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Elle est bien entendu sans commune mesure avec celle du territoire russe. Le niveau de 137Cs est d’environ 2000 Bq/m² en relation avec les retombées des essais des bombes thermonucléaires en atmosphère (1954-63) (UNSCEAR, 1982).

L’activité du sol

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L’I.P.S.N. a élaboré une carte départementale des retombées de 137Cs à partir des mesures dans le lait et les végétaux effectuées par l’O.P.R.I. (Renaud et al., 1997). La France a été divisée en trois régions :

l’Ouest avec moins de 750 Bq/m² de 137Cs et 5000 Bq/m² en 131I (en 1986) ;

une partie centrale recevant entre 750 et 3000 Bq/m² de 137Cs ;

et l’Est, la plus contaminée, recevant entre 3000 et 6000 Bq/m² de 137Cs et 20 000 à 50 000 Bq/m² pour l’131I.

Depuis l’accident la contamination n’a cessé de décroître. Aujourd’hui elle est faible sur la majeure partie du territoire.

Néanmoins, à l’échelle locale, l’activité de 137Cs peut être deux fois supérieure à la moyenne départementale (tâches de contamination > 20 000 Bq/m²).Ce sont les zones très arrosées (> 20 mm de pluie) entre le 1 et le 5 mai 1986 correspondant souvent à des zones forestières en altitude donc difficilement accessibles. On retrouve ces « points chauds » principalement dans les Vosges, le Jura, le Bas-Rhin et les Alpes.

Sur des espaces réduits, quelques m² seulement, la redistribution du 137Cs de l’eau et des particules de sol par érosion, peut entraîner également une sur-concentration de 137Cs. Isola 2000 dans les Alpes Maritimes détient le record avec une activité de 137Cs mesurée par l’I.P.S.N. (1997) de 314 000 Bq/kg de sol dans une dépression (> 100 000 Bq/m²).

L’activité des aliments

Le 137Cs suit le même trajet que le Potassium dans l’organisme : intestin, sang et élimination par l’urine ou les selles.

Les données issues d’une modélisation de l’I.P.S.N. sur le 137Cs et l’131I permettent d’évaluer la concentration moyenne atteinte immédiatement après le dépôt dans les aliments. Elle était de 200-400 Bq/l dans le lait et 1000 Bq/kg de 137Cs dans les viandes et certains légumes. Ces concentrations sont devenues inférieures à 10 Bq/kg dès la fin de 1986. Elles sont aujourd’hui très faibles.

Les produits forestiers présentent des niveaux de contamination plus élevés - cinq à dix fois ceux du lait en 1986 - et plus persistants. Le champignon accumule les isotopes car il vit plusieurs années au pied des arbres, où se concentrent facilement les eaux de pluies. Les espèces stockant facilement le 137Cs sont les pieds de mouton, les chanterelles d’automne et les bolets à chair jaune, alors que les champignons de pré et de clairière le sont nettement moins.

L’O.P.R.I. mesure régulièrement des activités de 137Cs de 100-500 Bq/kg sur des animaux dans les Vosges ou le Jura. De fortes concentrations de 137Cs dans les sols de ces massifs ont également été signalées par la CRII-RAD. D’ou l’idée de contrôler l’activité d’un sanglier, animal connu pour être friand de champignons et de baies. En 1996 dans les Vosges, un sanglier présentant une activité à 1685 Bq/kg de 137Cs alors que la norme est de 600 Bq/kg. Une exception toutefois, qui ne permet pas de remettre en cause les normes ou la consommation des produits.

Les doses absorbées

Au moment de l’accident, la dose moyenne reçue est allée de 0,025 mSv dans l’Ouest à 0,4 mSv dans l’Est. En 1997, la dose annuelle n’est plus que de 0,001 à 0,015 mSv, 1000 fois inférieure au naturel).

En 10 ans, le cumul donne une dose de 0,2 à 0,7 mSv. L’I.P.S.N. estime la dose reçue sur 60 ans (de 1986 à 2046) inférieure à 1,5 mSv/hab dans l’Est de la France (1% de la dose naturelle) qui est la région la plus touchée.

L’I.P.S.N. a également calculé pour un agent forestier, qui travaille 8 heures par jour dans un massif contaminé et ayant une habitude alimentaire défavorable à base de gibier et de champignons, une dose annuelle de 1 mSv (norme internationale pour la population civile).

De même, un campeur pendant une semaine peut recevoir 0,015 mSv et un enfant pendant un pique-nique 0,001 mSv.

Les cas particuliers

Le 137Cs est normalement rapidement et fortement fixé aux argiles. Mais dans certaines conditions (forte concentration en cations de potassium, de calcium et de sodium) son comportement apparaît différent : il peut se trouver dans le cycle alimentaire (mobilité accrue).

C’est le cas sur les sols acides et organiques. De même, dans l’eau de mer, plus de 95% du 137Cs est en solution. Ainsi, il n’est pas étonnant comme l’a montré une étude anglaise publiée dans la revue scientifique Nature (Smith et al., 2000) que le 137Cs disséminé par le nuage radioactif de Tchernobyl ne disparaisse pas facilement de la chaîne alimentaire.

Cet article fait suite à une étude norvégienne de 1999 sur deux espèces de poissons d’eau douce (Jonsonn et al., 1999) et a été repris par la majorité de la presse nationale (Figaro 11/05 ; Le Monde 19/05 ; Le Parisien 21/05/2000).

Dans l’étude norvégienne, l’activité des deux espèces étaient respectivement de 10 500 et 3 000 Bq/kg en 1986. La différence d’accumulation de 137Cs entre les deux espèces de poissons est liée à un habitat et à un régime alimentaire différent. Après 1986, la diminution du 137Cs dans ces espèces est rapide, puis ralentit au bout de 4 ans, le 137Cs devenant moins mobile dans l’environnement et moins assimilable par les plantes et les animaux. La forte concentration de 1986 est liée aux retombées directes de 137Cs sur les plans d’eau et au ruissellement sur les versants qui s’acheminent vers les lacs du 137Cs pas encore fixé aux particules. La chaîne alimentaire est alors fortement contaminée.

La diminution rapide du 137Cs bio-mobilisable qui suit s’explique par les dépôts dans le lac, sur les sols (fixation du 137Cs), la dilution dans l’eau et l’exportation d’eau contenant du 137Cs à l’exutoire.

Actuellement le 137Cs bio-mobilisable diminue moins rapidement en raison notamment de la saturation des éléments de l’environnement (lac et sol) et à la désorption 137Cs (faible mais possible). Le 137Cs qui ne trouve pas de point de fixation est alors recyclé dans la chaîne alimentaire. La période biologique du 137Cs est aujourd’hui de 20 à 50 ans et il n’y a plus qu’à attendre qu’il décroisse naturellement (période radioactive : 30,2 ans). Pour les pays les plus contaminés, la durée de surveillance sanitaire sera donc plus importante que prévu - environ un siècle.

Enfin certains suggèrent que le 137Cs en provenance de Tchernobyl est plus mobile que celui des essais des bombes (différence de forme au moment du dépôt ou fixation graduelle dans la structure des argiles) (Livens et Baxter,1988 ; Bunzl et al, 1989). Mais, ce point de vue ne fait pas l’unanimité (Borzilov, 1994).

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