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Les applications actuelles du génie génétique dans les domaines de l ’agroalimentaire et de la santé sont marquées par l ’incertitude quant à leur innocuité ou leurs effets néfastes pour l ’environnement. La science est partagée, et manque de recul et de faits pour établir avec précision les conséquences pour la santé de l ’ingestion d’aliments obtenus par manipulation génétique. En revanche l ’existence de risques potentiels est anticipée.

Le risque alimentaire et médical est le même : il réside non pas tant dans l ’existence et les effets d ’un nouveau gène par ailleurs connu, introduit dans un organisme, mais dans l ’interaction du gène avec le reste de l ’organisme. Des gènes autochtones peuvent être stimulés ou au contraire inactivés. Il y a alors une perturbation du métabolisme qui peut entraîner soit l ’apparition de substances toxiques ou allergènes soit l ’augmentation du taux de substances toxiques ou allergènes naturellement produites par l ’organisme avant la transgenèse. Ainsi toute tentative d ’amélioration génétique de la pomme de terre pourrait, par exemple, entraîner une augmentation du taux de solénine la rendant dangereuse et impropre à la consommation.

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Autre exemple, réel celui là : en vue d ’enrichir une variété de soja en un acide aminé essentiel, des chercheurs ont isolé le gène synthétisant la méthionine de manière naturelle dans la noix du Brésil et l ’on introduit dans une variété de soja. Or cette transgenèse à entraîné aussi la production de protéines allergisantes dans le soja et cela de manière imprévisible mais heureusement détectable : le soja « amélioré » est resté au laboratoire.

Autre risque : celui de la diffusion dans l ’environnement des gènes introduits dans les plantes. C ’est sur ce problème et ses conséquences qu ’a surtout porté le débat. Il est lié à la dissémination des graines et du pollen des plantes. Ainsi, des végétaux génétiquement voisins peuvent échanger certaines caractéristiques.

Donc en conférant aux plantes destinées à l ’alimentation une proporiété de résistance aux herbicides, on risque d ’augmenter la capacité des mauvaises herbes à résister aux désherbants si le gène de résistance se répand dans l ’environnement. Quant à la dissémination d ’un gène de résistance à un insecte, elle aurait pour effet de diminuer la biodiversité. Certains insectes pouvant ne plus trouver de plantes hôtes.

Au-delà des conséquences écologiques, il pourrait exister un risque sanitaire. En effet le processus de sélection des semences se fait grâce aux antibiotiques. Afin de distinguer les graines où la manipulation génétique a été pratiquée avec succès, toutes les modifications s ’accompagnent de l ’introduction d ’un gène de résistance aux antibiotiques. L ’application d ’un antibiotique à l ’ensemble des semences élimine donc celles ou la manipulation est défectueuse puisqu ’elles n ’ont pas intégré ce trait spécifique. Les OGM alimentaires sont donc résistantes aux antibiotiques tel que l ’ampicilline. En cas de dissémination dans la nature du gène de résistance aux antibiotiques, des germes néfastes à l ’homme pourraient devenir antibiorésistant, ce qui obligerait les médecins à utiliser des antibiotiques plus puissants.

La gravité de cette conséquence doit toutefois être tempérée car la réalisation de ce risque est largement théorique. Mais l ’invulnérabilité grandissante de nombreux micro-organismes aux antibiotiques est un phénomène qui pose déjà un problème sanitaire qui pourrait donc aller en s ’aggravant.

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