Un composant toxique dans les déodorants

Un composant toxique dans les déodorants©iStock

Les sels d’aluminium, un composé anti-transpirant contenus dans certains déodorants, pourraient bien augmenter le risque de cancer du sein, selon des chercheurs suisses. 

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Faut-il bannir les sels d’aluminium de nos déodorants ? Ces composés, suspectés de jouer un rôle dans la survenue de cancers du sein depuis une vingtaine d’années, sont à nouveau pointés du doigt par une étude suisse menée par la Fondation des Grangettes (Genève). Les sels d’aluminium (ou chlorhydrates d’aluminium) sont souvent présents dans les déodorants, notamment les anti-transpirants, car ils ont la propriété de resserrer les pores de la peau et de diminuer le flux de transpiration. En 2012 déjà, le magazine 60 millions de consommateurs tirait la sonnette d’alarme et recommandait de ne pas utiliser de produits à base d’aluminium.

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Les sels d’aluminium "cancérogènes pour les seins"

Les docteurs Stafano Mandriota et André-Pascal Sappino ont exposé des cellules mammaires de souris cultivées in vitro à des sels d’aluminium. Ils ont alors observé que ces cellules développaient des tumeurs ou des métastases. "Nos observations fournissent la preuve expérimentale que les sels d’aluminium pourraient être cancérogènes pour les seins ", écrivent-ils dans leur étude publiée dans l’ International Journal of Cancer.

"Eviter un usage quotidien de ces déodorants"

Mais ce lien entre sels d’aluminium et cancer fait encore débat à l’intérieur de la communauté scientifique. La Tribune de Genève a ainsi interrogé plusieurs scientifiques sceptiques quant à la dangerosité des sels d’aluminium. Parmi eux, le docteur Khalil Zaman, oncologue au Centre Hospitalier universitaire vaudois (CHUV) à Lausanne (Suisse), rappelle que "la réalité du corps humain n’est pas celle du laboratoire" et que "les observations sur des cellules en culture ne sont pas forcément valables sur l’être humain", considérant ainsi que l’étude des docteurs Mandriota et Sappino ne constitue pas une preuve suffisante. Ces deux scientifiques reconnaissent que leurs travaux ont encore besoin d’être approfondis, mais qu’ils détiennent à l’heure actuelle suffisamment d’indices pour recommander de ne pas acheter de déodorants contenant ces composants . Entre ces deux avis, le docteur Alexandre Bodmer des Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG) tente un compromis : "par précaution, je dirais d’éviter un usage quotidien de ces déodorants et de les employer en alternance ", confie-t-il au journal suisse.

Vidéo. Le cancer du sein en images

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