Cancer : la maladie va devenir chronique et la prise en charge plus légère

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Dans une étude rendue public aujourd'hui, la Fédération française Unicancer détaille les changements de la prise en charge du cancer en 2020. Chimiothérapie, radiothérapie, chirurgie ambulatoire... Beaucoup de choses vont évoluer.

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© Fotolia "Le cancer est une maladie qui va devenir chronique et la prise en charge plus légère." Le Pr Josy Reiffers, Président d'Unicancer, résume en quelques mots l'évolution du cancer dans les années à venir. Selon une étude menée auprès de 40 experts (oncologues, pharmaciens, radiothérapeutes...), Unicancer (Fédération française regroupant les Centres de lutte contre de la cancer) prévoit six tendances majeures qui vont venir bouleverser la prise en charge des malades. Avec une ligne directrice : de moins en moins de soins en hôpitaux.

50% de la chirurgie du cancer du sein en ambulatoire

La première tendance envisagée dans l'étude d'Unicancer c'est le développement de la chirurgie ambulatoire en 2020. Actuellement, dans les Centres de lutte contre le cancer, 17% des patientes opérées pour un cancer du sein l'ont été en ambulatoire (12% dans la moyenne nationale). Elles ont ainsi pu sortir le jour même de l'opération pour rentrer se reposer chez elle. D'après Unicancer, en 2020, 50% de la chirurgie du cancer du sein se fera en ambulatoire, 15% de la chirurgie des cancers de l'ovaire (vs 3% de la moyenne nationale), et 15% de la chirurgie des cancers de la thyroide (vs 1% de la moyenne nationale). "Cela se traduira par une diminution de 20% de lits en hospitalisation classique en faveur d'une augmentation de 40% de places de chirurgie ambulatoire" explique Unicancer.

Cancer de la prostate : 10 séances de radiothérapies contre 38 actuellement

En 2020, le traitement par radiothérapie sera très différent. Les patients n'auront plus à se déplacer 5 fois par semaine, plusieurs semaines par mois. "Il y a un investissement considérable de la part des Centres de lutte contre le cancer avec des équipements capables de faire mieux, tout en réduisant le nombre de séances" explique le Pr Eric Lartigau, radiothérapeute, un des experts intérrogés par Unicancer. Parmi les nouvelles techniques, la radiothérapie hypofractionnée : la dose délivrée est plus forte lors de chaque séance, d'où un nombre réduit de séance. Cette technique concerne les cancers du poumon, du sein, de la prostate, du foie et du cerveau. En 2020, l'hypofractionnement sera utilisé pour 50% des cancers du poumon faisant passer le nombre de séances de 30 à 5 par semaine, 45% des cancers du sein (30 à 20 séances), 35% des cancers de la prostate (38 à 10 séances), 20% des cancers du cerveau (30 à 10 séances) et 15% des cancers du foie (30 à 7 séances).

Réaliser la chimiothérapie chez soi

En 2011, la chimiothérapie a représenté près de 2 250 000 hospitalisations. Deux tendances s'observent : le développement des chimiothérapies orales (on prend le médicament par voie orale) et les thérapies ciblées (le médicament cible avec beaucoup plus de précisions les cellules cancéreuses). Selon Unicancer, en 2020, les patients continueront d'être soignés par chimiothérapie intra-veineuse mais pourront recevoir des traitements oraux, notamment dans les cas de métastases. Ainsi, la part de chimiothérapie orale pourrait passer de 25% à 50% et les chimiothérapies intraveineuses diminuer de 25%. Les experts estiment aussi que la chimiothérapie intraveineuse à domicile devrait se développer (14% des prises en charge dans le cancer du sein en 2020, contre 3% actuellement). "Le nombre de places dans les hôpitaux de jour vont diminuer, et les soins vont se déplacer en ville. Il faudra plus d'oncologues sur ce terrain" commente le Pr Josy Reiffers.

Un meilleur suivi des métastases

Les experts interrogés par Unicancer soulignent le développement de la caractérisation des tumeurs, à l'aide de la biologie moléculaire, en 2020. Comme le rappelle le Pr Josy Reiffers "on a un patrimoine génétique pour la tumeur et un patrimoine génétique pour le patient". Les nouvelles techniques permettent de déterminer de façon de plus en plus précise les caractéristiques de chaque tumeur, d'identifier les anomalies moléculaires en cause et de les traiter notamment avec une thérapie ciblée. "Il y aura deux à trois fois plus de biopsie avec les thérapies ciblées. Ces biopsies permettront d'identifier de nouvelles anomalies ou de repérer des mécanismes de résistance" explique le Dr Jean Palussière, radiologue et membre du comité scientifique d'Unicancer.

Un traitement moins agressif : la radiologie interventionnelle

La radiologie interventionnelle devrait se développer de plus en plus au fil des années. C'est une innovation majeure puisqu'elle allie l'imagerie et la chirurgie pour soigner très précisément et de façon moins agressive (éviter l'ablation d'un poumon par exemple). En 2020, ce type de radiologie devrait être employé dans le traitement de 30% des métastases du foie et des poumons, et de 50% des métastases osseuses. Le nombre de séjours en radiologie interventionnelle serait multipliée par 4 et il n'y aurait qu'une ou deux interventions par an et par patient. Un tiers des séjours sera effectué en ambulatoire.

Le développement des soins de supports

Les soins de support accompagnent le patient pendant et après sa maladie. Ils sont encore trop peu développés mais en 2020, les experts d'Unicancer tablent sur un doublement des effectifs consacrés à ces soins.

Source : Quelle prise en charge des cancers en 2020 ? Dossier de presse Unicancer, 16 octobre 2013.

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