5 cas d’intoxications liées à la codéine depuis le début de l’année

5 cas d’intoxications liées à la codéine depuis le début de l’année© iStock

L'Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) a signalé cinq cas d'intoxications liés à la prise de médicaments à base de codéine. Détournée de son indication principale d'antalgique, cette substance peut avoir des effets de dépendance et entraîner la mort.

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Depuis le début de l'année 2017, l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) a enregistré cinq cas d’intoxication liés à la codéine chez des jeunes, dont deux sont décédés. Cet alcaloïde, utilisé dans les médicaments comme antidouleur (ex : Klipal, Codoliprane) a été détourné de sa fonction principale par certains adolescents.

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Une drogue à forte dépendance

L’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) met la codéine dans la même catégorie que certains produits à base d’opiacés : ‘’La morphine, l’héroïne, la codéine, la méthadone et la buprénorphine haut dosage sont, entre autres, des opiacés. Une de leurs caractéristiques majeures est leur capacité à induire une dépendance psychique et physique .’’
Interrogée par Le Parisien , Florence Vorspan, addictologue à l’hôpital Fernand-Widal à Paris (AP-HP) souligne que la toxicité de la codéine ‘’peut entraîner un coma, parfois mortel si cette substance est associée à des anxiolytiques et de l’alcool ’’. Elle ajoute que les effets sont démultipliés ‘’si on le sniffe ou on l’injecte’’. Le journal souligne aussi que l’arrêt de sa consommation déclenche de grandes douleurs et une incapacité à dormir pendant quatre ou cinq jours .

Trouver un équilibre

Pour Nathalie Richard, directrice à l’ANSM interrogée par Le Parisien vendredi 9 juin, il faut "trouver un équilibre entre, d'un côté, restreindre leur accès aux jeunes et de l'autre, ne pas se priver de traitements efficaces contre la douleur . Il ne faut pas pénaliser les malades . On réfléchit à la manière dont on peut mettre en place des mesures et mieux encadrer l'achat de médicaments codéinés chez cette population vulnérable . Les pharmaciens ne sont pas obligés de vendre un produit s'ils ont des doutes . On souhaite aussi faire davantage de prévention auprès d'eux , ce sont des acteurs de première ligne. Et on informera aussi le corps professoral . Il faut trouver une solution’’.

DesUne mise en garde en 2016

L’ANSM a publié une mise en garde contre l’usage abusif de certains médicaments antitussifs et antihistaminiques contenant de la codéine en mars 2016. "Une boisson, appelée ‘’purple drank’’, composée de sirops à base de codéine, de prométhazine et de soda fait l’objet de signalements d’abus et d’usage détourné en France.Son émergence date de la fin des années 1990 aux Etats-Unis, où il constitue actuellement un problème de santé publique dans la population jeune ’’. Les spécialistes américains souhaitent l ’interdire chez les moins de 18 ans et les femmes allaitantes .

En 2015, la France avait décidé d'interdire les sirops contre la toux contenant de la codéine chez l'enfant de moins de 12 ans, pendant l'allaitement, chez les patients connus comme métaboliseurs ultrarapides du substrats du cytochrome CYP2D6 et une mise en garde pour les enfants et les adolescents âgés de 12 à 18 ans présentant une fonction respiratoire altérée avait été prononcée.

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