistance au vieillissement, capable à elle seule parfois de faire échec à la maladie. Du reste, rien n’autorise à affirmer - aucune découverte scientifique, aucun recensement - que la vie érotique qui a été le carrefour le plus embouteillé de l’existence de l’adolescent et de l’adulte, se vide de tout contenu après la soixantaine, évacue comme par miracle, toutes les joies, toutes les impatiences, qui furent son lot quotidien des années durant.

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"Bon gré mal gré, l’on vit ce qu’on nie", affirme Jean Rostand. Et ce n’est pas en masquant la persistance des besoins de tendresse et d’excitation des vétérans que les professionnels se prémunissent du risque d’identification contre narcissique. La réalité de la demande appartient malgré tout au domaine public, avec l’émergence depuis ces dernières décennies du concept de "senior", épithète à vocation ambiguë néanmoins, car il s’inscrit aussi bien dans un projet de valorisation du droit à une authentique qualité de vie des retraités, mais se réclame aussi ouvertement d’arrière-pensées lucratives pour les marchands de "loisirs".

La sénescence des comportements appartenants à la sphère intime fait donc l’objet d’un double discours, très contrasté. D’un côté, il s’agit d’engager l’opinion publique à ne plus censurer les aspirations affectives et sexuelles de ses aînés, mais, de l’autre, en inscrivant la réduction des pratiques gestuelles dans le cadre de la nomenclature médicale (voire psychiatrique), le corps social reprend d’une main ce qu’il tendait de l’autre, à savoir la liberté d’expression subjective du plaisir.

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