Bactérie Helicobacter pylori : la cause de 80% des cancers de l’estomac

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Une infection bactérienne qui altère les cellules de l’estomac constitue l’un des principaux facteurs de risque de cancer de l’estomac. Comment cette bactérie et ce cancer sont-ils liés ?

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© Adobe StockElle constitue le principal facteur de risque du cancer gastrique et se trouve dans l’estomac de la moitié de la population mondiale. Mais comment la bactérie Helicobacter pylori peut-elle être associée à 80% des cas de cancer de l’estomac ? Des chercheurs en infectiologie et en cancérologie de l’Institut Pasteur ont mis en évidence les stratégies employées par ce micro-organisme pour infecter durablement les cellules de l’estomac, qui risquent alors d’évoluer en cellules cancéreuses.

Des altérations qui favorisent la prolifération des bactéries

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Dans une étude qu’ils publient dans Scientific Reports, les chercheurs expliquent avoir découvert qu’ Helicobacter pylori cible les mitochondries des cellules de l’estomac, des structures microscopiques situées à l’intérieur des cellules et produisant de l’énergie. Cette action n’entraîne pas la mort des cellules mais permet "le maintien d’un environnement favorable à la prolifération de la bactérie", explique l’Institut Pasteur dans un communiqué. Les altérations causées aux mitochondries par la bactérie seraient transitoires et disparaîtraient une fois l’infection enrayée. "Malgré un stress remarquable, les mitochondries, comme les cellules, peuvent donc rester fonctionnelles et subir l’infection pendant plus longtemps que prévu." explique à l’Institut Pasteur la docteure Miria Ricchetti, co-auteure de l’étude. De plus, les altérations touchant les mitochondries semblent aggraver les lésions gastriques. "Ces altérations pourraient donc jouer un rôle sur la chronicité et la sévérité de l’infection par H. pylori", ajoute la docteure Eliette Touati, également co-auteure de l’étude. "Le but reste de réduire la persistance de la bactérie dans l’estomac et d’endiguer les maladies associées, notamment les cancers" souligne cette chercheuse.

800 000 victimes du cancer de l’estomac par an

Ces résultats n’ont pour le moment été observés que dans les estomacs de souris de laboratoire et sur des cellules humaines cultivées in vitro . Reste à savoir si les processus relevés par les chercheurs au cours de ces travaux existent bien à l’identique dans l’estomac humain. Quoi qu’il en soit, cette étude pourrait ouvrir la voie à de nouvelles pistes thérapeutiques contre le cancer gastrique, dont le pronostic fait partie des plus mauvais. Ce cancer est en effet souvent diagnostiqué à un stade déjà avancé et ferait environ 800 000 victimes par an dans le monde.

Vidéo. Cancer de l'estomac : reconnaître les symptômes

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