Hôpital : Polémique sur la privatisation d'un étage pour un émir

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Du 8 au 13 mai dernier, neuf chambres d'un étage de l'hôpital Ambroise-Paré à Boulogne-Billancourt ont été privatisées pour l'hospitalisation d'un riche émir. Retour sur la polémique.

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"Gagner de l'argent sur des patients qui en ont les moyens, cela ne me choque pas." Le directeur général de l'AP-HP, Martin Hirsch "assume" la privatisation de neuf chambres de l'étage de chirurgie orthopédique de l'hôpital Ambroise-Paré (Boulogne-Billancourt) du 8 au 13 mai dernier pour un émir accompagné de sa garde rapprochée (au total une trentaine de personnes). "L'hosto s'est mis en quatre, ou plutôt en douze, avec tapis rouge et fanfare : des informaticiens ont câblé l'étage pour mettre en place fax, téléphone et réseau Internet" raconte Le Canard Enchaîné qui a révélé la polémique.

"C'est complètement ubuesque"

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De garde le 8 mai, le médecin-urgentiste Gérald Kierzek se souvient : "A 19h, on a été appelés. J’avais une patiente SDF avec une fracture des deux jambes et qui avait besoin d’une place en service d’orthopédie. La régulation m’a dit qu’il n’y avait pas de places en orthopédie." Pour lui, la privatisation réservée à ce riche patient n'a pas été sans conséquences. "Aller fermer, un pont de 8 mai, neuf lits comme ça s’est fait, c’est forcément au détriment d’autres malades." Autre incompréhension pour le médecin : les travaux générés pour cet accueil. "Ils ont mis des douchettes dans les chambres. Nous on attend des semaines, des mois… A Bichat, Saint-Antoine, la Pitié Salpêtrière, c’est dans un état… Et là, on fait des travaux en claquant des doigts dans un établissement de l’AP-HP. Des travaux temporaires puisque les douchettes ont été démontées derrière. C’est complètement ubuesque, on se demande où on est" a-t-il indiqué au site Egora.fr.

"La prestation a été majorée de 30%"

Peut-être pour désenfler la polémique, Martin Hirsch a précisé lors d'une interview du JDD que la privatisation "n'a pas été fait au détriment de malades français" soulignant que les patients étrangers paient "30% plus cher que le tarif de la Sécurité sociale". Par ailleurs, il a expliqué que "renoncer à ces riches patients (comme l'émir du Golfe) serait contre-productif". Sur les quatre premiers mois de l'année, 1000 riches patients étrangers ont été accueillis en France "ce qui représente 0,4% de nos patients" et a dégagé "une marge de 2,5 millions d'euros" a rappelé le directeur général.

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