La mésothérapie jugée trop dangereuse

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Pratiquée en France, la mésothérapie est dans la ligne de mire des autorités de santé. Dans un récent rapport, la HAS a rappelé que ses risques infectieux sont avérés et réclamé la prudence des patients.

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Constatant que la mésothérapie est de plus en plus utilisée pour des actes esthétiques, et que plusieurs cas d'infections y ont été associés, la Haute Autorité de Santé a été saisie par la Direction générale de la santé (DGS) pour évaluer les risques liés à cette pratique. Ses conclusions notifiées dans un rapport paru en juin 2014, sont catégoriques : "Les risques infectieux sont avérés, qu’ils s’agissent d’infections par bactéries typiques ou mycobactéries atypiques." De plus, "des risques "pharmacologiques" à type de réactions granulomateuses, réactions systémiques et allergiques ont également été rapportés". La HAS souligne également la survenue d'un "évènement majeur à type de choc anaphylactique mortel" parmi les effets graves liés à la mésothérapie.

La partie émergée de l'iceberg

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Selon cette instance, ce ne serait là que la face émergée de l'iceberg : "Seuls les effets secondaires les plus graves sont rendus visibles s'ils sont notifiés. [...] Il n'y a aucun dispositif de suivi spécifique efficace aujourd'hui en mésothérapie." Et de rappeler en ce sens que "le nombre de médecins pratiquant la mésothérapie n'est pas connu, ni celui ayant bénéficié d'une formation par un DIU" reconnu par le CNOM**".

"Pas de fondement solide"

Si des actes de mésothérapie sont pratiqués quotidiennement en France, la Haute Autorité de Santé considère que "les données acquises de la science aujourd'hui ne constituent pas un fondement solide pour la mésothérapie". Et insiste sur le "danger infectieux" lié à la pratique d'injections. Sur ce point, elle rappelle que "la préparation extemporanée de mélanges de produits médicaux ne peut se faire qu'en pharmacie et n'est pas autorisée en cabinet médical". Quant à l'utilisation de médicaments hors AMM (autorisation de mise sur le marche) comme c'est le cas dans la mésothérapie, cela n'est pas interdit mais "strictement encadrée" et nécessite "une évaluation approfondie de la balance bénéfice-risque". Le patient doit être informé par le praticien du caractère hors AMM de l'utilisation du produit.

La mésothérapie a été mise au point en 1952 par le Dr Michel Pistor. Elle consiste en l'injection locale superficielle de mélanges médicamenteux.

*Diplôme Inter-Universitaire

**Conseil National de l'Ordre des Médecins

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