Médicaments contre les brûlures d'estomac : un danger pour les reins

Deux études américaines de vaste ampleur ont révélé que les médicaments usuellement attribués pour le reflux gastrique pouvaient majorer le risque d’insuffisance rénale chronique.

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© FotoliaIls n’avaient déjà pas bonne réputation. Les IPP* ou "inhibiteurs de pompe à proton", attribués pour soigner les reflux gastro-œsophagiens, les ulcères ou encore les brûlures d’estomac, contribueraient au développement de l’insuffisance rénale chronique. C’est le résultat de deux études de vaste ampleur conduites par l’Université Johns Hopkins et l’Université de Buffalo (Etats-Unis), qui seront présentées au congrès annuel de l’association américaine de néphrologie (ASN Kidney Week) qui se déroule du 3 au 8 novembre à San Diego.

D’après la première étude , effectuée sur 10 400 personnes en bonne santé entre 1996 et 2001, les utilisateurs d’IPP avaient entre 20 et 50% de risques supplémentaires de contracter une insuffisance rénale chronique . Une seconde étude, effectuée sur 240 000 patients pendant 17 ans a vérifié cette conclusion.
"Dans nos deux études, les personnes qui utilisaient une autre classe de médicaments pour supprimer l’acidité gastrique (les antihistaminiques H2 en l'occurence) ne présentaient pas de risques accrus de maladie rénale", a fait remarquer le coordinateur des deux études, le Dr Benjamin Lazarus.

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Mort prématurée : un risque accru de 76%

La seconde étude a examiné 71 000 patients atteints de pathologies rénales chroniques. Conclusion : un quart d’entre eux étaient traités par IPP. Au final, la prise de ce médicament a été associée à un risque accru de 10% de développer une insuffisance rénale chronique, et de 76 % de connaître une mort prématurée.
"Les IPP sont souvent prescrits en dehors des recommandations d’utilisation", a déclaré le Dr Pradeep Arora qui a dirigé cette étude. " Plus de deux tiers des patients seraient traités inutilement par IPP."
En revanche, les participants ont vu baisser leurs risques de maladies vasculaires, cancers, diabètes, hypertension ou broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO), baisser…de quoi complexifier la conclusion à tirer sur ces médicaments.

*Parmi les IPP délivrés en France : Inexium®, Inipomp®, Lanzor®, Mopral®, Oméprazole® (générique), Pantoprazole® (générique), Pariet®, Zoltum®.

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