AVC : ce traitement serait efficace contre les récidives

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La prescription de statines est courante chez les patients ayant eu un accident vasculaire cérébral. Mais, étant donné les controverses liées à son utilisation, des scientifiques ont voulu se pencher sur son efficacité. 

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Les statines sont souvent prescrits pour lutter contre les récidives de certaines maladies cardio-vasculaires , comme les AVC par exemple. Mais sont-ils vraiment efficaces ? Deux études américaines, publiées dans le Journal of American Heart Association , se sont penchées sur les cas de prescription de statines chez les personnes ayant subies un AVC .

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Un risque de récidive de 42% en cas d’arrêt

La première étude, menée par les scientifiques du Chang Gung University College of Medicine (Taoyuan, Taiwan), avait pour objectif d’explorer les effets de l’arrêt des statines ou la réduction de la dose de statine par rapport au risque d’AVC . Selon Medscape, site d'information médicale, les résultats montrent qu’il existe un risque accru de récidive d’AVC "en cas d’arrêt précoce du traitement par statine" . Les scientifiques ont analysé les données de l’assurance maladie taïwanaise de 45 150 cas d’AVC ischémiques . Les médecins ont prescrit des statines à doses élevées ou moyennes dans les 90 jours après la sortie de l’hôpital des patients . Selon l’ American Heart Association , au cours de la période de 90 à 180 jours après leur sortie , 7% des patients ont préféré passer à un traitement par statine réduit et 18,5% ont arrêté le traitement .

En comparaison avec le traitement maintenu par statine, l’interruption du traitement était associée à un risque accru d’AVC , tandis qu’ une dose réduite n’était pas associée à un risque supplémentaire . Les scientifiques concluent que l’interruption de la thérapie par statine entre 3 et 6 mois après avoir subi un AVC ischémique a été associée à un risque de récidive de 42% , dans un délai d’ un an après l’arrêt de la statine . Le risque d’être de nouveau hospitalisé augmente de 19% , tandis que la mortalité par toute cause hausse de 37% .

"Chez les patients victimes d'un AVC ischémique (…), l'arrêt du traitement par statine lorsque le taux cible de LDL cholestérol est atteint devrait être clairement déconseillé ", soulignent les auteurs, selon les propos rapportés par Medscape . Le Dr Ralph Sacco, président de l’ American Heart Association , affirme que les statines sont utiles en cas d’AVC ischémique. Cependant, le traitement seul ne suffit pas : "Il faut envisager toutes les options possibles: contrôle de la glycémie, de la pression artérielle, amélioration de l'hygiène de vie ou encore traitement par anticoagulant en cas de fibrillation atriale ", explique-t-il.

Une étude menée par The Stroke Prevention by Aggressive Reduction in Cholesterol Levels (SPARCL) datant de 2006 avait déjà mis en évidence le fait qu’un traitement avec 80mg d’Atorvastatine® (médicament de type statine, générique de TAHOR® ) réduisait le risque d’AVC chez les patients sans maladie coronarienne connue. Les scientifiques précisent que la réduction du risque d’AVC non mortel était compatible avec l’effet du traitement, mais qu’elle n’était pas significative.

Des différences liées à l'environnement, au genre et à l'âge

Les scientifiques du Birmingham VA Medical Center (Birmingham, États-Unis) ont mené une étude sur 323 patients sans antécédents cardiaques , entre 2003 et 2013 , qui ont été pris en charge pour un AVC ischémique . Les résultats montrent que presque la moitié d’entre eux (48%) ont dû suivre un traitement par statine à leur sortie de l’hôpital. Ils étaient également plus nombreux à présenter une dyslipidémie (92%) , par rapport à ceux qui n’ont pas reçu de statine (82%).

Les scientifiques ont noté des différences entre les patients hommes et femmes et leurs zones géographiques. En effet, les hommes pris en charge dans la région des États-Unis ayant une des plus fortes incidences d'AVC (la "Stroke Belt" ) recevaient moins de statine à leur sortie d’hôpital (-31%), tandis que la situation était inversée en dehors de la région. De plus, Medscape souligne que les prescripteurs donnent moins de statines aux personnes de 65 ans et plus , tandis qu’elle est assez élevée chez les jeunes (-47%).

Polémique sur les statines : des effets indésirables

Les statines permettent de réduire les risques de récidive d’infarctus ou d’AVC . Mais ces traitements font polémiques car ils ont des effets secondaires qui peuvent parfois être graves . Les premiers effets sont sans gravité et passagers : troubles digestifs, céphalées, fatigue, troubles du sommeil et éruptions cutanées avec des symptômes allergiques . Au cours des premiers mois du traitement, il arrive également qu’on observe des douleurs musculaires, une sensation de fatigue musculaire ou des crampes. Mais des cas très graves dans lesquels on observe une destruction des cellules musculaires (rhabdomyolyse ou myopathie nécrosante) suivie d’une insuffisance rénale ont également été rapportés.

Au niveau hépatique, les statines peuvent parfois entraîner une modification des examens biologiques , de sorte que l es taux d’enzymes hépatiques et musculaires (les créatines phosphokinases, ou CPK) peuvent être perturbés . Toute augmentation des CPK est caractéristique, et doit faire penser à une rhabdomyolyse , car cette complication est toujours associée à une élévation du taux sérique de la créatine kinase , élévation qui persiste malgré l’arrêt des statines. Cela justifie de réaliser un bilan hépatique avant de mettre en place un traitement. Des hépatites sont également retrouvées dans quelques cas, qui restent toutefois relativement rares.

Avant d’arrêter votre traitement, demandez toujours l’avis de votre médecin.

Vidéo. AVC : les symptômes qui doivent alerter

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